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Avec Comac, Airbus prend la concurrence chinoise très au sérieux

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Longtemps dominé par Airbus et Boeing, le marché des avions longs courriers pourrait bientôt accueillir un nouveau concurrent de taille : le géant chinois Comac. L’avionneur européen ne perd pas de vue ce futur rival qui s’annonce redoutable.

Chez Airbus, Comac revient souvent dans la conversation. « Il n’y a quasiment pas une semaine où nous ne parlons pas de la concurrence en Chine », reconnaît Lars Wagner, directeur des avions commerciaux du groupe, lors d’une conférence de presse à Toulouse relayée par l’AFP.

La Chine décolle

Le C919 chinois concurrence les Airbus A320 et Boeing 737. Son constructeur commence aussi à diminuer sa dépendance aux composants occidentaux, observe le dirigeant. À cela s’ajoutent des investissements dans la robotique, l’automatisation ou encore l’hydrogène vert. De quoi retenir l’attention du numéro un européen.

Lars Wagner a en mémoire ce qui s’est passé dans l’automobile : grâce notamment à sa maîtrise des batteries, la Chine a pris de l’avance dans l’électrique, bousculant ainsi les industriels européens et américains. Il estime que les ambitions inscrites dans les plans quinquennaux chinois doivent être prises au sérieux.

Pas question pour autant d’appuyer sur le bouton panique. Le responsable considère que la Chine sait fabriquer des avions et dispose des capacités nécessaires pour les vendre. Mais la demande devrait aussi laisser de la place aux constructeurs : Airbus et d’autres études prévoient un doublement de la flotte mondiale, à 42.000 appareils d’ici à 2045. « Nous observons ce qui se passe, et nous voulons rester numéro un », résume Lars Wagner.

Airbus compte donc avancer sur le remplacement de l’A320. Guillaume Faury a annoncé vouloir lancer le programme d’ici à 2030, pour une entrée en service à la fin de la décennie suivante. Chez Boeing, le CEO Kelly Ortberg reste plus réservé : selon lui, les compagnies attendent surtout un 737 MAX amélioré.

Avant tout, Airbus doit régler une question qui déterminera la conception de l’avion : sa motorisation. Le choix devra intervenir en 2028 ou 2029. CFM, la coentreprise de Safran et de GE, propose un moteur « open fan », dont les pales ne sont pas entourées d’une nacelle. À la clé, une réduction potentielle de 20 % de la consommation de carburant.

La proposition est séduisante sur le papier. En pratique, les essais en vol ne sont attendus que vers 2029. La technologie doit encore faire ses preuves, notamment face au sable et aux collisions avec des oiseaux. L’option est donc peu probable. Le constructeur examine aussi des moteurs conventionnels améliorés. Lars Wagner maintient en tout cas son calendrier : il ne compte pas retarder le lancement du futur monocouloir européen.

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