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IPTV pirate : la fin du rêve brésilien, la justice frappe un grand coup

C’est une chute brutale, à la hauteur des profits engrangés pour un trio de pirates, spécialisé dans la revente d’IPTV pirates.

Au Brésil, terre de l’emblématique « Opération 404 » contre le piratage, la justice vient de rendre un verdict historique qui sonne comme un avertissement pour tout l’écosystème de l’IPTV illégale. Trois individus, au cœur d’un réseau florissant, ont été condamnés à un total de 14 ans de prison ferme pour blanchiment d’argent. Un coup de filet majeur qui met un visage sur un crime souvent perçu comme immatériel.

Au centre de la toile, un développeur informatique identifié par les initiales RMDS. Son principal fait d’armes est d’avoir mis au point et distribué un service pirate via une application populaire, MP 2.0 meuplayer.me, téléchargée des centaines de milliers de fois sur Android et Windows. Mais derrière le développeur se cachait un véritable chef d’entreprise du crime. L’enquête, qui s’est étalée sur quatre longues années et a été menée en partie par le groupe anti-piratage Alianza, a mis au jour un système de blanchiment d’argent aussi simple qu’efficace.

Des fonds dissipés dans un train de vie luxueux

Avec l’aide de sa sœur (appelée TMDSB) et d’un ami commun (GFL), le trio a brassé des sommes colossales. Plus de 5 000 virements individuels, pour un total de 3,2 millions de réaux (environ 550 000 euros), ont atterri sur les comptes contrôlés par RMDS. Pour donner une façade légale à ces revenus, l’argent transitait par une petite société d’hébergement web, Top Host Soluções, dont les revenus démesurés ont rapidement éveillé les soupçons.

Loin de faire profil bas, le cerveau de l’opération menait grand train. Au menu des dépenses : une Porsche Cayenne GTS enregistrée au nom de sa société, un investissement immobilier de plus de 100 000 euros à São Paulo et près de 55 000 euros placés dans des fonds de pension. Un train de vie luxueux financé par les abonnements pirates de milliers d’utilisateurs. Les enquêteurs ont également mis la main sur des armes à feu, des munitions et de nombreux appareils électroniques lors des perquisitions.

Le 24 juin dernier, la 2e Cour des crimes fiscaux et du blanchiment d’argent de São Paulo a mis un terme à cette épopée. Le juge Marcia Mayumi Okoda Oshiro a balayé les arguments de la défense, qui tentait de faire invalider les preuves, et a prononcé des peines sévères : cinq ans de prison pour le développeur et sa sœur, et quatre ans pour leur complice.

« Cette affaire confirme que le piratage n’est plus invisible ou impuni », a déclaré le groupe Alianza. « La justice agit et continuera de punir sévèrement ceux qui violent la propriété intellectuelle. »

Le Brésil, terre d’accueil des amateurs de Ligue 1 déçus de DAZN

Ironie du sort, alors que la justice brésilienne démantèle un réseau local, c’est vers ce même pays que se tournaient récemment de nombreux supporters français. Lassés des prix jugés exorbitants de la Ligue 1, ils avaient trouvé la parade en utilisant un VPN pour regarder gratuitement les matchs sur la chaîne YouTube brésilienne CazéTV. Une combine qui a pris fin, la chaîne ayant décidé de bloquer son accès depuis l’étranger.

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