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Fini l’IPTV ? Voici le nouveau terrain de jeu des pirates

L’IPTV reste le roi incontesté de la diffusion illégale du sport, mais les pirates ont déjà trouvé d’autres méthodes. Et ces nouvelles formes de piratages vont donner le tournis à Canal+, DAZN et BeIN Sports.

Une grande partie du football français est en fête depuis le sacre du Paris Saint-Germain (PSG) en Ligue des champions. C’est également le cas du monde du piratage footballistique qui profitent depuis des années d’un système d’IPTV illégal pour accéder à des matchs payants. Le phénomène touche d’autres secteurs tels que le cinéma et les plateformes diffusant des séries, mais c’est bien le sport qui intéresse de nombreux adeptes de l’Internet Protocol Television illégal. Le piratage des retransmissions sportives est une préoccupation majeure pour les ayants droits qui tentent de trouver des solutions aux quatre coins de l’Europe, notamment en France, en Belgique ou en Espagne.

De l’autre côté des Pyrénées, le débat fait rage et on apprend via les médias Okdiario et El Economista que l’IPTV accuse un déclin spectaculaire. Longtemps présenté comme le roi incontesté de la diffusion illégale des matchs de football, cette technique commence à être abandonné par les pirates. En cause ? Les blocages massifs et souvent indiscriminés orchestrés depuis des mois par LaLiga, la ligue nationale de football professionnel espagnole. Depuis de nombreux mois, son président Javier Tebas s’est lancé dans une croisade acharnée contre le streaming illégal. Mais chassez le pirate par la porte, il revient par la fenêtre des réseaux sociaux, posant de nouveaux défis colossaux aux ayants droit.

Les réseaux sociaux, nouveaux terrains de jeu des pirates du football

Pendant des années, les IPTV ont été la Mecque des amateurs de football cherchant à contourner les abonnements officiels. Mais le vent a tourné. L’offensive juridique et technologique menée par les autorités, et notamment la détermination sans faille de LaLiga, a porté ses fruits, ou du moins, a rendu la vie des fournisseurs d’IPTV pirates considérablement plus compliquée. Les blocages se multiplient, les réseaux se démantèlent, et l’accès devient de plus en plus aléatoire. On a même vu des sites web parfaitement légitimes, n’ayant rien à voir avec le football, subir les foudres de ces blocages à grande échelle, victimes collatérales d’une chasse parfois aveugle.

Face à cette pression, l’ingéniosité des pirates s’est tournée vers de nouvelles stratégies, plus agiles et nettement plus difficiles à contrer. Fini les infrastructures complexes, place à la spontanéité des réseaux sociaux. Instagram, TikTok, et d’autres plateformes deviennent les nouveaux terrains de jeu. Le mode opératoire est déconcertant de simplicité puisqu’il suffit d’un smartphone et d’un compte sur un réseau social pour diffuser en direct n’importe quel contenu, dont des matchs. L’image est souvent nette, et le flux tient bon… jusqu’à ce que la plateforme détecte l’infraction, ce qui peut être relativement long.

Même une messagerie comme Telegram peut se transformer en solution pour regarder des matchs de football. En août 2024 et pour contourner DAZN en France, plus de 200 000 personnes avait regardé match Le Havre-PSG via l’application de Pavel Dourov.

Ce nouveau Far West numérique offre des avantages non négligeables tant pour les diffuseurs illégaux que pour les spectateurs. Pour les premiers, la barrière à l’entrée s’effondre et il n’y a plus besoin de serveurs coûteux ou de connaissances techniques approfondies. Un compte, souvent anonyme, et une connexion suffisent. L’utilisation de VPN pour masquer identité et localisation ajoute une couche d’opacité qui complique singulièrement la tâche des limiers anti-piratage.

Une nouvelle méthode simple qui plaît

Pour l’utilisateur final, l’accès se fait via des plateformes familières où il passe déjà une bonne partie de son temps. C’est souvent gratuit, ou perçu comme tel, et la spontanéité de ces directs rend la traque par les ayants droit particulièrement ardue. Comment bloquer efficacement des milliers de flux éphémères, lancés par des individus disséminés aux quatre coins du globe ? Javier Tebas et ses équipes, qui avaient misé sur le blocage d’URL et de serveurs, se retrouvent face à un hydre dont les têtes repoussent sur des applications privées, rendant leurs méthodes traditionnelles de blocage direct bien moins opérantes. La responsabilité du filtrage incomberait alors davantage aux plateformes elles-mêmes, un défi d’une autre ampleur.

N’oublions pas l’éléphant dans la pièce : le prix du football télévisé. Dans un contexte où les tarifs des abonnements légaux ont grimpé en flèche ces dernières années, de nombreux passionnés se sentent exclus et se tournent, parfois à contrecœur, vers ces alternatives illicites pour continuer à vibrer pour leurs équipes favorites.

Cette mutation du piratage, passant de systèmes centralisés à une guérilla décentralisée sur les réseaux sociaux, marque un tournant. La lutte contre la violation des droits d’auteur dans le sport entre dans une nouvelle ère, bien plus complexe à appréhender pour les instances dirigeantes. La spontanéité et l’apparente immunité offerte par ces nouvelles méthodes risquent de donner bien des maux de tête aux ayants droits. Loin d’être terminée, la bataille ne fait que changer de visage.

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