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Ariane 6 s’envole à nouveau : carton plein pour la reine des fusées européennes

La vedette de l’aérospatiale européenne est repartie pour un deuxième vol commercial dans la nuit du 12 au 13 août, pour une mission de la plus haute importance qui a été parfaitement négociée.

Ariane 6, la fierté de l’aérospatiale européenne, a repris du service. Le mercredi 13 août à 02 h 37, heure de métropole, elle est repartie pour une nouvelle mission commerciale, la seconde de sa carrière.

L’objectif de ce vol était de déployer MetOp-SG-A1, un satellite météorologique de deuxième génération. Ce concentré de technologie construit par Airbus Defense and Space, la division spatiale et militaire du géant français, est désormais bien installé sur son orbite polaire héliosynchrone à environ 830 kilomètres d’altitude, avec une ascension rondement menée

Ariane 6 2nd Vol
© Arianespace – CNES

Depuis ce perchoir, il collectera désormais des données précieuses sur l’atmosphère et les océans pendant environ 7 ans, grâce à un ensemble de six instruments de pointe :

  • L’IASI-NG (Interféromètre Atmosphérique à Sonde Infrarouge de Nouvelle Génération), un interféromètre infrarouge hybride qui mesure la température, l’humidité et la composition de l’atmosphère.

  • Le MWS (Micro-Wave Sounder), un capteur à micro-ondes qui collectera des données de température et d’humidité à travers les nuages pour compléter les données infrarouges.

  • Le METimage, un radiomètre qui capturera des images visibles et infrarouges en haute résolution pour surveiller la couverture nuageuse, les océans et les banquises.

  • Le 3MI (Multi-viewing, Multi-channel, Multi-polarization Imager), un imageur complexe qui permettra de surveiller les concentrations en aérosols, les nuages et les propriétés de la surface terrestre.

  • Un sondeur à occultation radio, qui exploite des variations dans la trajectoire du signal GPS à travers l’atmosphère pour obtenir des mesures très précises de température, de pression et d’humidité.

  • Le spectromètre Sentinel-5, spécialisé dans l’étude de la composition atmosphérique, notamment la recherche de polluants comme le dioxyde d’azote et le dioxyde de soufre.

Grâce à cet arsenal scientifique très sophistiqué, MetOp-SG-A1 fournira des données extrêmement précises, notamment dans les hautes latitudes que les satellites géostationnaires ont du mal à observer. Ces informations permettront d’améliorer significativement les prévisions météorologiques et le suivi du changement climatique, surtout à moyen et long terme.

Une échéance importante pour l’Europe du spatial

MetOp-SG-A1 est le premier représentant d’une famille de trois satellites qui se succèderont pendant un peu plus de 20 ans. Par conséquent, ce programme permettra aussi de répondre à un enjeu stratégique important : assurer l’autonomie et l’indépendance de l’Europe dans le domaine des observations météorologiques et climatiques.

En parallèle, c’est aussi un succès important pour Ariane 6 elle-même. Après une première mission commerciale réussie cinq mois plus tôt — le déploiement du satellite militaire français CSO-3 — elle montre qu’elle se porte toujours aussi bien. On peut désormais espérer qu’elle continuera à enchaîner les missions avec une grande fiabilité, comme son illustre aînée Ariane 5 l’a fait brillamment pendant 27 ans.

Mais ce n’était que le début d’une fin d’année qui s’annonce chargée pour Arianespace et le CNES. Cinq à six autres lancements sont en effet prévus en 2025. Les dates et objectifs précis de ces missions n’ont pas encore été dévoilés, mais on sait qu’Ariane 6 contribuera notamment au déploiement de deux constellations de satellites : Galileo, l’équivalent européen du service GPS américain, et Kuiper, un service de web par satellite conçu pour Amazon, destiné à concurrencer les Starlink de SpaceX.

Nous vous donnons donc rendez-vous très bientôt pour la suite de cette grande aventure, en espérant que les prochains lancements se dérouleront eux-aussi sans incident.

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Source : CNES

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