La crise sociale chez Rockstar Games initiée il y a plusieurs semaines continue de s’envenimer. Après une vague de 34 licenciements annoncée fin octobre, de nouvelles informations révélées par People Make Games semblent indiquer que l’enquête interne ayant conduit à ces renvois a été déclenchée par des discussions tenues dans un serveur Discord syndical. Une situation qui s’inscrit dans un climat déjà tendu autour des conditions de travail et de la politique de communication interne du studio, régulièrement pointée du doigt depuis plusieurs mois.
Selon un employé encore en poste, qui s’est adressé à People Make Games sous couvert d’anonymat, la direction aurait entamé à l’automne une purge des canaux Slack internes jugés trop peu productifs. Il s’agissait pour certains de groupes liés aux passions, animaux de compagnie ou hobbies des employés. Le retrait brutal de ces espaces aurait créé un véritable choc chez les salariés, dont les réactions parfois critiques auraient ensuite migré vers un serveur Discord fondé en 2022 par des membres organisés autour de l’Independent Workers Union of Great Britain (IWGB), un syndicat britannique de plus en plus actif dans les studios AAA.
Des discussions sur Discord non réglementaires
Ce serveur, qui aurait compté jusqu’à 300 employés vérifiés, n’était pas un espace clandestin selon la source. En effet, des règles strictes interdisaient explicitement de partager des informations confidentielles. Les discussions portaient essentiellement sur les conditions de travail, les bonus ou les changements de politique interne. Mais lorsque certains salariés ont partagé dans un canal dédié des emails liés aux nouvelles restrictions Slack, cela aurait déclenché un signal d’alarme en interne. Rockstar a immédiatement interdit l’accès aux mails professionnels hors du lieu de travail, ce qui aurait été interprété comme un manquement grave aux politiques de la société.
Quelques jours plus tard, une enquête était ouverte. Puis, fin octobre, 34 employés étaient licenciés pour faute grave, un chiffre massif qui a immédiatement suscité de nouvelles réactions au sein du syndicat. L’IWGB accuse Rockstar d’utiliser la politique interne comme un outil de dissuasion pour empêcher l’organisation collective. Son président, Alex Marshall, est catégorique. Il déclare :
“Rockstar gouverne par manque de transparence et par la peur. Ils se sentent menacés par l’idée que les travailleurs parlent entre eux.”
Qui a raison, qui a tort
De son côté, Rockstar Games assume dans un mail vouloir “un environnement plus concentré, productif et respectueux“, sans commentateur public supplémentaire sur les licenciements. Il y a quelques semaines, la firme déclarait que des fuites concernant l’entreprise et ses projets étaient également en cause. Mais sur le terrain, la colère monte. Plusieurs anciens développeurs ont manifesté devant Rockstar North, dénonçant des conditions déraisonnables.
Alors que l’industrie traverse une année noire marquée par plus de 20 000 licenciements, ce nouvel épisode confirme que la relation entre les grands studios et leurs équipes est plus fragile que jamais. Chez Rockstar, nous n’aurons peut-être pas le fin mot de l’histoire avant un petit moment.
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