L’importance du contexte. Nous étions invités pendant une journée par Koei Tecmo afin de tester leurs prochains titres. Après une pause repas sympathique, j’ai repris le chemin de la manette de PlayStation 5 pour la nouvelle session consacrée à Wo Long 2 : Wings of Ember, développé à nouveau par la Team Ninja, trois ans après Wo Long : Fallen Dynasty. J’étais heureux en ce temps-là, j’aimais la vie, j’aimais le jeu vidéo. Puis cet après-midi est venu me rappeler que le bonheur est éphémère, que la vie est vache et que dans jeu vidéo, la partie “jeu” est parfois la plus oubliée.
Wo Long 2 : Wings of Ember nous place dans la peau d’un nouveau personnage pendant la période très prolifique, vidéoludiquement parlant, des Trois Royaumes. Un petit côté Dynasty Warriors, autre titre majeur du studio. Sauf qu’ici, notre cher Cao Cao a fait appel à des forces obscures et qu’on va devoir évicérer des soldats et différents démons bien moches. Autre précision : le niveau donné à tester était la fameuse bataille des Falaises Rouges. Pas besoin d’autres niveaux de toute manière, puisque celui-ci m’a salement remis à ma place de petit joueur sans avenir. Snif.
Il faut avouer un secret : je n’ai jamais joué à Wo Long premier du nom, mais la réputation du titre le précède et on m’a vendu un jeu plutôt difficile. Oui, comme un Dark Souls quoi ? Ahaha, cette naïveté. Nous étions alignés et mes deux camarades à mes côtés se sont divisés rapidement en deux camps : celui qui a failli jeter sa console par la fenêtre et celui qui est resté bloqué aux premiers ennemis du niveau. Pendant quatre heures. Cela donne un aperçu de la difficulté du titre. Il se murmure que d’autres collègues, une minorité, ont réussi à terminer les Falaises Rouges, mais je considère encore ça comme une légende. De mon côté, j’ai réussi à atteindre le dernier boss, après m’être épuisé sur de simples PNJ pendant au moins deux heures. Puis, deux nouvelles heures plus tard, un pouce enflammé et une barre de vie adverse qui ne me fait que miroiter la possibilité d’un “peut-être que cette fois, c’est la bonne”, j’ai fini par renoncer. Fin des haricots rouges.
Il faut souffrir pour être Wo
Est-ce que cela sous-entend que Wo Long 2 est injouable ? Absolument pas. Au fond, le jeu allie bien coups à l’arme blanche, magie et transformation ultime pour enchaîner de jolies combos. Côté défense, les esquives sont à privilégier puisque leur timing offre de jolis contres, plus efficaces que les parades. Non, c’est juste que Team Ninja, des habitués du genre, nous délivre encore un jeu qui ne pardonne aucune erreur. Et puisque la caméra, pour le coup, a tendance à nous cacher un vilain adversaire dans les combats de groupe, l’erreur devient très humaine, l’autre mot pour dire trop courante.

On aurait même tendance à supposer que les développeurs sont de gros sadiques puisqu’ils trouvent ça beaucoup plus drôle de vous faire combattre dans un petit espace séparé par deux vagues de lave, non pas un, mais trois mobs bien énervés. C’est peut-être ce qu’il y a de plus frustrant avec Wo Long 2 Wings of Ember, cette sensation qu’il n’offre pas une difficulté croissante, il ne propose que des actions punitives. Des jeux comme Elden Ring ont su rendre la victoire belle dans la douleur, Wo Long 2 n’est peut-être que douleur. Pas par son gameplay ou ses graphismes, ni par son level design qui propose plusieurs tableaux plutôt jolis et bien mis en scène, juste parce qu’on a la sensation qu’il ne pense à aucun moment au côté plaisir d’un “jeu vidéo”, mais qu’il ne l’imagine que sous le prisme d’un challenge qui doit vous gifler au moindre réflexe manqué. Oui, plaisir il y a, mais il n’est pas du bon côté de l’écran (je jure avoir cru voir le crabe sourire quand il m’a mis ma vingt-deuxième déculottée).
Wings of Anger
Est-ce que Wo Long 2 Wings of Ember a donné une mauvaise impression avec cette phase de preview ? Il a surtout donné le sentiment qu’il ne m’était pas destiné et que plusieurs ajustements sont encore nécessaires afin de rendre l’expérience agréable. Les éléments y sont, mais l’ensemble mérite encore d’être rééquilibré, que ce soit dans l’interface d’évolution (assez confuse) comme dans la prise en main. L’univers est assez intriguant pour nous donner envie de l’explorer, alors aucune raison de nous en dégoûter aussi rapidement. Personne n’est venu ici pour souffrir.