L’industrie spatiale européenne va connaître un jour nouveau avec cette nouvelle entente. Trois mastodontes de l’aérospatiale viennent de signer un accord qui pourrait bien redistribuer les cartes face à l’empire d’Elon Musk. Airbus, l’italien Leonardo et le français Thales ont décidé de fusionner leurs activités satellitaires dans une seule et même entité. Avec cette alliance, l’Europe compte bien reprendre la main sur un secteur qu’elle voit lui échapper depuis des années.
Cette nouvelle entreprise commune, basée à Toulouse et baptisée provisoirement « Project Bromo », emploiera 25 000 personnes à travers le continent. Son chiffre d’affaires attendu frôle les 6,5 milliards d’euros, avec un carnet de commandes représentant plus de trois ans d’activité. Airbus détiendra 35 % du capital, tandis que Leonardo et Thales se partageront équitablement les 65 % restants avec 32,5 % chacun. Le lancement opérationnel est prévu pour 2027, sous réserve du feu vert de la Commission européenne.
Les dirigeants européens ne cachent pas leur satisfaction. Philippe Baptiste, ministre français de la Recherche et de l’Espace, a salué une initiative indispensable pour permettre à l’Europe d’investir davantage et d’innover face à une concurrence mondiale féroce. Roland Lescure, ministre de l’Économie, parle carrément de renforcement de la souveraineté européenne. Du côté italien, on se félicite également de voir Leonardo jouer un rôle de premier plan dans ce champion continental.
Une réponse directe à la domination de Starlink
Cette alliance est une réponse à Starlink, le concurrent écrasant le marché. La constellation d’Elon Musk vient de franchir le cap des 10 000 satellites en orbite, dont 8 600 opérationnels. Et même si de temps en temps quelques satellites s’écrasent sur Terre, le service offre une connexion Internet haut débit à faible latence grâce à des satellites en orbite basse, à seulement 550 kilomètres d’altitude. Face à cette machine de guerre technologique et commerciale, l’Europe se retrouvait jusqu’ici avec des acteurs dispersés, incapables de rivaliser individuellement.
Le marché spatial représente aujourd’hui un enjeu colossal, estimé à plus de 650 milliards de dollars d’ici la prochaine décennie. L’Europe a perdu la moitié de ses parts de marché des satellites en seulement dix ans. Cette fusion permet enfin de mutualiser la recherche, la production et les infrastructures pour créer une offre compétitive sur les satellites de télécommunication, d’observation et de navigation.
Le projet rappelle la création de MBDA en 2001, le consortium européen spécialisé dans les missiles qui fonctionne aujourd’hui avec succès grâce à un contrôle conjoint des actionnaires. Les trois partenaires comptent générer plusieurs centaines de millions d’euros d’économies annuelles en regroupant leurs équipes et en partageant leurs technologies. Reste maintenant à convaincre les régulateurs européens et à rassurer les syndicats, qui redoutent des suppressions d’emplois massives. Mais une chose est certaine, Elon Musk peut compter sur un concurrent sérieux.
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