Depuis quelques années, les plateformes chinoises comme Shein, Temu ou AliExpress séduisent massivement les consommateurs français grâce à des prix imbattables, une offre pléthorique et des frais de livraison souvent dérisoires. Mais la situation est en train de changer en France. Après des années de menaces en l’air, le gouvernement vient d’annoncer un durcissement inédit des contrôles douaniers et la mise en place de nouveaux frais sur ces colis venus de Chine. Conséquences directes pour les consommateurs : les commandes risquent d’arriver beaucoup plus tard… et de coûter bien plus cher.
Colis chinois sous surveillance
En 2024, près de 4,6 milliards de colis d’une valeur inférieure à 150 euros ont été expédiés depuis la Chine vers l’Union européenne, dont 91 % via des plateformes comme Shein ou Temu. En France, le chiffre a de quoi donner le vertige, puisqu’il représente environ 1,5 milliard de colis par an, pour une valeur moyenne de seulement 8 euros. Jusqu’à présent, ces petits colis bénéficiaient d’une exemption de droits de douane, rendant les achats particulièrement attractifs face à l’inflation de la concurrence locale.
Mais ce flux massif inquiète de plus en plus les autorités. Concurrence déloyale pour les commerçants, risques accrus pour la sécurité des consommateurs avec des produits qui ne respectent pas toujours les normes européennes en vigueur, impact environnemental du transport aérien, et manque à gagner fiscal sur des droits de douane absents… les raisons de cette levée de bouclier sont multiples, mais les conséquences pourraient être bien réelles.
Trois fois plus de contrôles, et des frais supplémentaires
Pour freiner la marée de marchandises venue d’Asie, le gouvernement français a dévoilé le 29 avril 2025 un plan d’action musclé. Dès la fin de cette année, les contrôles douaniers sur les colis en provenance de Chine vont être triplés. La DGCCRF mettra en place un nouveau dispositif de contrôle plus strict, qui vérifiera systématiquement la conformité aux normes de sécurité, l’étiquetage, ou encore l’impact environnemental déclaré. Tout sera passé au crible.
L’objectif est double : protéger les consommateurs contre les produits dangereux (19 % des jouets contrôlés en 2023 étaient non conformes) et assainir la concurrence pour les entreprises françaises. Comme à son habitude, la Direction générale de répression des fraudes entend aussi mener une guerre d’image à ceux qui enfreindraient les règles. À l’image de ce qui s’était joué pour les influenceurs avec la publicité frauduleuse, les résultats des contrôles seront largement diffusés en ligne pour informer le public.
Une hausse des prix à prévoir ?
Autre changement majeur : la France va défendre auprès de l’Union européenne la suppression de l’exonération de droits de douane pour les colis de moins de 150 euros. Cette réforme, attendue pour 2028, mettra fin à un avantage compétitif majeur pour les plateformes chinoises. En attendant, le gouvernement propose l’instauration dès 2026 de frais de gestion forfaitaires sur chaque colis entrant en Europe, afin de financer l’intensification des contrôles. Ces frais, de l’ordre de quelques euros par colis ou quelques dizaines de centimes par article, seront à la charge des plateformes et importateurs. Il est toutefois très probable que les consommateurs soient directement impactés, via une discrète hausse de prix.
Pour les clients de Shein, Temu ou AliExpress, ces mesures auront des conséquences concrètes : les délais de livraison vont s’allonger, les risques de blocage en douane vont augmenter, et il faudra s’attendre à devoir payer des frais supplémentaires à la réception du colis. Les contrôles viseront en priorité les plus grandes plateformes, mais tous les colis en provenance d’Asie seront potentiellement concernés.
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