Passer au contenu

Dans le désert d’Arizona, des milliers d’avions militaires américains attendent à l’air libre depuis 1946

3 min
0 commentaire
Partagez

Près de Tucson, en Arizona, l’armée de l’air américaine stocke depuis 1946 des milliers d’avions militaires en plein désert, sans aucun hangar. Surnommé le “Boneyard”, le site sert à la fois de cimetière, de réserve de pièces détachées et parfois de point de départ pour des avions qui reprennent du service.

  • L’armée de l’air américaine stocke depuis 1946 des milliers d’avions militaires dans le désert près de Tucson, connu sous le nom de ‘Boneyard’.
  • Le site, géré par le 309th AMARG, sert de cimetière et de réserve de pièces pour les avions en service, avec un inventaire de 3 247 appareils au 17 mars 2025.
  • Bien que perçu comme un lieu de retrait, le Boneyard contribue à la maintenance et à la remise en service d’avions, comme le B-1B récemment réactivé.

Un site ouvert après la Seconde Guerre mondiale

Le site se trouve sur la base aérienne de Davis-Monthan, au sud de Tucson, et il est géré par le 309th Aerospace Maintenance and Regeneration Group (AMARG), seul centre de stockage et de récupération de pièces pour les avions militaires et gouvernementaux américains. Il a ouvert juste après la Seconde Guerre mondiale, et en mai 1946, plus de 600 bombardiers B-29 Superfortress et 200 avions de transport C-47 Skytrain y ont été déplacés. En 1965, le Pentagone a fermé le site de stockage de Litchfield Park, près de Phoenix, et a regroupé à Davis-Monthan les avions de la Navy. Le groupe a pris son nom actuel en 2007, quand il est passé sous l’autorité du 309th Maintenance Wing.

10 à 20 % d’humidité et 280 mm de pluie par an

L’armée américaine a choisi Tucson pour son climat, avec une humidité de l’air comprise entre 10 et 20 % et environ 280 mm de pluie par an. Le site, installé à 777 m d’altitude, repose sur une terre calcaire très dure, la caliche, sur laquelle les avions sont garés sans béton. D’après MiGFlug, chaque appareil est recouvert de deux couches de vinyle avant d’être aligné avec les autres, une noire puis une blanche. Pendant la pandémie de Covid-19, en 2020, plusieurs compagnies aériennes ont d’ailleurs garé temporairement une partie de leurs avions de ligne à Davis-Monthan.

3 247 avions recensés le 17 mars 2025

Le dernier inventaire fédéral, daté du 17 mars 2025, recense 3 247 avions à Davis-Monthan, répartis entre 177 modèles, des bombardiers lourds aux avions d’entraînement, d’après le site Air Traveler Club. Une ancienne fiche de l’armée de l’air, toujours en ligne sur le site de la base, annonce de son côté plus de 4 200 appareils, et Science Post parle même de plus de 4 400. Pour s’occuper de ces avions, la base emploie entre 660 et 700 personnes, selon les documents, avec seulement quatre militaires, trois officiers et un militaire du rang.

Un B-1B reparti en avril 2026

“Les gens pensent que le Boneyard est l’endroit où les vieux avions viennent mourir”, explique le colonel Robert S. Lepper Jr., commandant du 309th AMARG, avant d’ajouter que “nous produisons des avions”. Une partie des appareils sert de réserve de pièces pour la flotte en service, notamment pour le bombardier B-52, dont le dernier exemplaire est sorti d’usine en 1962 et qui doit voler jusque dans les années 2050. D’anciens chasseurs F-4 Phantom II et F-16 ont aussi été transformés en drones cibles. En 2021, un bombardier B-1B Lancer est arrivé à Davis-Monthan pour servir de réserve de pièces, avant que l’armée de l’air ne décide de le remettre en service. Il a passé près de deux ans en réparation et en essais sur la base de Tinker, dans l’Oklahoma, puis il a rejoint la base de Dyess, au Texas, en avril 2026, sous le surnom d’“Apocalypse II”.

Articles sauvegardés