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Critique Wedding Nightmare 2 : un second cauchemar taille patron

On prend les mêmes et on recommence façon XXL. Wedding Nightmare 2 envoie à nouveau Samara Weaving en enfer, cette fois en bonne compagnie et avec une ambition renouvelée… suffisamment ?

On a une grande affection pour Wedding Nightmare premier du nom, ou Ready or Not en version originale. Un concept des plus simples, un lieu fermé, des riches allumés et une Samara Weaving s’accaparant la couronne de la Scream Queen moderne. Le tout mélangé à la sauce humour noir et gerbe de sang. Il y a sept ans, il nous en fallait peu pour être heureux et nous n’étions pas les seuls puisque, avec un budget ridicule de six petits millions de dollars, le film en a rapporté 57 millions. Vous connaissez la règle hollywoodienne : quand tes gains sont quasiment dix fois supérieurs à ton coût, tu as droit à une suite. Bienvenue dans Wedding Nightmare 2.

Wedding Nightmare en blu-ray

Une suite qui n’allait pas de soi pour le tandem de réalisateurs Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, dont la réussite sur le premier volet lui avait ouvert les portes d’une grosse franchise. Un passage par Scream, le pseudo-reboot, puis Scream VI plus tard, ils renouent avec le huis clos humoristico-gore en s’attaquant au genre vampiresque avec Abigail. Ce qui leur a donné envie de travailler à nouveau avec Kathryn Newton (Ant-Man 3) sur un projet l’associant à Samara Weaving autour de deux sœurs qui se seraient perdues de vue. C’est là que le studio a toqué à la porte avec une idée. Les festivités pouvaient (re) commencer.

Critique Wedding Nightmare 2 : un second cauchemar taille patron
© Disney

Après avoir réussi à échapper à la mort et à sa belle-famille sataniste dans le premier chapitre, Grace (Weaving) se retrouve à l’hôpital où sa sœur qu’elle avait écartée de sa vie, Faith (Newton), débarque en tant que (vieux) contact d’urgence. Mais la victoire de la jeune femme au jeu du cache-cache mortel lui a ouvert le droit d’accéder à un autre niveau où cinq autres familles rentrent en concurrence pour l’éliminer et obtenir le droit de régner. Grace se retrouve à devoir sauver sa peau, encore, sur un terrain de chasse plus vaste et avec sa sœur menottée à son poignet. Tout va bien donc.

Wedding Nightmare 2 Galaxy

Ce n’est pas anodin si ce second volet s’intitule officiellement Wedding Nighmare 2 : Deuxième partie. L’idée est de pouvoir assumer refaire la même chose en justifiant de la continuité de l’histoire. Ce n’est pas un nouveau film, c’est un Épisode II l’attaque du clone. Si vous avez apprécié le premier pour son jeu de massacre absurde et ses ruptures de ton, home sweet home comme on dit.

Critique Wedding Nightmare 2 : un second cauchemar taille patron
© Disney

Pas de grandes prises de risque donc, voire aucune, mais une « suite » qui entend respecter à la lettre le cahier des charges imposé par sa nature de numéro 2 dont la seule et unique règle est : POUSSER. LES. CURSEURS. AU. MAXIMUM ! Et toute personne ayant été au cinéma pour Super Mario Galaxy sait très bien ce que cela signifie.

Concrètement, le manoir se transforme en une immense résidence avec parc et terrain de golf, les adversaires se multiplient, les armes se diversifient et se modernisent, et notre héroïne devient nos héroïnes. Vous en vouliez plus ? Vous allez être servis !

Critique Wedding Nightmare 2 : un second cauchemar taille patron
© Disney

Wedding Nightmare était une étonnante découverte, là où Wedding Nightmare 2 doit répondre à des attentes. Le poids sur les épaules n’est plus du tout le même. De notre point de vue, c’est peut-être là que ce long-métrage devient un poil plus déceptif que son prédécesseur. Ce dernier puisait dans sa simplicité et le ridicule de son concept pour créer un divertissement réjouissant et surprenant. Non seulement le principe même de la suite lessive déjà les planches de la surprise – à moins d’une énorme prise de risque que l’on ne voyait pas les scénaristes prendre, honnêtement –, mais en exagérant le concept, celui-ci perd un peu de son charme.

Un casting qui sait mettre l’ambiance

Un manque de fraîcheur dont le récit tente de s’amuser en soulignant non sans ironie le côté redite. Évidemment, une seule personne pouvait incarner cette ironie, la seule ayant participé aux deux « jeux ». Il faut reconnaître qu’on adore Samara Weaving depuis Mayhem : Légitime Vengeance et bien qu’elle n’ait pas que des films du genre dans sa carrière (elle peut passer de 3 Billboards à The Babysitter), elle excelle dans sa maîtrise des ruptures de ton, dans la punchline bien placée ou le bottage de cul.

Critique Wedding Nightmare 2 : un second cauchemar taille patron
© Disney

Son association avec Kathryn Newton est presque une évidence, malgré un scénario tournant un peu en rond sur leurs traumas familiaux. Les deux femmes partagent la même énergie et plus le film avance, plus cette énergie devient communicative. Comme s’il fallait d’abord se libérer de l’entrave d’une sous-intrigue émotionnelle peu accordée pour laisser leur alchimie s’exprimer.

Au sérieux du premier épisode, notre casting de vilains satanistes est particulièrement truculent. Si David Cronenberg joue le caméo de luxe et que Sarah Michelle Gellar paie un peu son manque de présence à l’écran ces dernières années en manquant de justesse, le reste s’emploie à nous offrir à chaque fois un film différent. Shawn Hatosy (Animal Kingdom, The Pitt) pour la caution horreur/violence, Nesto Carbonell (Shogun) pour la partie excentrique et tout le gang Raja pour la comédie. Et en arbitre de ce joyeux foutoir, un Elijah Wood incarnant une forme de normalité constamment à contre-courant des situations.

Critique Wedding Nightmare 2 : un second cauchemar taille patron
© Disney

C’est peut-être pour ça qu’on aime toujours autant Wedding Nightmare 2 ou le cinéma de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, pour ce côté sale gosse qui ne respecte rien et qui aime créer du fun dans l’horreur. C’est peut-être pour cela qu’on apprécie beaucoup moins leurs Scream, dont les codes les attachaient à quelque chose de moins permissif. Ici, on peut signer une double-séquence où humour guignolesque (la meilleure scène du film, de loin) et violence brute s’entrecroisent. Ici, on peut faire exploser son casting et éclabousser les murs comme un running gag. Ici, on peut même faire quelques références à Buffy. Et à chaque fois qu’on se demandera pourquoi en riant, Wedding Nightmare 2 nous répondra « parce que je le peux » en souriant. Et il vaut mieux être prêt, ou pas.

Wedding Nightmare en blu-ray

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Notre avis

Wedding Nightmare 2 ne créera sûrement pas l'événement comme l'aura été le premier (et encore, à son échelle), tout simplement parce que tout le superlatif du monde (et croyez-nous, il en use) ne pourrait pas remplacer un manque d'innovation naturel. Ce qui ne l'empêche pas de s'inscrire pleinement dans son sillage avec ce même talent pour le divertissement gore qui sait quand il va trop loin, mais qui y va malgré tout parce qu'il aime ça. Une sorte de plaisir (non) coupable.

L'avis du Journal du Geek :

Note : 7 / 10

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