Dans un marché de l’énergie en pleine ébullition, l’autoconsommation solaire n’est plus un simple gadget pour technophiles. C’est devenu une véritable quête pour réduire ses factures.
Anker, un géant bien connu pour ses batteries et chargeurs, l’a bien compris et propose depuis quelques mois l’Anker SOLIX Solarbank 3 E2700 Pro. Sur le papier, cette station d’énergie a tout pour plaire : une capacité généreuse, une belle puissance de charge solaire. Mais dans la vraie vie, ça donne quoi ? Pour le savoir, on a branché la bête et on a comparé les factures d’électricité, à un an d’intervalle.
Découvrir l’Anker Solix Solarbank 3 E2700 Pro
Unboxing et première impression : Anker ne déçoit pas
Dès l’ouverture du carton, le ton est donné. La Solarbank 3 Pro est une belle bête, pesant près de 30 kg sur la balance (29,2 kg pour des dimensions de 460 x 254 x 279 mm).. Le design gris mat est sobre et élégant, mais c’est surtout la sensation de robustesse qui impressionne. Certifiée IP65, elle est conçue pour affronter les caprices de la météo, qu’il pleuve ou qu’il gèle, sans broncher (-20 °C à 55 °C).

Anker promet une installation « plug-and-play », et pour l’unité principale, c’est globalement vrai. Les connecteurs sont standards (MC4), le manuel est clair (en anglais dans notre cas, mais avec des schémas simples à comprendre), et en quelques minutes, la batterie est prête à l’emploi. Une simplicité qui séduit d’emblée.
Attention quand même, il faut avoir de la place dans son jardin ou un très grand balcon pour positionner les panneaux. Au départ, je pensais installer les deux panneaux RS50B (540 W) sur un balcon, mais ces derniers sont imposants (2 278 x 1 134 x 30 mm). J’ai finalement pu les déplacer dans le jardin d’une maison dans le sud de la France, dans lequel ils ont bénéficié d’un ensoleillement pendant une large partie de la journée. Ces panneaux certifiées IP68 revendiquent une durée de vie de 25 ans et un rendement de 84,8 %.
Notez d’ailleurs que l’inclinaison est loin d’être optimale, car je n’ai pas de supports de fixation au sol.
Pour ce test, Anker m’a envoyé un kit complet contenant:
- Une batterie Anker SOLIX Solarbank 3 E2700 Pro : 1 499 euros
- Un Smart Meter Anker SOLIX : 129 euros
- Deux panneaux solaires Anker SOLIX RS50B (540 W) : 2 x 349 euros = 748 euros
- Trois prises intelligentes Anker SOLIX : 3 x 39 euros = 117 euros
- Huit câbles d’extension pour panneaux solaires : 8 x 49,90 euros = 399,20 euros
La facture est déjà élevée et il est possible d’ajouter encore des éléments, dont des panneaux supplémentaires et des batteries d’extension.
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Des caractéristiques techniques qui mettent la barre très haut
Là où la Solarbank 3 Pro cherche à distancer la concurrence, c’est sur sa fiche technique. Et il faut avouer qu’elle est intéressante
Pour commencer, la capacité de base atteint 2,688 kWh, ce qui est déjà confortable pour avoir un réel impact sur la consommation d’un foyer. Mais le vrai plus, c’est sa modularité. On peut empiler jusqu’à cinq batteries additionnelles pour atteindre une capacité de plus de 16 kWh, de quoi voir venir.

Cependant, la véritable innovation se cache du côté de l’entrée solaire. La Solarbank 3 Pro peut encaisser jusqu’à 3 600 W de panneaux solaires, répartis sur quatre entrées MPPT indépendantes. Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? On peut y brancher jusqu’à huit panneaux, même s’ils ont des orientations différentes (est-ouest, par exemple) ou sont partiellement ombragés. Chaque groupe de panneaux est optimisé indépendamment, maximisant ainsi la production d’énergie tout au long de la journée.
Une sortie de secours et une charge bidirectionnelle bienvenues
Anker a également pensé aux détails qui font la différence. La batterie intègre une prise de secours capable de délivrer 1 200 W en cas de coupure de courant. De quoi faire tourner un réfrigérateur, une box internet ou quelques lumières. Attention toutefois, le système d’Anker n’est pas là pour prendre le relai en cas de coupure de courant. Par défaut, la batterie se met en sécurité et il faudra passer par cette prise pour brancher des équipements.

Autre atout : la charge bidirectionnelle. La batterie peut non seulement se charger via les panneaux solaires, mais aussi directement sur le réseau électrique. C’est particulièrement malin pour les abonnés aux tarifs heures creuses/heures pleines, qui peuvent ainsi « faire le plein » la nuit à bas coût pour utiliser cette énergie en journée lorsque les prix grimpent.
L’intelligence artificielle au cœur du système : la promesse d’Anker
Le mot est lâché : « IA ». Anker met en avant son système « Anker Intelligence » comme le cerveau de l’opération. L’idée est simple : rendre la gestion de l’énergie totalement autonome et optimisée. Le système analyse en permanence les prévisions météo, vos habitudes de consommation et même les tarifs dynamiques du marché de l’électricité (via Nord Pool).
Par exemple, si une journée nuageuse est annoncée, la batterie va intelligemment se charger sur le réseau pendant la nuit, quand l’électricité est moins chère. C’est une approche proactive qui vise à maximiser les économies.
Cependant, il y a un « mais ». Pour que cette magie opère, un accessoire est quasi indispensable : le Smart Meter. Ce petit boîtier, qui se place dans le tableau électrique, est celui qui mesure en temps réel la consommation de la maison. Son installation devient indispensable pour ajuster la décharge de la batterie à la consommation exacte de la maison, mais elle est un peu plus complexe pour les néophytes et nécessite souvent l’intervention d’un électricien, ce qui nuance un peu le discours « 100 % plug-and-play ».
L’épreuve du feu : plus de 100 € économisés en 45 jours
Rien de mieux que des chiffres pour juger de l’efficacité d’un produit. On a donc comparé les consommations et les factures pour les mois de juillet et août.
Le point de départ : un été 2024 à près de 300 euros
Avant l’installation du kit solaire Anker, la situation était classique. Pour les mois de juillet et août 2024, la consommation totale s’élevait à 1 100 kWh, pour une facture de 299 euros.
Un an plus tard, un impact immédiat
Avance rapide à l’été 2025. La Solarbank 3 Pro a été installée et mise en service le 15 juillet. Sur la même période de deux mois, mais avec seulement un mois et demi de fonctionnement réel, la consommation prélevée sur le réseau EDF a chuté à 777 kWh, faisant tomber la facture à 184 euros.
L’application Anker nous indique un gain d’environ 104 euros tandis que l’économie nette atteint 115 euros sur la facture. La différence peut s’explique par « l’autoconsommation directe » : une partie de l’énergie solaire alimente instantanément vos appareils sans être comptabilisée par la batterie, mais elle réduit bien votre facture. On peut aussi relever une légère baisse de consommation qui peut aussi expliquer cette différence.
Notez que ces résultats sont obtenus sans utiliser le Smart Meter, que je n’ai pas pu ajouter à mon installation. Dans l’application Anker, j’ai opté pour le « mode personnalisé » qui permet de definir la puissance de sortie selon les besoins. Concrètement, j’ai demandé au système d’alimenter la maison durant les plages horaires des heures pleines et les pics habituels de consommation. Le reste du temps, j’ai fait en sorte de stocker l’énergie dans la batterie et profité, grâce à l’ensoleillement dans le sud de la France, du surplus (lorsque la batterie atteint 100 %) directement réinjectée pour alimenter le foyer.
Le talon d’Achille : comprendre la double limite à 1 200 W
C’est ici que le test devient un peu plus technique, mais c’est un point crucial. La Solarbank 3 Pro est soumise à non pas une, mais deux limitations à 1200 watts, qu’il ne faut pas confondre.
La prise de secours : pour les urgences
Comme évoquée précédemment et en cas de panne de courant, une prise dédiée sur la batterie peut alimenter vos appareils essentiels (frigo, box internet, TV, chargeurs). Cette prise est limitée à 1 200 W. C’est une sécurité, pas un défaut.
L’injection réseau : le vrai goulot d’étranglement
Le point le plus frustrant concerne l’injection de l’énergie dans votre maison au quotidien. Par défaut, la Solarbank se branche sur une prise murale standard (type Schuko). Pour des raisons de réglementation et de sécurité, la puissance maximale que l’on peut injecter via une telle prise est bridée à 1 200 W.
Concrètement, même si vos huit panneaux solaires produisent 3 000 W en plein midi, la batterie ne pourra renvoyer que 1 200 W dans votre réseau domestique pour alimenter vos autres appareils. Que devient le reste ?
Le surplus (3 000 W – 1 200 W = 1 800 W) est utilisé pour recharger la batterie. Lorsque cette dernière est pleine,et si la production solaire dépasse toujours les 1 200 W d’injection, cet excédent est purement et simplement perdu. Ce point spécifique et ce bridage peut être un handicap sérieux sur les grosses configurations, mais cela concerne surtout des utilisateurs avertis qui ont déjà conscience de cette limitation.
Surdimensionner ses panneaux : est-ce une erreur ?
Alors, installer huit panneaux (plus de 3 000W de puissance) est-il inutile ? Pas forcément. Ce bridage est surtout visible lors des longues journées d’été. En hiver, où l’ensoleillement est plus faible, cette grande surface de panneaux devient un atout pour produire suffisamment d’énergie et sera rarement bridée. C’est donc un compromis entre performance estivale et viabilité hivernale.
Dans le cas de ce test, le problème ne s’est pas posé avec seulement deux panneaux solaires installés.
L’autre point qui fâche, surtout pour les amateurs de domotique, reste l’écosystème fermé d’Anker. La Solarbank 3 Pro ne dispose pas d’API locale, ce qui signifie qu’elle dépend entièrement du cloud du fabricant pour fonctionner. Pas d’internet ? Pas de gestion intelligente. Cette dépendance pose des questions sur la pérennité du service et la confidentialité des données. Des solutions non officielles existent pour l’intégrer à des systèmes comme Home Assistant, mais elles sont souvent bancales, avec des déconnexions et des données qui arrivent avec plusieurs minutes de retard.
Prix et concurrence : la Solarbank 3 Pro est-elle un bon investissement ?
Positionnée comme un produit haut de gamme, la Solarbank 3 Pro n’est pas donnée. Il faut compter environ 1 499 euros pour l’unité de base. À cela, il faut ajouter le coût du Smart Meter (environ 129 euros) et des éventuelles batteries d’extension (environ 899 euros pièce). L’investissement total peut donc grimper rapidement.
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Face à elle, des concurrents comme Zendure avec son SolarFlow ou EcoFlow avec son PowerStream proposent des solutions également très performantes. Anker se distingue par sa puissance d’entrée solaire supérieure et sa construction robuste.
Le retour sur investissement dépendra fortement de votre profil. Pour une personne absente de la maison toute la journée, qui ne consomme donc pas l’électricité produite en direct, une batterie de ce type est presque indispensable pour rentabiliser son installation solaire.
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