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Critique The Fall Guy : film un peu casse-cou… 🥊

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Ancien cascadeur, David Leitch rend hommage au métier avec The Fall Guy, une comédie d’action aussi casse-cou que casse-gueule.

Depuis qu’il a fait ses premières armes derrière la caméra avec son compère Chad Stahelski sur John Wick, David Leitch a trouvé dans la comédie d’action son terrain de jeu préférentiel, terreau fertile à toutes ses lubies, ses dérives, pour le meilleur comme pour le pire. Qu’il reprenne en mains les délires super-zéroïques d’un mercenaire à grande gueule ou qu’il envoie Brad Pitt faire un petit voyage en train, on sent le bonhomme très à l’aise dès qu’il s’agit de porter à l’écran un cinéma décomplexé flirtant ouvertement vers ce que les années 90 ont pu nous offrir dans le genre.

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© Universal Studios. All Rights Reserved.

L’homme aime marier allégrement petite blague, référence méta et démonstration virile dans un esprit bon enfant qui, s’il ne révolutionne le secteur, a le mérite de nous offrir un divertissement assumé, non-exempt de quelques solides morceaux de péloche dans le tas. C’est peut-être là, le plus grand exploit de David Leitch ; ne pas être le réalisateur le plus inspiré ou le plus original du tiroir, mais celui dont la générosité sincère à défaut d’être bien fagotée finie toujours par nous emporter. Le type a beau nous sortir à chaque fois du blockbuster pop-corn industriel dont les promesses sont autant tenues que celles d’un homme politique, on l’aime bien et on se présente au rendez-vous de chaque nouveau film.

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© Universal Studios. All Rights Reserved.

The Fall Guy est dans l’exacte veine de tous ses précédents longs. Colt Seavers (Ryan Gosling) est le cascadeur de longue date de la star Tom Ryder (Aaron Taylor-Johnson) et il prend à chaque jour de tournage tous les risques pour le film et les beaux yeux de Jody Moreno (Emily Blunt), aspirante réalisatrice. Sauf qu’un accident vient mettre le reste de sa carrière en suspens. Après un passage à vide, il est engagé pour reprendre le chemin des plateaux pour le premier film de Jody et retrouver l’acteur principal disparu. Mais prendre des coups, ça le connaît.

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© Universal Studios. All Rights Reserved.

Lisez notre critique de Bullet Train (oui oui c’est mon intertitre)

Avec The Fall Guy, David Leitch nous regarde droit dans les yeux, assumant qu’il n’a aucune raison de changer une recette qui gagne. Le long-métrage n’est qu’un prolongement de ce à quoi le réalisateur nous a habitué, modifiant simplement l’histoire, les personnages et le décor pour nous livrer la même sauce cocktail action comique. Second degré, action sous stéroïde, héros constamment en décalage… on aimerait parler d’un réalisateur fainéant incapable de se renouveler, sauf qu’en réalité, on sent que Leitch adore tellement sa petite formule qu’il prend un vrai plaisir à la revisiter à l’infini sans autre forme de cynisme.

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© Universal Studios. All Rights Reserved.

On retrouve les mêmes qualités et les mêmes défauts que son précédent au point on aurait presque envie de copier-coller notre avis sur ce dernier pour l’appliquer à un The Fall Guy qui cumule les poncifs et le déjà-vu, mais dont on ne peut reprocher la bonne ambiance et le divertissement qu’il procure. On peut râler sur plusieurs points d’un scénario bourré d’incompréhensions, lever les yeux au ciel à chaque moment où il enfonce des portes ouvertes, au final, on peut difficilement dire qu’on se soit laissé gagner par l’ennui et qu’on n’ait pas trouvé l’expérience distrayante. Leitch avait pour mission de nous cuisiner un blockbuster pop-corn drôle et explosif, le livreur est arrivé à l’heure et le repas fut copieux.

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© Universal Studios. All Rights Reserved.

Néanmoins, il y a deux axes sur lesquels The Fall Guy se démarque des précédentes œuvres du cinéaste, mal gré bon gré.

The Fall Guy and The Fall Girl

Principal argument de vente du film, la romance entre Ryan Gosling et Emily Blunt est malheureusement son plus gros handicap. La faute ne peut en revenir aux acteurs, tant les deux ont prouvé maintes fois qu’ils excellaient dans la gimmick et le tempo comique. Ryan « plaquettes d’abdos » Gosling nous propose une prestation conjuguant le physique de son Gray Man et la clownerie de son Nice Guy et Emily Blunt surjoue délicieusement la Britannique faussement en contrôle. Le duo prend un vrai plaisir sur le tournage et cela se ressent à chaque instant.

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© Universal Studios. All Rights Reserved.

Non, le faux pas en incombe au scénariste Drew Pearce qui ne parvient jamais à donner une âme à cette romance au-delà de son utilité purement narrative. Hormis un passage méta où la mise en scène s’intègre à la relation dans une séquence particulièrement créative, on ne ressent jamais la nécessité de l’affaire outre son apport drolatique – et encore, beaucoup de blagues sentent le recyclage. La chose est poussive et ralentit perpétuellement le reste, de sorte qu’on subit un rythme en dents de scie avec une impression de longueurs.

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© Universal Studios. All Rights Reserved.

Bullet Train avait ainsi pour lui une simplicité que ne possède pas The Fall Guy, cherchant bien trop pour son propre bien son petit truc en plus qu’il pense, maladroitement, se situer dans cette relation amoureuse qui ne prend pas. Et si elle ne prend pas, cela tient également par le traitement inégalitaire de ses protagonistes. Jody n’a d’intérêt au scénario que parce qu’elle sert de moteur à Colt, de faire-valoir, alors que le personnage crie sur tous les toits qu’elle a autre chose à apporter, notamment sur l’envie du long-métrage de s’amuser autour de l’industrie cinématographique. Il y a une dissonance entre ce que les personnages sont censés incarner et ce que le script en fait. Bref, ça sonne creux, mais surtout, ça sonne faux.

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Stuntman

The Fall Guy brille particulièrement lorsqu’il convoque l’autre aspect du film : l’amour sincère du réalisateur envers son ancienne profession. Qu’il joue l’exagération ou qu’il pointe du doigt avec humour un manque de considération pour ces hommes et femmes de l’ombre – aussi bien du côté de la star elle-même que de l’industrie -, le métrage transpire l’hommage à ces gens que Leitch place littéralement au rang de surhommes invincibles.

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© Universal Studios. All Rights Reserved.

En filigrane, le métrage dessine un corps de métier où la solidarité et la sécurité priment, où des personnes risquent leur vie tous les jours avec un taux de reconnaissance souvent minimum. Un milieu fait de codes, de petites astuces que le réalisateur maintient au cœur de son récit et de sa mise en scène. Comme le prouve l’extrait making-of du générique final, David Leitch a privilégié autant que faire se peut l’effet réel afin de se rendre compte du travail accompli au quotidien par ses anciens compagnons. Une marque de respect, d’honnêteté qui fait que si The Fall Guy tombe plusieurs fois, le film arrive quand même toujours à se relever.

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