Trois morts, un navire interdit d’accostage et 149 personnes contraintes de rester à bord en plein Atlantique : le MV Hondius, bateau de croisière géré par la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, est au cœur d’une alerte sanitaire internationale depuis ce week-end.
Le navire avait quitté Ushuaïa, dans le sud de l’Argentine, il y a environ trois semaines. Il reliait la Patagonie à l’archipel du Cap-Vert quand les premiers décès ont été signalés. Un premier passager est mort à bord dès le 11 avril. Son corps a été débarqué sur l’île de Sainte-Hélène, territoire britannique dans l’Atlantique sud, le 24 avril, accompagné par son épouse. Cette dernière a ensuite été évacuée vers l’Afrique du Sud, où elle est décédée dans un hôpital de Johannesburg. La troisième victime se trouvait toujours à bord du navire dimanche soir.
Un seul cas officiellement confirmé, cinq autres suspects
L’OMS soupçonne un foyer de hantavirus, une infection susceptible de provoquer un syndrome respiratoire aigu. Un seul cas positif a pour l’heure été officiellement confirmé en laboratoire, il s’agit d’un ressortissant britannique de 69 ans, actuellement hospitalisé à Johannesburg. Cinq autres cas restent à ce stade suspects. La compagnie Oceanwide Expeditions précise qu’il n’est pas encore établi avec certitude si le virus est à l’origine des trois décès, et qu’aucun cas n’a été officiellement confirmé chez les deux passagers présentant encore des symptômes à bord.
Le hantavirus est une maladie rare qui provient des rongeurs. Il peut se transmettre par morsure, par contact direct avec l’animal ou ses déjections, ou par inhalation de poussières contaminées. Si les symptômes initiaux ressemblent à ceux d’une grippe (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires), la maladie peut évoluer vers des complications respiratoires graves, parfois mortelles.
Selon Santé publique France, aucune transmission interhumaine n’a été documentée à ce jour, à l’exception d’une seule souche sud-américaine, le virus Andes. Un point que l’OMS a néanmoins nuancé car l’organisation a rappelé que bien que rare, le hantavirus peut se transmettre d’une personne à l’autre et entraîner des maladies respiratoires graves, nécessitant une surveillance attentive.
Le bateau bloqué, les Canaries envisagées
Les autorités sanitaires du Cap-Vert ont interdit au navire d’accoster à Praia, voulant protéger la population locale. Las Palmas et Tenerife, sur l’archipel espagnol des Canaries, sont désormais envisagées comme porte d’entrée pour le débarquement, avec des contrôles médicaux renforcés à l’arrivée. En attendant, des mesures de précaution strictes ont été mises en place à bord : isolement, protocoles d’hygiène renforcés et surveillance médicale continue.
Parmi les 149 personnes à bord, issues de 23 nationalités différentes, cinq passagers français ont été identifiés, selon le ministère de la Santé français. Les autorités néerlandaises, dont relève la compagnie, coordonnent par ailleurs une opération de rapatriement pour les personnes présentant des symptômes.
Pas de panique, mais une surveillance nécessaire
Le directeur de l’OMS Europe, Hans Kluge, a estimé qu’il n’y a aucune raison de céder à la panique ni d’imposer des restrictions de voyage, soulignant que les infections à hantavirus sont rares et ne se transmettent pas facilement entre personnes. Un discours mesuré, six ans après le Covid, dans un contexte où la simple évocation d’un foyer viral à bord d’un navire confiné suffit à raviver des réflexes collectifs bien ancrés.
La situation reste évolutive, des enquêtes épidémiologiques et un séquençage du virus sont en cours pour déterminer précisément la souche en cause et les conditions exactes de la contamination.
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