L’inquiétude grandit autour de la place des réseaux sociaux chez les jeunes. En mai dernier, Gabriel Attal (alors Premier ministre) et le pédopsychiatre Marcel Rufo appelaient à “un état d’urgence contre les écrans”. Régulièrement, il est ainsi question d’interdire les plateformes sociales aux mineurs de moins de 15 ans, contre 13 actuellement. Une mesure, déjà soutenue par 73 % des Français selon une enquête, menée par Harris Interactive pour le gouvernement, qui s’inscrit dans une volonté politique forte de protéger la santé mentale des jeunes, face à l’explosion des cas d’anxiété, de dépression et de troubles du comportement liés à la surexposition numérique.
En théorie, la France a déjà instauré une majorité numérique à 15 ans depuis la loi du 7 juillet 2023. En pratique, cette règle reste largement théorique : absence de contrôle effectif, facilité de contournement par les mineurs et manque d’harmonisation européenne. Selon la Cnil, deux tiers des moins de 13 ans possèdent déjà un compte sur un réseau social, souvent sans l’accord parental requis. Les plateformes, quant à elles, se retranchent derrière l’impossibilité technique de vérifier l’âge réel de leurs utilisateurs. Mais les choses pourraient bien s’accélérer.
Un référendum pour tous
Dans une France où le président Emmanuel Macron a fait de la protection des mineurs l’un des grands enjeux de 2027, le cadre législatif se précise. Une loi européenne fixant la majorité numérique à 15 ans a &t& approuvée, norme que la France a intégrée dans son droit national. Cette loi impose désormais la nécessité d’un consentement parental pour les comptes des moins de 15 ans, ainsi qu’une vérification plus rigoureuse de l’âge via des outils technologiques, comme c’est déjà le cas sur les sites pornographiques.
Face à ces avancées, une proposition de loi déposée par des députés macronistes va plus loin, en prévoyant d’interdire purement et simplement aux moins de 15 ans la création et l’utilisation des profils sur les réseaux sociaux. Cette interdiction s’accompagnerait aussi d’un couvre-feu numérique pour les 15-18 ans, interdisant leur accès aux services entre 22 heures et 8 heures du matin.
Ce cadre numérique pose la question cruciale du développement cognitif chez les jeunes. La prolifération de formats courts et répétitifs, popularisés notamment par TikTok, favorise un mode de consommation rapide au détriment de la concentration et de l’apprentissage. C’est à cette situation épineuse que veut s’attaquer Emmanuel Macron. Organiser un référendum sur la question de la majorité numérique serait atypique, voire risqué, dans un contexte politique déjà tendu.
Aujourd’hui, 60 % des moins de 15 ans consultent quotidiennement des réseaux de partage de photos ou vidéos, et 46 % des 11-14 ans utilisent TikTok chaque jour. Encore plus préoccupant, 55 % des 7-14 ans possèdent déjà un téléphone, selon une étude du cabinet Junior City relayée par nos confrères de Le Parisien. Malgré les restrictions, l’usage massif de ces plateformes par les jeunes rend toute interdiction difficile à appliquer sans une mobilisation conjointe des familles, des écoles et des acteurs numériques.
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