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Bruxelles veut savoir ce qui se cache derrière les gemmes des jeux vidéo

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Diamants, gemmes, crédits et autres monnaies virtuelles sont dans le viseur des autorités européennes. Neuf entreprises du jeu vidéo, dont Ubisoft, Riot Games, Mojang, King et Supercell, font désormais l’objet d’actions coordonnées pour vérifier que les joueurs savent vraiment combien ils dépensent.

Les monnaies virtuelles sont bien pratiques pour acheter une épée, un costume ou quelques bonus sans sortir sa carte bancaire à chaque fois. Elles ont aussi un autre effet : 750 gemmes, c’est tout de suite moins parlant que 5 euros. Et c’est précisément ce qui intéresse le réseau européen de coopération en matière de protection des consommateurs (CPC).

Des gemmes, oui, mais avec le prix en euros

Les autorités européennes ont lancé des actions contre neuf entreprises et autant de jeux : Hunt: Showdown 1896, Forge of Empires, Candy Crush Saga, Minecraft, Mech Arena, Gardenscapes, Valorant, Clash of Clans et For Honor. Pas question, pour le moment, de sanction. Le CPC avait commencé à discuter avec l’industrie l’an dernier pour faire appliquer ses principes sur les monnaies virtuelles. Les résultats n’ayant visiblement pas convaincu grand monde, le réseau a décidé d’aller regarder de plus près les pratiques de ces neuf jeux.

Première demande : afficher clairement le prix réel des objets. Lorsqu’une arme coûte 750 gemmes, le joueur doit pouvoir savoir immédiatement combien ces 750 gemmes représentent en euros. Même principe lorsqu’un jeu empile plusieurs monnaies et oblige à effectuer différentes conversions avant de passer à la caisse.

Le CPC s’attaque également à une vieille ficelle des boutiques intégrées : vendre les monnaies par lots qui ne correspondent pas au prix des objets. Si un joueur a besoin de 750 gemmes, il ne devrait pas être obligé d’en acheter davantage et de conserver un petit reliquat sur son compte.

Et contrairement à ce que pourrait laisser penser leur nom, les monnaies « virtuelles » n’échappent pas au droit bien réel de la consommation. Les joueurs doivent recevoir des informations claires avant l’achat et, dans certains cas, ils disposent d’un droit de rétractation de 14 jours. Celui-ci concerne notamment les monnaies achetées mais pas encore utilisées.

Bruxelles porte une attention particulière aux joueurs vulnérables. Les enfants sont évidemment concernés, mais le CPC cite également les « whales », ces joueurs capables de dépenser des sommes très importantes dans un titre. Certains peuvent être particulièrement sensibles aux mécanismes encourageant les achats répétés. Les autorités réclament donc des contrôles parentaux efficaces et des réglages protecteurs par défaut. Elles demandent également aux éditeurs de ne pas inciter directement les enfants à acheter des contenus ou à convaincre leurs parents de le faire.

Activision Blizzard a droit à un examen séparé pour Diablo Immortal et Call of Duty Mobile. Celui-ci couvre les monnaies virtuelles, mais aussi la collecte des données personnelles, les mécanismes potentiellement addictifs, le contrôle parental, le marketing destiné aux enfants ou encore le blocage des comptes.

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