Depuis les bombardements iraniens contre des installations stratégiques dans le Golfe, et une fermeture partielle du détroit d’Ormuz par l’Iran, un passage maritime par lequel transitent près de 20 % du pétrole mondial, les cours du pétrole ont connu une forte volatilité, avec des hausses significatives enregistrées sur les marchés internationaux. En quelques jours, le prix du baril de Brent flirt déjà avec des niveaux proches de ceux lors de la crise énergétique de 2022.
Cette dynamique a pour effet immédiat d’augmenter la prime de risque géopolitique intégrée dans les contrats de pétrole. Les investisseurs exigent une compensation pour l’incertitude sur l’approvisionnement, ce qui alimente la hausse du cours du baril. Si l’Iran n’est pas l’un des plus gros producteurs mondiaux, son rôle stratégique lié au détroit d’Ormuz en fait un facteur potentiellement déstabilisant pour l’ensemble de l’offre mondiale.
Dans ce contexte, certains analystes et responsables politiques évoquent une possibilité que les prix à la pompe en Europe, et en France en particulier, se rapprochent des 2 € le litre. Une analyse publiée en 2025 mettait en garde contre ce scénario en cas d’escalade prolongée du conflit, soulignant que les perturbations prolongées du transit pétrolier pourraient pousser le coût du baril bien au-dessus de 100 $ et se traduire, mécaniquement, par une hausse des carburants à la pompe dans les pays importateurs.
Pour autant, plusieurs économistes et institutions restent prudents sur l’ampleur d’une telle hausse en France. D’une part, l’Union européenne et les gouvernements nationaux estiment qu’il n’existe pas de risque immédiat de rupture d’approvisionnement, en partie grâce aux stocks stratégiques et à une dépendance moins directe à l’égard de l’or noir moyen-oriental qu’à d’autres époques. Ces réserves, en France, permettent de tenir plusieurs semaines voire mois sans importations significatives, ce qui amortit mécaniquement les chocs bruts du marché.
D’autre part, l’impact d’un pétrole plus cher sur le prix final des carburants est complexe et progressif, passant par plusieurs maillons (raffinage, taxes, marges de distribution) qui diluent l’effet direct d’un baril à 100 $ sur le prix payé aux pompes. L’histoire récente offre des exemples où des hausses importantes du cours n’ont pas immédiatement entraîné une explosion équivalente des prix à la consommation, notamment parce que les marchés anticipent et intègrent les risques avant les chocs physiques réels.
Sur le plan économique plus large, la Banque centrale européenne elle-même a souligné que des tensions prolongées au Moyen-Orient pourraient peser sur l’inflation de la zone euro en raison des prix de l’énergie, ce qui aurait des répercussions au-delà du seul secteur des carburants, sur la croissance et le pouvoir d’achat des ménages.
Dans l’immédiat, les stations-service françaises n’ont pas connu de flambée aussi spectaculaire qu’en 2022, et les autorités rappellent qu’il n’y a pas lieu de céder à la panique à l’approche des pompes. Mais les projections à moyen terme restent incertaines et dépendantes de l’évolution géopolitique, avec une ligne de crête mince entre une hausse modérée des prix et, dans un scénario prolongé et sévère, des tarifs proches des 2 € le litre que beaucoup redoutent.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.