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En regardant des images satellites, un archéologue découvre une forteresse géante qui pourrait être une capitale oubliée

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Un archéologue turc a repéré sur des images satellites une forteresse d’environ 120 000 m², entourée de 1,4 km de murailles, près du village de Mescidli, dans la province de Muş, en Turquie. Vieille d’environ 3 000 ans, elle pourrait être liée à Arzashkun, la cité royale du roi Arame d’Urartu, dont l’emplacement n’a jamais été retrouvé.

C’est en examinant des images satellites de la région de Muş, dans l’est de la Turquie, que l’archéologue Melik Mirbey Ömeroğlu a remarqué des lignes et des formes qui ne correspondaient pas au relief naturel. Il s’est ensuite rendu sur place, près du village de Mescidli, et a constaté que ces traces étaient les restes d’une grande place forte. Il l’a baptisée “Dev Kale”, ce qui signifie “forteresse géante” en turc. La découverte a d’abord été rapportée par le journal Türkiye Today, puis par le site HeritageDaily le 11 août 2026 et par Arkeonews le 7 octobre. Les sources ne précisent pas quelles images satellites ont été utilisées, ni à quelle date l’archéologue a fait sa visite sur le terrain.

1,4 km de murailles et l’équivalent de 17 terrains de football

La forteresse couvre une surface d’environ 120 000 m², soit 12 hectares, l’équivalent de 17 terrains de football selon Arkeonews. Elle est entourée d’environ 1,4 km de murailles, qui mesurent encore environ 2 mètres de haut côté intérieur et jusqu’à 4 mètres côté extérieur. Les murs sont construits en appareil cyclopéen et polygonal, c’est-à-dire avec de gros blocs de pierre irréguliers ajustés les uns aux autres sans mortier. Dans la partie nord, des traces d’autres bâtiments sont visibles, et dans la partie sud, on trouve une structure circulaire en pierre d’environ 25 mètres de rayon, qui aurait pu servir à stocker ou à gérer l’eau, sans que sa fonction soit confirmée.

Melik Mirbey Ömeroğlu compare cette construction à deux forteresses du début de l’âge du fer situées dans la région de Van, Aşağı Anzaf et la forteresse de Zivistan, dans le district d’Edremit. C’est cette comparaison qui permet d’estimer l’âge du site à environ 3 000 ans, mais aucune datation scientifique n’a encore été réalisée.

Arzashkun, la cité royale d’Urartu jamais retrouvée

Le site se trouve près des routes liées à l’expansion vers l’ouest du royaume d’Urartu, qui était centré sur le lac de Van et a connu son apogée entre le IXe et le VIIe siècle avant notre ère. Selon Arkeonews, Melik Mirbey Ömeroğlu estime que la forteresse pourrait être liée à Arzashkun, la cité royale du roi Arame. Cette ville n’est connue que par les annales du roi assyrien Salmanazar III, qui la décrivent comme la cité royale d’Arame et racontent sa destruction lors d’une campagne militaire en 856 avant notre ère. Arame n’a laissé aucune inscription connue, et l’emplacement d’Arzashkun n’a jamais été confirmé. Elle a précédé Tushpa, l’actuelle Van, dont le roi Sarduri Ier a fait plus tard le grand centre politique du royaume. L’archéologue insiste toutefois sur le fait qu’aucune identification ne pourra être faite sans fouilles et recherches systématiques.

Melik Mirbey Ömeroğlu a déposé une demande auprès du conseil régional de Van pour la protection du patrimoine culturel, afin que le site soit enregistré et protégé. Aucune fouille n’a encore été annoncée. Les prochaines étapes pourraient comprendre des prospections de surface, l’analyse de céramiques et une datation au carbone 14, et seule la découverte d’une inscription permettrait d’identifier avec certitude ceux qui ont bâti la forteresse.

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