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Une « créature » violette avec des tentacules photographiée dans l’ISS : de quoi s’agit-il ?

Pas de panique : cette étrange forme violette aux allures extraterrestres est parfaitement inoffensive. Elle est même comestible, malgré son apparence peu ragoûtante.

Ce cliché en provenance de la Station Spatiale Internationale (ISS) a beau avoir réveillé les fantasmes de quelques internautes à l’imagination fertile, il n’y avait pas matière à se faire des films. Sur la photo partagée par l’astronaute Don Pettit, on distingue une masse violacée hérissée d’appendices, dont la forme évoque presque celle d’un œuf extraterrestre.

Sur les réseaux sociaux, les réactions n’ont pas traîné : certains suggèrent avec humour de le « brûler […] par le feu »,comme s’il s’agissait d’un monstre échappé d’un film de Ridley Scott. Pourtant, il ne s’agit ni plus ni moins d’une petite expérimentation botanique tout ce qu’il y a de plus pacifique. Ce que vous avez sous les yeux n’est qu’une humble pomme de terre, bien décidée à pousser là où aucun tubercule n’était censé s’aventurer.

Une patate spatiale au look grotesque

Baptisée « Spudnik-1 », en hommage au premier satellite soviétique, cette pomme de terre violette est le fruit des loisirs de Don Pettit, qui mène des expériences botaniques à bord de la station. Un jeu de mot assez savoureux pour qui maîtrise le jargon anglo-saxon : « spud » étant une expression argotique pour désigner une patate ou une bouillie.

À soixante-dix ans, le doyen des astronautes actifs de la NASA, en plus de ses missions habituelles de maintenances, perpétue la tradition du jardinage orbital. En effet, depuis 2002, de nombreux végétaux ont poussé à bord de l’ISS : pois, orge, laitue rouge, zinnias ou piments.

La pomme de terre en question a poussé en hydroponie, baignée dans une solution nutritive. Si son apparence est aussi étrange, c’est en raison de l’absence de pesanteur. Sur notre bonne vieille Terre, les plantes poussent par gravitropisme : les racines plongent vers le bas et les tiges vont chercher la lumière. Dans l’ISS, elles doivent se contenter du phototropisme, ce qui peut les transformer en d’étranges sculptures végétales qui s’étirent exclusivement vers les sources lumineuses de la station.

Les fameux « tentacules » que vous apercevez sur la photo ne sont rien d’autre que des germes, cherchant désespérément un substrat pour s’enraciner. Comme il n’existe pas de haut ou de bas en microgravité, ils s’agglutinent en une forme buissonnante très dense, de la taille d’une petite cerise, sur le flanc du tubercule.

Selon Don Pettit, la morphologie singulière de la patate provient certainement d’un stress environnemental encore mal compris. « Cette croissance lente pourrait provenir de l’atmosphère, de l’hydroponie, de la microgravité ou d’autres facteurs » explique-t-il, précisant au passage qu’il n’a « remarqué aucun effet des radiations sur les pommes de terre ».

Si la NASA s’intéresse à la culture de végétaux à bord de l’ISS, c’est également pour anticiper les futures missions habitées de longue durée, où il sera impossible d’embarquer des tonnes de vivres pour nourrir les astronautes. Ils devront impérativement se nourrir d’aliments frais cultivés dans l’espace ; l’autonomie alimentaire étant l’une des conditions sine qua non pour envisager des colonies permanentes hors de l’orbite terrestre basse. Parmi tous les autres légumes ou fruits, la pomme de terre est une candidate idéale : son rapport nutrition/masse est imbattable, elle est calorique, savoureuse et peut se cloner très facilement. Disposer d’un petit coin de verdure dans une fusée ou un vaisseau est également excellent pour le moral des équipages, comme le confesse Don Pettit. « Il n’y a rien de tel que l’odeur du vivant dans cette forêt de machines sophistiquées », explique-t-il.

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