Des millions d’utilisateurs, particuliers, administrations et entreprises, se retrouveront sans solution viable dans un mois, quand Microsoft cessera le support logiciel pour Windows 10. On parle ici de près de 400 millions de PC dans le monde incompatibles avec Windows 11 notamment. Soit ils déboursent une trentaine d’euros par an pour prolonger le support via le programme Extended Security Update (ESU), soit ils renouvellent leur PC pour passer à Windows 11. Une alternative qui n’est pas à la portée de toutes les bourses…
« C’est une taxe injustifiée qui pèse sur les ménages et les institutions aux budgets déjà limités », dénoncent les organisations réunies sous la bannière « Non à la taxe Windows ».
Exclusion numérique et gaspillage écologique
Les conséquences ne sont pas uniquement financières. En cas de refus ou d’impossibilité de payer, les utilisateurs continueront d’utiliser un système d’exploitation exposé à des failles de sécurité et à un risque accru de cyberattaques. En France, où près de 17 % de la population connaît déjà des difficultés d’accès au numérique, cette décision pourrait accentuer l’exclusion des plus modestes.
La coalition met également en avant l’impact écologique. En incitant au remplacement de machines parfois âgées de seulement cinq ans, Microsoft provoque un gigantesque gaspillage de ressources. Le poids total des matières premières nécessaires pour fabriquer de nouveaux ordinateurs incompatibles est estimé à l’équivalent de… 32.000 tours Eiffel. Une surconsommation difficile à justifier alors que nombre de PC fonctionnent encore parfaitement.
Face à la grogne, l’éditeur a tout de même ouvert une brèche. Microsoft propose désormais une année supplémentaire de mises à jour gratuites, mais uniquement pour les utilisateurs qui acceptent de sauvegarder leurs données sur OneDrive ou d’échanger 1.000 points Microsoft Rewards. Ces points peuvent être obtenus en utilisant Bing ou d’autres services maison. Pour ceux qui ne veulent pas passer par ces solutions, il reste la possibilité de payer le programme ESU jusqu’en octobre 2026.
Les organisations à l’origine de la pétition, dont l’UFC-Que Choisir, estiment que cette concession est insuffisante. Elles demandent que les correctifs de sécurité gratuits soient garantis au moins jusqu’en 2030, et plus largement, que la loi encadre la durée minimale de support logiciel à 15 ans. Elles militent également pour que les utilisateurs soient mieux informés de leurs options, notamment l’existence de systèmes d’exploitation libres pouvant prolonger la durée de vie des machines.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.