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Netflix dégaine son thriller événement, mais que vaut vraiment Animals, top 1 de la plateforme ?

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Casting de luxe pour huis clos faiblard ? Cette semaine, on a visionné Animals, réalisé, co-scénarisé et joué par Ben Affleck, top 1 de Netflix quasiment dès sa sortie. Il faut dire qu’on regarde tout et n’importe quoi.

Vous connaissez le principe, chaque semaine on va voir sur les plateformes de streaming si l’herbe n’y est pas plus verte en s’intéressant surtout à ce que les abonnés regardent. On vise donc le top des programmes au sens classement du terme (malheureusement) et, cette semaine, nous étions particulièrement motivés à aller taper du côté de Prime Video. Mais la vie a fait en sorte que le service de SVoD d’Amazon brille actuellement avec un bon paquet de romances adolescentes et un film avec Milla Jovovich. Nous ne sommes pas la cible de l’un, et nous avons suffisamment souffert avec l’autre, alors on est revenu sur Netflix et cela tombe bien, Animals trône dès sa sortie.

Netflix dégaine son thriller événement, mais que vaut vraiment Animals, top 1 de la plateforme ?
© Netflix

Alors on voit déjà les déçus. Non, Animals n’est pas l’adaptation hollywoodienne de la chanson La Ferme des Fatals Picards. On en est les premiers désolés. Non, on parle surtout d’une adaptation non assumée d’Entre le ciel et l’enfer d’Akira Kurosawa, réalisée, co-scénarisée (avec Connor McIntyre et Billy Ray) et jouée par Ben Affleck, avec un casting de luxe comprenant Gillian Anderson, Kerry Washington et Steven Yeun.

L’histoire d’Animals

Mark Kimball (Ben Affleck) est un candidat indépendant à la mairie de Los Angeles. Ses chances de victoire sont plutôt solides, notamment grâce au vote latino, et à moins d’un gros pépin, la dernière ligne droite devrait confirmer l’élection. Il n’a pas le choix, ayant dépensé quasiment l’intégralité de son conséquent compte en banque sur les conseils de son directeur de campagne (Yeun). Chose qu’il a omis de dire à sa femme (Washington), évidemment. De toute manière, elle-même a mieux à faire et est plus proche de le quitter que de devenir femme du maire.

Tout bascule lorsque leur enfant est kidnappé et que le ravisseur demande une forte somme d’argent. Argent que Kimball n’a plus. Pour pouvoir payer la rançon, il fait appel à une mystérieuse femme (Anderson) qui lui apporte les millions contre un pourcentage particulièrement important. La nuit ne fait que commencer.

Faut-il regarder tout et n’importe quoi ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, on peut vous rassurer sur deux choses. Premièrement, on ne parlera pas davantage du lien entre Animals et Entre le ciel et l’enfer. Après tout, bien qu’on soit dans le copier-coller ou presque, Affleck lui-même assure n’avoir jamais vu l’œuvre de Kurosawa et qui sommes-nous pour remettre en cause sa parole ? Il n’oserait pas nous mentir, même si les deux films sont vraiment très très proches. Deuxièmement, si vous n’avez pas vu, comme Affleck, Entre le ciel et l’enfer, ni Highest 2 Lowest, l’adaptation assumée de Spike Lee avec Denzel Washington sortie l’année dernière, sachez que le plot repose sur UN rebondissement majeur qui fait tout le sel moral du récit. Rebondissement que nous ne vous révèlerons pas.

Netflix dégaine son thriller événement, mais que vaut vraiment Animals, top 1 de la plateforme ?
© Netflix

On voit déjà celles et ceux qui trouvent que l’on se moque beaucoup. Ce n’est pas faux. Néanmoins, il faut savoir mettre de l’eau dans son vin et en l’état, Animals n’est pas désagréable. Sauf sur une scène en particulier impliquant une brouette et un enfant. Celle-ci est incroyablement abominable. Du reste, on assiste à un thriller plutôt correct qui va faire ce qu’on lui demande, surtout lors des premiers coups de fil du ravisseur où Ben Affleck réalisateur parvient à créer un huis clos anxiogène en faux plan-séquence où l’attention est dans le détail. C’est plutôt bien fait et on apprécie de voir l’hypocrisie de chaque personnage être mise sur le tapis de leur propre échelle de valeur. Surtout dès lors que l’on parle de régler le problème “définitivement”. Globalement, on ne peut pas dire qu’Animals est à bannir de la plateforme, on a vu pire rien qu’en octobre et on n’est même pas à la moitié du mois. Si vous aimez les thrillers avec des gros noms et un brin de savoir-faire (au début), il coche les cases.

Netflix dégaine son thriller événement, mais que vaut vraiment Animals, top 1 de la plateforme ?
© Netflix

Ce qui ne l’empêche pas d’être bien en deçà de ce que peut nous proposer Ben Affleck derrière et devant la caméra d’habitude. Et là, on va s’attaquer à un autre point. On sait que la star hollywoodienne est un fervent défenseur de l’IA dans l’industrie, il a monté une société en ce sens, et il n’a pas caché s’être beaucoup aidé de l’IA sur Animals. Alors attention, il en apprécie l’usage dans un but d’automatisation de certaines tâches de pré ou post-production et il serait mensonger de crier à l’IA partout sur ce que l’on voit concrètement à l’écran. Néanmoins, cela se ressent à un autre niveau : le sentiment qu’Animals est dirigé par la fainéantise.

On a l’impression que le long-métrage est une publicité de la part d’Affleck de ce que peut faire son entreprise, le film lui-même n’étant qu’un prétexte. Cela se ressent notamment dans plusieurs sous-intrigues qui apparaissent clairement comme du remplissage (l’adultère de madame Kimball) ou certaines scènes rajoutées. Animals semble faire le strict minimum en termes d’ambiance, de posture et d’implication des acteurs, mais volontairement. On en ressort avec cette sensation désagréable de s’être fait avoir, comme si Animals n’était qu’un appât à spectateurs pour d’autres ambitions. Et puisque le film marche sur Netflix, on peut dire qu’on a tous mordu à l’hameçon.

On mate en sachant qu’on se fait avoir.

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