Sortir sa carte bleue en terrasse d’un café parisien, à la caisse d’une supérette ou dans le métro entre deux stations revient souvent à exposer son précieux bout de plastique aux regards indiscrets. Revolut estime qu’il est temps d’en finir avec cette absurdité : le 29 mai 2026, la néobanque a publié sur X la photographie d’une carte bancaire d’un genre nouveau. Sur le rectangle de plastique siglé Revolut, plus rien. Pas de numéro à seize chiffres, pas de date d’expiration, pas de CVV. Juste un nom, celui du titulaire, et c’est tout. Une carte muette, censée faire taire dans la foulée toute une catégorie d’arnaques.
Un bout de plastique qui reste muet
Si la carte ne porte plus aucune information sensible, elle devient beaucoup plus complexe à pirater. Pour consulter ses propres numéros, l’utilisateur doit ouvrir l’application Revolut, s’authentifier (mot de passe, empreinte digitale ou reconnaissance faciale) et y accéder dans un espace dédié. Une couche de friction qui ne change rien à l’usage quotidien : en caisse, on continue de payer sans contact ou en glissant la puce dans le terminal, sans jamais avoir besoin du moindre chiffre imprimé.
L’idée n’est pas tout à fait neuve. Apple avait ouvert la voie dès 2019 avec son Apple Card, qui repoussait toutes les informations sensibles dans l’application Wallet. Reste que la promesse, aussi élégante soit-elle, ne couvre qu’une portion du problème. Selon la dernière note de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, publiée par la Banque de France le 27 janvier 2026, la fraude à la carte bancaire a représenté 211 millions d’euros sur le premier semestre 2025 en France, en recul de 9,8 % sur un an. Un plus bas historique, avec un taux de fraude tombé à 0,048 % du montant total des paiements par carte. La fraude visuelle, celle que Revolut entend faire disparaître, ne pèse qu’une fraction de ce total, dominé par les attaques en ligne et le détournement de données issues de fuites massives chez les commerçants.
La fin des chiffres est programmée pour 2030
Le geste de Revolut s’inscrit dans un mouvement bien plus large, qui agite les coulisses du paiement depuis 2024. En novembre de cette année-là, Mastercard a officiellement annoncé son intention de supprimer la saisie manuelle des numéros de carte à l’horizon 2030, au profit de la biométrie. Concrètement : pour acheter en ligne, on ne tapera plus seize chiffres mais on confirmera la transaction depuis son application bancaire, via empreinte digitale ou Face ID.
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