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Crypto et NFT : comment déclarer ses gains (et ses pertes) en 2026 ?

La saison des impôts est ouverte, et cette année, les possesseurs d’actifs numériques ont une bonne raison de faire attention. La flat tax a augmenté, les plateformes coopèrent désormais avec le fisc, et les formulaires ne pardonnent plus les approximations.

Chaque printemps, la même question revient pour quelques millions de Français : quoi déclarer au fisc, et comment ? Depuis le 1er janvier 2026, la donne a changé pour les actifs numériques. D’un côté, le taux d’imposition sur les plus-values a été relevé. De l’autre, la directive européenne DAC8 est entrée en vigueur, forçant toutes les plateformes d’échange réglementées à transmettre automatiquement l’historique des transactions de leurs utilisateurs à l’administration fiscale.

31,4 % et une surveillance accrue : les deux mauvaises nouvelles de 2026

La flat tax, ou prélèvement forfaitaire unique (PFU), s’applique aux plus-values sur actifs numériques depuis la loi PACTE de 2019. Elle était fixée à 30 %. Depuis le 1er janvier 2026, elle est passée à 31,4 %, sous l’effet de la hausse de la CSG sur les revenus du capital, passée de 9,2 % à 10,6 %.

Sur le front déclaratif, la nouveauté majeure est l’entrée en application de la directive DAC8. Depuis le 1er janvier 2026, les plateformes crypto opérant dans l’Union européenne sont tenues de communiquer automatiquement les données de leurs utilisateurs résidents à l’administration fiscale : identité, soldes, historique complet des opérations.

Côté formulaires, le parcours reste le même qu’en 2025. Le Cerfa 2086 permet de déclarer les plus-values et moins-values sur actifs numériques. Le formulaire 3916-BIS doit être rempli pour tout compte détenu sur une plateforme étrangère. L’oubli de cette dernière déclaration expose à une amende de 750 € par compte non déclaré, portée à 1 500 € si le solde a dépassé 50 000 € à un moment de l’année. Enfin, les montants sont reportés en case 3AN (flat tax) ou 3BN (barème progressif) sur la 2042-C. L’administration fiscale dispose d’un droit de reprise sur trois ans.

NFT, staking, stablecoins : ce que beaucoup déclarent mal (ou pas du tout)

La première chose à comprendre est de savoir quand la fiscalité s’applique. En France, tant que des cryptomonnaies restent des cryptomonnaies, aucun impôt n’est déclenché. En revanche, convertir des cryptos en euros, payer un achat en cryptomonnaies ou vendre via une plateforme constitue une transaction fiscale imposable.

Le cas des NFT reste quant à lui ambigu, mais la loi les traite comme des actifs numériques au sens de l’article L. 54-10-1 du Code monétaire et financier. La cession d’un NFT contre des euros ou une autre crypto est donc soumise au même régime que les cryptomonnaies classiques : flat tax à 31,4 % ou barème progressif, avec le même seuil d’exonération de 305 €. Ce seuil, resté inchangé, couvre l’ensemble des cessions imposables réalisées dans l’année. En dessous, aucun PFU n’est dû. Au-dessus, la totalité est imposable dès le premier euro, sans franchise.

Enfin, un point qui piège régulièrement les investisseurs en période de baisse : les moins-values crypto ne sont pas reportables d’une année sur l’autre. Elles ne peuvent compenser que les plus-values réalisées au cours de la même année civile, et ne peuvent en aucun cas s’imputer sur d’autres revenus du foyer fiscal, salaires ou revenus fonciers. Si 2025 a été mauvaise et 2024 bonne, il est trop tard pour faire la balance.

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