Passer au contenu

Le chômage en hausse chez les jeunes : effets délétères de l’intelligence artificielle ?

Le taux de chômage est en hausse. Au quatrième trimestre 2025, il atteint 7,9%. Les jeunes, entre 15 et 24 ans sont particulièrement concernés. La démocratisation de l’intelligence artificielle menace-t-elle les premiers emplois ?

Le couperet est tombé ce mardi 10 février. Le chômage en France atteint son niveau le plus haut depuis le troisième trimestre 2021. À la fin de l’année 2025, il était à 7,9%, soit une hausse de 0,2 point. Sur l’année, il progresse ainsi de 0,6 point annonce ce mardi l’Insee. Les jeunes, entre 15 et 24 ans, sont particulièrement touchés (21,5%). Un phénomène qui rappelle la situation aux États-Unis et qui pourrait préfigurer une crise de l’emploi chez les jeunes diplômés dans l’Hexagone.

Selon une étude menée en 2025 par l’Université de Stanford en Californie, l’impact des outils de machine-learning sur l’accès au premier emploi est déjà visible. Les chercheurs se sont intéressés à deux corps de métiers particulièrement touchés par la démocratisation de l’IA : le développement web et la relation client.

L’institution avance que les entreprises qui ont le plus recours à l’intelligence artificielle ont tendance à faire moins appel aux jeunes travailleurs que par le passé. Le recrutement de jeunes profils est en nette baisse. En septembre 2025, les développeurs logiciels entre 22-25 ans avaient vu leur taux d’embauche décliner de 20% par rapport au niveau le plus haut en 2022. Le taux d’emploi des autres groupes d’âge continue quant à lui de progresser.

Pas de travailleurs qualifiés dans un avenir proche ?

Selon le Forum économique mondial, 50 à 60% des tâches, telles que la rédaction de rapports, la synthèse ou la planification et le nettoyage de données, peuvent être automatisées grâce à l’intelligence artificielle. Ce sont autant de missions qui sont traditionnellement confiées aux jeunes salariés dans les premières années de leur carrière. Ainsi, en misant sur des outils IA et la supervision humaine, les entreprises du secteur supprimeraient une étape importante dans la formation des managers et professionnels de demain.

Dans une tribune adressée aux employeurs, les professeurs d’Harvard exhortent à la responsabilité. “Les emplois de début de carrière — en offrant un environnement sûr pour essayer, échouer et réessayer — sont essentiels pour former des professionnels adaptables et confiants”. Supprimer les postes de débutants, aurait ainsi des effets délétères sur le chômage chez les jeunes diplômés. Ce serait aussi une menace pour les emplois plus qualifiés dans un avenir proche, les jeunes n’ayant pas l’occasion d’apprendre sur le terrain et de monter en compétences.

Vers une mutation ?

Plus que jamais, l’intelligence artificielle est une composante essentielle du marché de l’emploi en France comme dans le monde. De nombreux métiers vont ou sont déjà impactés par ces technologies. Selon Salima Benhamou, docteur en économie et responsable de projet au département “travail, emploi, compétences” à France Stratégie, on pourrait, par exemple, assister à une déqualification des métiers à forte proportion de tâches routinières et répétitives. Dans le même temps, l’intelligence artificielle pourrait nettement améliorer l’organisation du travail, la gestion des informations et la coordination des équipes. Autant de données qui devraient entraîner une valorisation des compétences transversales, telles que le relationnel, la créativité et le travail en équipe. Encore faut-il avoir un emploi pour lequel se faire former…

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode