Descendre à 3.500 mètres, c’est un peu comme se balader sur la face cachée de la Terre. C’est pourtant ce que fera le futur planeur sous-marin d’Alseamar, une société française bien connue des océanographes. L’engin, autonome et bardé de capteurs, pourra rester en mer pendant des semaines, voire des mois, pour observer les abysses sans remonter à la surface.
3.500 mètres sous les mers
L’Ifremer, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, pilote ce projet dans le cadre du programme « Deep Seabed » du plan France 2030, en partenariat avec le CNRS et le Shom (le Service hydrographique et océanographique de la Marine, chargé de la cartographie et de la connaissance des fonds marins). L’objectif est de doter la recherche française d’un outil capable d’explorer des zones encore largement inaccessibles aux instruments actuels, limités à 1.200 mètres de profondeur environ.
Pour comprendre ce que ces machines apportent, il faut imaginer un drone sous-marin sans hélice, qui se déplace doucement en jouant sur sa flottabilité, tout en enregistrant la température, la salinité, les courants ou encore la présence de particules biologiques. Une sorte d’espion discret des profondeurs, mais au service de la science. La première mission de ce nouveau planeur se déroulera en Méditerranée, pour étudier les propriétés physiques et chimiques des eaux profondes et mieux suivre l’évolution du climat. Cette phase de test s’inscrit dans le programme d’observation MOOSE coordonné par le CNRS.
Mais l’aventure ne s’arrêtera pas là. Une série de prototypes sera ensuite déployée au large de Mayotte pendant un an. Ce secteur n’a pas été choisi au hasard : depuis la découverte du volcan sous-marin Fani Maoré en 2019, les scientifiques cherchent à mieux comprendre les risques géologiques et sismiques de la région. Les planeurs d’Alseamar, déjà utilisés jusqu’à 1.250 mètres pour le réseau REVOSIMA, devraient ici plonger deux fois plus profondément.
Ces missions permettront à la fois de tester les limites du nouveau planeur et de collecter des données inédites sur la vie et les mouvements des grands fonds. De quoi enrichir la flotte d’outils sous-marins mis à disposition des chercheurs français, déjà parmi les mieux équipés d’Europe. En poussant la recherche plus loin sous la surface, l’Ifremer et Alseamar espèrent non seulement faire progresser la connaissance scientifique, mais aussi consolider la filière technologique hexagonale.
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