122 km/h et une chute de 66 mètres, dans des sièges qui pivotent à 360 degrés pendant que le train file sur les rails. Depuis 2008, plus de 16 millions de passagers ont accepté de se faire secouer sur les montagnes russes X2, au point que l’attraction est devenue un pèlerinage obligé pour les amateurs de sensations fortes. Elle figurait encore cette année dans le classement des meilleures attractions des Golden Ticket Awards. Pourtant, les X2 viennent d’être mises en retraite forcée.
X2, le prototype qui ne voulait pas mourir
Mardi 29 septembre, Six Flags Magic Mountain, le parc situé au nord de Los Angeles, a annoncé la fermeture définitive de X2. Dans un court message publié sur le blog du parc, son président Brian Oerding explique que l’attraction a « constamment réussi une multitude de tests de sécurité », mais que l’entreprise a finalement pris « la bonne décision » de la fermer. Pour cause : X2 est au cœur d’une avalanche de procédures judiciaires. La semaine précédente, trois nouvelles plaintes avaient été déposées par des passagers affirmant avoir subi des lésions cérébrales traumatiques après un tour de manège. Selon les avocats des plaignants, plus d’une centaine de personnes auraient contacté son cabinet pour des blessures similaires survenues ces deux dernières années.
X2 a ouvert en janvier 2002 sous le nom de X, et se présentait à l’époque comme la toute première montagne russe dite « de quatrième dimension » au monde. Le principe : quatre rails au lieu de deux. Deux portent le train, les deux autres montent et descendent pour faire pivoter les sièges grâce à un système de crémaillère. Les passagers, assis de chaque côté de la voie sur des wagons en forme d’aile, enchaînent vrilles, saltos arrière et descentes face au sol.
Comment une attraction « conforme » peut-elle être aussi dangereuse ?
Le tournant date de juillet dernier. En moins d’une semaine, deux femmes ont été victimes d’hémorragies cérébrales nécessitant une intervention neurochirurgicale en urgence après être descendues de X2. L’attraction est fermée depuis le 12 juillet, et la Cal/OSHA, l’autorité californienne chargée de la sécurité des manèges, a ouvert une enquête.
Dans un e-mail obtenu par CNN, plusieurs chirurgiens confirment que les blessures résultent d’un épisode d’accélération et de décélération brutale subi pendant le trajet. L’enquête de la chaîne a ensuite fait remonter plus d’une douzaine de cas graves en près de vingt ans, avec des passagers restés lourdement handicapés, et deux morts. Pourtant, l’attraction passait tous ses contrôles, et la force maximale de 4G n’est pas suffisante pour provoquer un traumatisme crânien chez un passager.
Sauf que le problème ne se résume pas forcément à l’intensité. Les mouvements brusques et répétés, où le cerveau se met à tourner et à heurter la boîte crânienne, agissent comme lors d’un accident de voiture. Sur une montagne russe comme la X2, le passager ne voit pas toujours venir le prochain mouvement : le siège bascule indépendamment de la trajectoire du train, ce qui le rend particulièrement vulnérable.
D’autres montagnes russes dans le viseur ?
La disparition de X2 laisse une question en suspens pour toute l’industrie. Seuls deux autres modèles de ce type, à cette échelle, existent dans le monde : Eejanaika au Japon, ouverte en 2006, et Dinoconda en Chine. Leurs exploitants n’ont pour l’instant rien annoncé.