Dans le roman, écrit sous le pseudonyme Richard Bachman, Running Man (notre critique) dépeint une société fascinée par une émission de survie sanguinaire où des candidats doivent échapper pendant 30 jours à des tueurs lancés à leurs trousses. À chaque journée gagnée, la récompense grimpe… jusqu’à un milliard d’euros. Un cadre dystopique, certes, mais que les chiffres dévoilés aujourd’hui rendent un peu moins improbable.
Un Français sur dix accepterait de participer à un jeu mortel pour un milliard
Selon le sondage mené auprès de 1 010 adultes représentatifs de la population, 12 % des Français âgés de 18 à 55 ans se disent prêts à participer à un jeu télévisé potentiellement mortel… si la récompense atteint un milliard d’euros.
Chez les 18-25 ans, ce taux grimpe à 20 %, tout comme chez les personnes actuellement sans emploi. Une appétence pour le risque qui interroge autant qu’elle surprend, la promesse d’un gain colossal semble suffire à faire vaciller les barrières morales.
Plus troublant encore, 10 % des 18-24 ans seraient partants pour seulement un million d’euros ! Autrement dit, la mise n’a même plus besoin d’être extravagante pour susciter des vocations de candidats malgré l’enjeu… létal.
La fin de la pudeur : un million pour vivre filmé 24h/24
L’étude s’intéresse aussi à la frontière de l’intimité, devenue particulièrement poreuse depuis l’essor de la téléréalité et du partage permanent sur les réseaux sociaux. À la question, “Pour quel montant accepteriez-vous d’être filmé·e 24 heures sur 24 sans aucune intimité ?”, près d’un jeune sur cinq (18-24 ans) répond : un million d’euros !
Et un sur quatre accepterait pour un milliard. Une réponse qui montre que la banalisation de l’exposition totale, intime, physique, émotionnelle, franchit une étape supplémentaire. Vingt-cinq ans après Loft Story, les pionniers de la téléréalité peuvent ranger leur monopole, la génération Z (déjà foutue) semble prête à aller beaucoup plus loin… si le chèque est à la hauteur.
L’IA dans la tête des gens : un quart des Français prêts à ouvrir leurs pensées
Le volet le plus dystopique du sondage concerne la relation entre les individus et l’intelligence artificielle. YouGov a posé une question volontairement futuriste, “Pour quel montant accepteriez-vous de donner accès à vos pensées en permanence ?”. Résultat : 16 % des 18-55 ans seraient prêts à le faire pour un million d’euros, et 23 % pour un milliard.
Si l’hypothèse paraît encore très éloignée des technologies actuelles, elle montre un degré d’acceptation inquiétant face à ce qui serait l’ultime renoncement à la vie privée, l’accès direct, continu et sans filtre à l’esprit humain.
À l’origine simple opération autour d’un film d’action dystopique, ce sondage dépasse largement le cadre promotionnel. Il illustre une évolution notable du rapport au risque, à la visibilité et à l’intimité, dans un contexte où l’argent peut redéfinir presque toutes les limites.
On pourra y voir une provocation, ou une manière de pointer ce glissement progressif, dans The Running Man, la société accepte l’inacceptable au nom du spectacle. Quarante ans plus tard, la frontière entre la fiction de Stephen King et certains réflexes bien réels n’a jamais semblé aussi fine.
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