Passer au contenu

De nombreux satellites d’Elon Musk tombent régulièrement : est-ce qu’il y a un risque de s’en prendre un sur la tête ?

Chaque jour, des satellites Starlink reviennent sur Terre. Un phénomène qui soulève des questions sur la pollution atmosphérique et les risques pour les populations.

Levez les yeux la nuit, vous pourriez apercevoir une traînée lumineuse traversant le ciel. Non, ce n’est pas forcément une étoile filante, mais probablement un satellite Starlink en train de brûler dans l’atmosphère. Jonathan McDowell, un astrophysicien reconnu qui suit de près tout ce qui monte et descend dans l’espace le confirme, un à deux satellites d’Elon Musk retombent chaque jour. Et ce chiffre va grimper. Il table même sur cinq rentrées quotidiennes dans un futur proche.

SpaceX a placé plus de 8 000 satellites en orbite basse depuis 2019. Des machines ayant une durée de vie d’environ cinq ans seulement. Une fois obsolètes, ils sont guidés vers la Terre où ils se désintègrent en principe complètement. La stratégie de SpaceX consiste à viser l’océan ouvert, loin des zones habitées et des routes aériennes. Le constructeur américain assure que le risque de blesser quelqu’un reste inférieur à une chance sur 100 millions.

Un rapport qui fait froid dans le dos

Pourtant, un rapport de l’Administration fédérale de l’aviation américaine de 2023 vient jeter un pavé dans la mare. D’ici 2035, environ 28 000 fragments de satellites Starlink pourraient survivre à la rentrée atmosphérique chaque année. Selon ce document, la probabilité qu’au moins une personne quelque part sur Terre soit touchée et tuée par des débris spatiaux pourrait atteindre 61 % par an.

Rassurez-vous quand même, ce chiffre ne signifie pas que vous avez six chances sur dix de recevoir un bout de satellite sur le crâne. Il s’agit de la probabilité globale qu’un accident mortel se produise n’importe où sur la planète. Votre risque individuel reste microscopique. Mais à l’échelle mondiale, ça commence à devenir préoccupant.

Le soleil s’en mêle

Les choses se compliquent encore avec l’activité solaire. Des chercheurs de la NASA ont découvert que pendant les tempêtes géomagnétiques intenses, les satellites Starlink tombent plus vite que prévu. En mai 2024, lors d’une tempête particulièrement violente, la densité de l’atmosphère a bondi de 50 %. Les satellites ont accéléré leur chute de 10 à 12 jours par rapport aux périodes calmes.

Cette accélération pose problème pour les rentrées contrôlées. Les satellites descendent trop vite, ce qui complique leur guidage vers des zones sûres. Et si une tempête solaire massive frappait au mauvais moment, elle pourrait désactiver des centaines de satellites d’un coup, créant un nuage de débris incontrôlables.

La couche d’ozone en danger

Au-delà du risque de recevoir un morceau de satellite sur la tête, la pollution atmosphérique inquiète sérieusement les scientifiques. Chaque satellite qui brûle largue environ 30 kilos d’oxyde d’aluminium dans la haute atmosphère. En 2023, la NASA a prélevé des échantillons d’air à 18 000 mètres d’altitude et 10 % des particules contenaient de l’aluminium provenant de satellites désintégrés.

Les effets à long terme restent flous. McDowell résume bien la situation : les scientifiques oscillent entre « c’est négligeable » et « on est déjà foutus ». Cette incertitude fait peur, d’autant que d’ici 2040, environ 60 000 satellites pourraient tourner au-dessus de nos têtes. Le ciel est devenu un véritable incinérateur géant et personne ne sait vraiment quelles en seront les conséquences.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode