En 2015, les équipes de Techland parvenaient à créer la surprise avec la sortie de Dying Light. Contrairement aux traditionnels jeux de survival, avec des zombies, le titre nous plongeait dans un jeu d’action, avec du parkour, et une ambiance assez exceptionnelle à la tombée de la nuit avec des créatures infectées encore plus redoutables. Entre l’ambiance sonore et visuelle, mais également la sensation de danger, tous les éléments étaient présents pour faire de Dying Light un excellent premier jeu pour lancer comme il se doit la saga.
Quelques années plus tard, après un développement difficile, Techland était de retour avec Dying Light 2 : Stay Human, qui reprenait globalement les codes du premier opus, sans forcément parvenir à créer la même sensation. Le « Whouahou effect » du premier jeu avait peut-être eu un trop gros impact pour permettre de réussir un second coup aussi efficace.
Cette année, le studio polonais est de retour avec un troisième opus : Dying Light : The Beast. Le principal événement, c’est le retour de Kyle Crane, le héros du premier jeu. Est-ce que cela sera suffisant ? Ce nouvel opus parviendra-t-il à nous surprendre ? On fait le point.
Dying Light : The Beast : des monstres, toujours plus de monstres

Ce nouvel opus de Dying Light nous plonge de nouveau dans la peau de Kyle Crane. Le titre débute dans un mystérieux laboratoire. On comprend que Kyle est retenu prisonnier, contre son gré, depuis plusieurs années. Il subit d’atroces tests inhumains, aux côtés d’un autre sujet. Suite à différents événements, Kyle parvient à s’échapper de ce centre de recherche.
Une fois lâchés dans la nature, nous découvrons la sublime région de Castor Woods, qui sera notre nouveau terrain de jeu. C’est à ce moment-là que les premiers éléments du puzzle commencent à s’assembler. On apprend qu’un homme, se faisant appeler le Baron, est à l’origine de la captivité de Kyle. Ce dernier réalisait des expériences étranges dans les laboratoires de son manoir qui surplombe la région de Castor Woods.

Ce Baron exploite le fameux virus que nous avons découvert avec le premier Dying Light et qui transforme la population en zombies. Grâce à ses recherches, le Baron est parvenu à créer ses propres infectés : les chimères. L’homme souhaitait étudier l’ADN et le corps de Kyle, un être hybride, mi-humain, mi-rapace, insensible au virus, pour créer la bête ultime.
Voilà le point de départ de ce Dying Light : The Beast. L’objectif de Crane va être de retrouver le Baron, pour stopper ses plans machiavéliques, et surtout, se venger des nombreuses années de tortures. Et pour cela ? Vous allez devoir explorer la région de Castor Woods et rencontrer des alliés qui seront prêts à vous aider dans votre quête.
Bienvenue à Castor Woods

Dès les premiers instants en liberté, on découvre la vaste étendue de la région de Castor Woods. C’est un lieu fictif, inspiré des Alpes. Nous sommes donc en Europe. Chaînes de montagnes, forêts, points d’eau et petite ville champêtre, le cadre de ce Dying Light : The Beast semble particulièrement agréable. Et, les nombreuses heures de jeu vont le confirmer.
Cette nouvelle MAP est vraiment plaisante à parcourir et à explorer, avec de nombreux lieux cachés et pas mal de zones à nettoyer. Bien entendu, le parkour est de retour, en étant encore plus fluide, grandement amélioré, et encore plus efficace. C’est un véritable plaisir d’enchaîner les runs. Que ce soit dans la nature, où Kyle peut courir sur les falaises pour atteindre l’autre côté d’un gouffre, se balancer de branche en branche et escalader les pylônes électriques.

Mais également en ville, où vous allez pouvoir courir sur les toits, traverser et visiter de nombreux immeubles et habitations, ou encore vous servir des rampes et câbles électriques pour rejoindre chaque partie de la ville. Le terrain de jeu de Castor Woods est clairement un bon point du titre.
Un cheminement (trop) classique
Mais, vous n’êtes pas ici pour faire du tourisme. Vous avez une mission, et elle ne va pas se réaliser toute seule. Très vite, Kyle doit commencer à se faire des contacts pour recueillir des informations et rallier des troupes qui auront elles aussi un intérêt de vouloir anéantir le Baron. C’est donc à partir de ce moment-là que Dying Light : The Beast tombe dans une approche très classique (et peut-être même trop) du jeu d’action en monde ouvert.
Le scénario vous mène auprès d’une première faction, qui va vous demander de l’aider, de lui rendre service, pour vous donner des informations en échange. Vous allez donc enchaîner les missions, qui ne seront pas forcément utiles dans votre quête principale de vengeance, pour arriver à vos fins. Peu à peu, vous allez rencontrer d’autres factions, plus investies dans votre envie de vengeance, puisque ces personnes ont, elles aussi, des comptes à régler avec le Baron.

Le principal souci, c’est que l’intrigue de ce troisième opus de Dying Light tient sur un post-it et semble être déjà vue et revue. Le titre est ainsi construit comme les deux précédents jeux. Vous enchaînez les nombreuses missions, qui n’ont, finalement, pas grand-chose à voir avec votre but final, mais qui sont nécessaires, pour vous permettre d’avancer et d’obtenir les informations primordiales pour atteindre le Baron. Cela accentue l’impression de jouer à une simple extension, plutôt qu’à un véritable nouvel opus. Rappelons qu’à la base, The Beast devait être un DLC de Dying Light 2.
Le contenu même des missions est similaire aux nombreuses missions que nous avons déjà effectuées à Harran (Dying Light) ou à Villedor (Dying Light 2). Vous devez aller réalimenter une centrale électrique. Infiltrer un nid de rapace. Vous devez courir, faire du parkour, être discret, prendre part à des gunfights avec les hommes du Baron. Tout est classique avec ce sentiment de déjà vu et d’un manque de renouveau. La principale nouveauté de cet opus est clairement le pouvoir de « la bête » que Kyle a pu obtenir suite aux nombreuses expérimentations du Baron. Hélas, là encore, ce n’est pas vraiment convaincant.
To Beast or not to Beast

Le pouvoir de « la bête » est, à la base, plus un problème, qu’une bénédiction. Suite aux nombreux tests effectués par le Baron au cours des années, l’ADN et le système nerveux de Kyle ne fonctionnent plus très bien. Ainsi, notre héros est sujet à des crises de colère qui lui font perdre le contrôle et qui le transforment peu à peu en bête.
Sur le papier, cela semble très intéressant, et l’on aurait pu imaginer que le jeu allait nous proposer un genre de contre-la-montre avec des crises de plus en plus récurrentes, violentes et incontrôlables qui allaient surgir à n’importe quel moment de notre périple. Hélas, ce n’est pas le cas. Le syndrome de la bête se transforme en véritable pouvoir qui devient un avantage au cours du jeu.

Les crises indiquent clairement que Kyle perd peu à peu le contrôle de son corps et de son esprit. Ce qui n’annonce rien de bon. Pourtant, nous apprenons très vite au cours de l’histoire, que tuer les chimères (donc, les monstres qui ont été créés par le Baron) et s’injecter une fiole de leur sang, permet de nous sauver et d’obtenir de nouvelles aptitudes. Ainsi, vous disposez d’un arbre de compétences pour améliorer votre pouvoir de la bête, pour le contrôler et le déclencher quand vous le voulez avec une simple pression des deux joysticks.
Le pouvoir devient alors extrêmement anecdotique. Il vous suffit de vous battre, à mains nues ou avec une arme de mêlée, pour augmenter votre jauge de « bête » et de vous en servir lorsque vous en avez le plus besoin. En mode bête, votre santé remonte à 100% (mais vous n’êtes pas invincible) et vous pouvez réaliser des attaques bien plus puissantes. C’est ni plus, ni moins, qu’une capacité supplémentaire. Dommage. Pas vraiment utile ni révolutionnaire.
Une sensation de redondance avec un cruel manque de nouveautés

En plus des missions très classiques et du pouvoir de « la bête » qui n’apporte pas grand-chose, ce Dying Light : The Beast souffre d’un manque de rythme et d’une sensation de redondance. Traquer les chimères pour faire augmenter votre niveau de « bête » est indispensable pour avancer dans l’histoire. Ce sont donc, toujours, des missions principales, qui vont s’alterner entre deux autres quêtes du scénario. Globalement, cela consiste toujours à faire la même chose : se rendre sur un lieu, activer un gaz qui attire la chimère, se battre, récupérer le sang, et la mission est réussie.
Le souci, c’est que vous avez une petite dizaine de chimères à traquer dans le jeu. Ainsi, le scénario tourne en rond et nous avons l’impression de faire toujours la même chose, entre coupés de missions de factions, qui ont, elles aussi, un air de déjà vu.

L’autre problème de ce jeu, c’est que vous ne disposez de quasiment aucune nouveauté. Le bestiaire est le même que les deux premiers jeux (hormis les chimères). Que ce soit au niveau des possibilités de gameplay (parkour, gunfight, amélioration, craft, grappin), des différents points de l’arbre de compétences, ou encore la possibilité de conduire un véhicule, tout a déjà été réalisé dans les deux premiers opus et nous n’avons, finalement, aucune nouveauté majeure.
Alors, c’est loin d’être catastrophique, puisque Dying Light : The Beast est très sympa. Il reprend la formule efficace de la licence. Nous avons toujours le plaisir de l’exploration et du parkour, avec cette ambiance unique à la tombée de la nuit. En revanche, nous n’avons clairement pas l’impression de jouer à un nouvel opus inédit. The Beast donne clairement l’impression d’être une extension. Et sur ce point, c’est assez regrettable.
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