Le carburant à 2€ le litre pourrait devenir réalité en France d’ici 2027. Le Système d’Échange de Quotas d’Émissions pour les carburants routiers (ETS2), voté récemment par les États membres de l’Union européenne, pourrait se traduire par une augmentation conséquente du prix pour les automobilistes. Plus concrètement, il faut s’attendre à une hausse entre 15 centimes et 17 centimes hors TVA sur le prix du litre à la pompe. Une hausse deux fois supérieure à l’inflation carburant qui avait déclenché le mouvement des Gilets jaunes, soulève déjà d’importantes questions économiques et sociales.
Dans sa note d’alerte du 9 octobre 2025, l’Institut Montaigne insiste sur l’ampleur que pourrait avoir une telle répercussion : un ménage tournant autour de 1 000 km mensuels verrait son budget carburant augmenter de plus de 100 € par an. Pour autant, l’ETS2 n’est pas anodin. L’objectif affiché par la Commission européenne est de réduire progressivement les pollutions liées aux transports, deuxième source d’émissions de gaz à effet de serre sur le vieux continent. À terme, cette tarification carbone doit encourager l’adoption de véhicules électriques et inciter les acteurs à investir dans les infrastructures de recharge. Rappelons que d’ici quelques années, les véhicules thermiques neufs seront interdits à la vente en Europe.
Des tensions sociales à prévoir
La question du carburant n’est pas seulement environnementale : c’est un véritable goulet d’étranglement social. Les précédents épisodes de crise sociale, l’ont prouvé, une hausse du prix de l’essence pourrait rapidement devenir le déclencheur d’une contestation majeure. L’enjeu politique est donc considérable. En marge de certaines exceptions qui pourraient être votées, plusieurs départements étudient déjà des dispositifs d’aide locale, pour aider les familles modestes à migrer plus facilement vers la mobilité électrique.
Quelles aides pour compenser ?
Face au risque d’un nouveau coup de massue à l’horizon 2027, plusieurs leviers pourraient être activés pour limiter les frictions. En renforçant les aides à la mobilité alternative, comme l’autopartage, le covoiturage, et les transports en commun dans les zones peu desservies. La généralisation du télétravail pourrait aussi faire pencher la balance : si les automobilistes sont moins contraints de prendre leur voiture, ils consommeront fatalement moins.
À condition de ne pas être adoptée comme une mesure punitive pour les automobilistes thermiques, l’ETS2 peut devenir un outil puissant de décarbonation du transport routier, en encourageant les Français et les Européens à accélérer leur transition vers le tout électrique. Toujours est-il que si le litre de carburant passe le cap symbolique des 2€, la grogne pourrait rapidement monter du côté des consommateurs.
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