Le premier robot aspirateur de DJI, le Romo P1, est sorti l’an dernier et il avait surpris pas mal de monde, puisque la marque est surtout connue pour ses drones et ses caméras de poche. Le robot était très bon en navigation, grâce à des capteurs qui viennent directement des drones de la marque, mais il était vendu 1 899 euros, ce qui le réservait à quelques passionnés. Le Romo P2 est disponible depuis le 3 septembre 2026 au prix catalogue de 1 299 euros, et on le trouve déjà autour de 999 euros chez certains revendeurs. Pour ce prix, DJI garde le même robot et ajoute un bras de lavage, des jambes pour franchir les seuils et une aspiration plus puissante. J’ai utilisé le Romo P2 pendant une semaine chez moi pour voir ce que ces nouveautés changent au quotidien.
Un design transparent toujours aussi atypique
Le Romo P2 reprend le boîtier semi-transparent du Romo P1, qui laisse voir une partie des composants. Les couleurs sont un peu plus claires que sur le premier modèle, qui avait des touches de gris et d’orange. À noter que DJI propose aussi un Romo A2 à partir de 1199 euros, il s’agit du même robot mais avec une station blanche, sans le désodorisant de sol et sans le traitement UV.
Le robot mesure 9,8 cm de haut pour 35 cm de diamètre. Il passe sous la plupart des canapés, mais il est plutôt haut pour un robot à serpillières rotatives, et c’est ce qui m’a posé le plus de problèmes pendant le test. Chez moi, le Romo P2 s’est coincé plusieurs fois sous des meubles qui étaient un peu trop bas pour lui. Dans ce cas le robot force pour passer, il n’y arrive pas, et le dessus transparent se raye assez facilement (DJI met en garde contre ce souci dans l’application). C’est dommage parce que ce dessus transparent est justement ce qui fait l’originalité du produit. Je vous conseille donc de mesurer la hauteur sous vos meubles avant d’acheter le Romo P2, et de placer des zones interdites dans l’application si certains meubles sont trop justes.
Autre petit défaut, le câble d’alimentation de la station pend à l’arrière et DJI n’a prévu aucun rangement pour le cacher.
La navigation reste le gros point fort du Romo P2
Pour se repérer, le Romo P2 utilise deux caméras fisheye à l’avant et un LiDAR 3D, avec un second LiDAR sur le côté qui lui permet de s’approcher des murs et des meubles. Il y a aussi deux LED sous le robot, qui servent à repérer les débris et à éclairer le sol quand il fait sombre. La cartographie se fait automatiquement lors du premier passage et le robot reconnaît les pièces tout seul, le résultat ressemble beaucoup à ce que propose Roborock. En revanche, la carte est moins facile à modifier ensuite dans l’application.
Pendant mes semaines de test, je n’ai eu aucun problème avec la détection des obstacles. Le Romo P2 a évité les câbles, les chaussettes et les pinces à linge qui traînaient au sol, et il a aussi repéré des objets plus difficiles comme des élastiques à cheveux ou un sac plastique transparent. DJI précise toutefois que la détection fonctionne seulement à partir d’un certain niveau de luminosité et sur des surfaces mates. Par ailleurs, contrairement aux robots de Roborock, le Romo P2 n’identifie pas les meubles (canapé, table, fauteuil) pour les afficher sur la carte.
Le robot est aussi très silencieux quand il se déplace d’une pièce à l’autre, on n’entend pas le moteur et l’aspiration démarre seulement quand le nettoyage commence.
Quant aux seuils, le Romo P2 est équipé de jambes mécaniques qui lui permettent de franchir une marche de 4 cm. DJI annonce aussi 8,5 cm, mais il faut préciser que ce chiffre correspond à deux marches successives, une première de 4 cm maximum, puis une zone plate de 20 à 22 cm, puis une seconde marche de 4,5 cm maximum. Le robot ne peut donc pas monter une marche de 8,5 cm d’un seul coup. Ces jambes sont également utiles pour monter sur les tapis épais sans les déplacer.
Le bras de lavage : la vraie nouveauté
Sur le Romo P1, la tête de lavage était fixe. Sur le Romo P2, elle est remplacée par un bras qui pivote jusqu’à 123° et qui dispose de son propre LiDAR. Ce bras va 7,8 cm plus loin que l’ancien système, soit environ 12,4 cm au total, ce qui reste moins que les 17 cm annoncés par Dreame sur son X60 Pro.
À l’usage, j’ai vu la différence dès les premiers passages. Le bras suit bien le contour des meubles et des murs, et il arrive à passer sous la porte du réfrigérateur alors que le robot ne peut pas y aller. Quand le robot tourne autour d’un pied de meuble, le bras garde sa position, ce qui évite de laisser une bande qui n’a pas été lavée comme c’est souvent le cas avec les autres robots. Les angles à 90° sont en revanche moins bien traités.
Quand le Romo P2 détecte un liquide au sol, il commence par laver autour de la zone, puis il relève sa brosse principale pour ne pas étaler la tache et il revient dessus avec son bras. Il retourne ensuite à la station pour laver ses patins avant de finir le nettoyage.
Il y a tout de même deux choses à savoir sur le lavage. Les patins ne peuvent pas être laissés à la station quand on veut seulement aspirer, ils se relèvent de 15 mm et ce n’est pas toujours suffisant sur un tapis épais, qui peut être légèrement mouillé. Par ailleurs, DJI utilise toujours deux serpillières rotatives alors que certains concurrents sont passés à un rouleau alimenté en eau propre, le résultat est très bon mais ce n’est plus la technologie la plus récente.
Une aspiration plus puissante, mais peu de différence à l’usage
DJI annonce une aspiration de 36 000 Pa sur le Romo P2, contre 25 000 Pa sur le Romo P1. L’écart est important sur la fiche technique mais on ne le ressent pas vraiment au quotidien, il faut dire que le premier modèle était déjà bon sur ce point. Sur les sols durs le résultat est très bon, les deux brossettes latérales ramènent bien les débris vers la brosse principale. Sur les tapis l’aspiration est correcte mais le Romo P2 n’est pas au niveau des meilleurs robots haut de gamme. DJI a pourtant ajouté une plaque qui vient appuyer sur le tapis pour mieux aspirer (jusqu’à 30 % de poussière en plus selon la marque) et l’arrière du robot se relève pour ne pas pousser le tapis. Sur les tapis à poils longs il reste quand même des résidus, comme avec la plupart des robots.
Le Romo P2 adapte aussi son aspiration à ce qu’il voit. S’il détecte des miettes ou de la litière, il ralentit ses brossettes pour ne pas les projeter et il augmente ensuite la puissance sur la zone. La brosse principale est en deux parties et je n’ai pas constaté de cheveux enroulés autour pendant le test.
En ce qui concerne le bruit, on entend le robot pendant le nettoyage mais ce n’est pas gênant. J’ai mesuré environ 50 dB(A) en mode normal et 57 dB(A) en mode max à 1,5 mètre, et DJI annonce 38 dB quand le robot lave sans aspirer. La marque parle aussi d’une réduction de 85 % de l’énergie sonore par rapport au Romo P1, mais ce chiffre est à relativiser puisque le niveau sonore officiel passe seulement de 56 à 54 dB(A).
L’entretien du robot est un peu moins pratique. Il faut un tournevis pour retirer les brossettes latérales, ce qui est contraignant si vous avez des animaux et que vous devez les nettoyer souvent. De plus, le filtre du bac à poussière n’a pas de micro-grille pour le protéger, contrairement au Narwal Flow ou à l’Ecovacs X12, et il risque donc de se boucher plus rapidement.
Voici quelques photos du Romo P1 pour voir que visuellement les différences sont très légères !
Une station qui demande peu d’entretien
La station du Romo P2 vide le bac à poussière du robot, lave les patins avec de l’eau chaude jusqu’à 80 °C (contre 60 °C sur le Romo P1) et les sèche à l’air chaud. Pendant le test, j’ai seulement eu à remplir le réservoir d’eau propre une fois tout les 5 jours (il fait 4 litres), et à vider le réservoir d’eau sale de 3,2 litres une fois par semaine. DJI annonce jusqu’à 365 jours sans avoir à nettoyer la planche de lavage, mais cette promesse concerne uniquement cette partie de la station et elle a été mesurée en laboratoire. Chez moi la planche est restée propre, et c’est une bonne chose car elle n’est pas amovible et elle est difficile d’accès.
En revanche, le détergent et le désodorisant de sol fonctionnent avec des recharges propriétaires. Il faut compter environ 35 euros pour les recharges officielles et une vingtaine d’euros pour des recharges compatibles.
Autonomie, application et caméra
Le Romo P2 a une batterie de 5 000 mAh (72 Wh) et DJI annonce jusqu’à 180 minutes d’autonomie en aspiration seule et en mode silencieux. Dans une maison de 75 m², un nettoyage complet en mode standard dure environ 90 minutes et il reste 40 % de batterie à la fin. La charge complète prend environ 2h30. Quand le robot revient à la station au milieu d’un nettoyage, la recharge est assez lente, DJI indique qu’il récupère environ un quart de la batterie en 30 minutes, alors que l’Ecovacs X12 récupère 13 % en trois minutes.
L’application DJI Home est simple à utiliser. Il faut un réseau Wi-Fi en 2,4 GHz pour connecter le robot, et on retrouve ensuite les fonctions habituelles comme le nettoyage pièce par pièce, les zones interdites ou la gestion de plusieurs étages. Il y a aussi des réglages pour les foyers avec des animaux, par exemple une détection renforcée pour la litière. Il est possible d’ajouter soi-même un tapis ou des rideaux sur la carte, et de choisir si le robot doit éviter les tapis, les traverser ou les aspirer.
L’application a toutefois quelques limites. On ne peut pas indiquer le type de sol, et l’assistant vocal n’est pas disponible en français (il fonctionne en anglais, à condition d’être près de la station). Autre point, si vous activez l’option qui permet d’éviter les objets bas, le robot peut considérer un tapis épais comme un obstacle. Il vaut donc mieux bien indiquer vos tapis sur la carte.
Le Romo P2 peut aussi servir de caméra. L’application affiche en direct ce que voit le robot, on peut le diriger avec un joystick virtuel et il est possible de parler et d’écouter à distance. Lors de mon test, l’image était correcte avec un peu de latence, le son était moyen mais le pilotage était précis. C’est suffisant pour vérifier une pièce ou pour surveiller un animal qui est resté seul.

Pour rappel, le premier Romo avait été concerné par une faille de sécurité découverte par un développeur français, qui permettait potentiellement de prendre le contrôle de milliers de robots à distance et d’accéder à la caméra et au micro. DJI avait corrigé le problème rapidement et affirmait n’avoir constaté aucun détournement de données. Sur le Romo P2, il faut désormais un mot de passe défini par l’utilisateur pour accéder à la caméra et au micro, alors qu’un simple code PIN suffisait avant. Les photos des obstacles peuvent être supprimées automatiquement après 14 jours, et DJI annonce pour la fin de l’année 2026 un mode qui permettra de couper complètement l’accès du robot à internet.
Prix et disponibilité
Le Romo P2 commercialisé à 1 299 euros se trouve déjà aux alentours des 1000 euros les enseignes. Le Romo A2 est proposé à partir de 1 199 euros. Quant au premier Romo P1, qui avait été lancé à 1 899 euros, il se trouve aujourd’hui autour de 900 euros.
Les deux générations sont très proches, elles ont la même taille, la même batterie et le même design transparent. Le Romo P2 apporte surtout le bras de lavage (12,4 cm de portée contre 4,6 cm) et un meilleur franchissement des seuils (4 cm contre environ 2,5 cm). Si vous avez déjà un Romo P1, il n’est donc pas nécessaire de le remplacer. Si vous n’avez pas encore de robot DJI, le Romo P2 est le modèle à prendre en considération !


































































