Disney veut accélérer sur l’intelligence artificielle, et vient de choisir un profil pour le moins surprenant pour piloter cette transition. En effet, Karandeep Anand était jusqu’ici PDG de Character.AI, mais il va devenir le tout premier chef opérateur du pôle technologique de Disney. Le poste a été créé spécialement pour l’occasion et la décision qui placera Anand directement sous l’autorité de Josh D’Amaro, le patron de Disney, prendra effet le 2 octobre.
Son rôle sera de gérer les infrastructures, les données, les plateformes d’IA, les produits, l’ingénierie et les technologies globales utilisées à l’échelle du groupe. Plusieurs membres de l’équipe technique de Character.AI devraient également le suivre chez Disney.
L’IA, un pilier de l’avenir Disney
Character.AI s’est fait connaître avec une plateforme permettant de discuter avec des chatbots incarnant des personnages fictifs, des célébrités ou des créations originales. Depuis, l’entreprise cherche à élargir son terrain de jeu avec des formats comme les micro-séries, les bandes dessinées générées à partir des conversations et différents outils destinés aux fans.
Ce n’est donc pas uniquement l’expertise technique d’Anand que Disney vient chercher. Le groupe veut aussi mieux exploiter l’IA dans ses différents univers, alors que Disney développe déjà des outils de recherche et de recommandation dopés à l’intelligence artificielle sur Disney+ et ESPN.
L’homme d’affaires possède par ailleurs un parcours particulièrement solide dans la tech. Avant Character.AI, il a été président et directeur produit de la fintech Brex, mais aussi responsable des produits publicitaires et commerciaux chez Facebook. Il a également passé quinze ans chez Microsoft, notamment sur Azure. Un CV avec lequel il est difficile de faire la compétition.
Faute de poursuite judiciaire, Disney l’engage
Mais il y a un détail assez inattendu dans cette histoire d’embauche. On se souvient effectivement que Disney avait menacé Character.AI de poursuites judiciaires il y a seulement un an. En 2025, le groupe avait envoyé une mise en demeure à l’entreprise pour lui demander de supprimer les chatbots non autorisés utilisant ses personnages. Character.AI avait finalement retiré les personnages concernés et l’affaire n’était pas allée jusqu’au procès.
Plus problématique encore, Character.AI a été confronté à plusieurs poursuites de familles accusant ses chatbots d’avoir contribué à des situations de détresse psychologique chez des adolescents. L’entreprise et Google ont accepté cette année de régler plusieurs de ces procédures, tandis que Character.AI a renforcé ses mesures de protection pour les mineurs, notamment en supprimant les conversations ouvertes pour les moins de 18 ans.
Disney ne semble pourtant plus voir Character.AI comme une menace pour ses personnages, mais comme une source d’expertise technologique. Le groupe avait certes déjà signé un accord avec OpenAI, signe de son intérêt grandissant pour l’IA, mais cette association est plutôt surprenante. Un peu comme ces hackers sur expérimentés qui se retrouvent engagés par les gouvernements.