« All Shook Up », « Can’t Help Falling in Love », « Don’t Be Cruel », « Return to Sender »… Le catalogue concerné a de quoi remplir quelques soirées karaoké. Mais c’est devant un tribunal de San Francisco que ses ayants droit veulent se faire entendre.
Des chansons du King pour entraîner Claude
Dans une plainte déposée il y a quelques jours, les structures qui contrôlent les droits de ces compositions reprochent à Anthropic d’avoir exploité les chansons pour améliorer Claude, sans leur demander d’autorisation ni leur verser d’argent. Billboard rapporte qu’Authentic Brands Group, propriétaire des droits liés à Elvis Presley, a engagé cette procédure avec d’autres entités détentrices de droits.
Les plaignants accusent Anthropic d’avoir constitué une bibliothèque centrale permanente, destinée à conserver les œuvres sans limite de durée. Des morceaux de cette collection auraient ensuite été sélectionnés et copiés pour entraîner les générations suivantes de modèles Claude.
Anthropic aurait poursuivi ces pratiques alors qu’elle avait été avertie du caractère illicite de l’accès aux contenus protégés. La plainte lui reproche également d’avoir supprimé des informations permettant d’identifier les œuvres et leurs titulaires.
Les avocats ne présentent donc pas le dossier comme un simple désaccord sur quelques paroles. Ils accusent Anthropic d’avoir construit son activité sur des violations massives du droit d’auteur. Une accusation que l’entreprise conteste : « Nous sommes en désaccord avec ces allégations et comptons nous défendre pleinement dans cette affaire », a déclaré un porte-parole.
L’entraînement des modèles n’est qu’une partie des reproches. Les ayants droit affirment aussi que Claude permet aux utilisateurs de produire des chansons dérivées sans rémunérer les détenteurs des droits. Changer les mots ne suffirait pas, selon eux, lorsque la structure et les éléments caractéristiques restent trop proches de l’original.
La plainte cite même une réponse attribuée à Claude, dans laquelle l’assistant reconnaîtrait que certaines versions reprennent la structure, les refrains et des ensembles complets de couplets. Cette appréciation rapportée par les plaignants ne constitue toutefois pas une décision de justice.
Outre les quelque 50 millions de dollars demandés, les ayants droit réclament le remboursement des frais de procédure et d’avocats. Ils soulignent qu’au moins six autres affaires concernant l’utilisation de compositions musicales pour entraîner des IA sont déjà en cours devant la justice en Californie. Pour Anthropic, la discussion sur les droits musicaux est donc loin d’être terminée et pourrait bien lui coûter cher.