Sonos dégaine une nouvelle itération de son casque phare avec une cible dans le viseur : les ténors comme le Sony WH-1000XM6 et le Bose QuietComfort Ultra. L’objectif est aussi de faire oublier les galères logicielles traversées par la marque en 2024. Un pari osé pour le fabricant américain, mais avec le déploiement de l’architecture Sonos 27, l’heure est au renouveau et aux bases saines.
Sur le papier, cet Ace Ultra a de quoi séduire les technophiles. Lancé à 449 euros — soit une baisse très appréciable de 50 euros par rapport au lancement de la première génération (qui reste au catalogue à 379 euros) — il promet une réduction de bruit boostée, une grosse autonomie et une connectivité aux petits oignons. Mais c’est surtout sur le terrain de la réparabilité et de la fusion avec l’écosystème maison qu’on l’attendait au tournant. Voici notre verdict complet après plusieurs jours de test intensif.
Design & durabilité : look premium et pari écolo (enfin) gagnant
Dès l’ouverture de la boîte, le Sonos Ace Ultra respire le haut de gamme. S’il reprend les grandes lignes esthétiques de son grand frère, le design est toujours aussi clinique et soigné. Nous avons eu entre les mains le superbe coloris « agave », une teinte originale et subtile qui change des sempiternels noir, blanc ou sable, également disponibles.
L’assemblage est millimétré, sans aucun jeu ni craquement cheap quand on le manipule. L’arceau coulisse avec une fluidité exquise, prouvant le grand soin apporté à la fabrication. Ses mensurations (193 x 163 x 90,8 mm) lui permettent de garder un profil épuré sur le crâne.
Sur la balance, c’est un beau bébé de 322 grammes, soit un poil plus lourd que ses rivaux directs. Mais Sonos a bien bossé l’ergonomie pour en limiter l’impact. Les nouveaux coussinets à mémoire de forme sont un peu plus profonds pour s’adapter à toutes les morphologies, et le résultat est bluffant. Le confort est royal : lors de notre test, on a pu le porter des heures d’affilée sans aucune douleur ou pression sur le sommet du crâne ou les oreilles.
Le vrai « game changer » de ce design, c’est son orientation écoresponsable. Les coussinets magnétiques se changent en un clin d’œil, mais surtout, la batterie est désormais remplaçable via un kit optionnel vendu 25 euros. Une excellente initiative qui anticipe les normes européennes de 2027 et promet une très belle longévité à l’appareil.
Ergonomie : mort au tactile, vive les boutons physiques !
Oubliez le tactile capricieux, Sonos mise sur des boutons physiques, et c’est un vrai bonheur au quotidien pour éviter les fausses manipulations. Le cœur de l’ergonomie repose sur la « Content Key ». Ce bouton multifonction ultra-intuitif permet de gérer le volume, de prendre un appel, mais surtout de basculer le son entre le casque et votre système Sonos domestique. Ça tombe parfaitement sous le pouce et on prend le coup de main en quelques minutes.
Côté capteurs, la détection de port est de la partie. La musique se met en pause quand vous retirez l’Ace Ultra et reprend illico quand vous le remettez. C’est un grand classique à ce prix, mais l’exécution est d’une fluidité irréprochable. Enfin, le casque est fourni avec un bel étui de transport rigide qui cache une petite pochette à fixation magnétique pour ranger les câbles inclus : un USB-C vers USB-C et un autre jack 3,5 mm vers USB-C.
Logiciel & multiroom : la magie de l’écosystème maison opère enfin
Pour exploiter la bête à 100 %, le passage par l’application Sonos (récemment refondue) est inévitable. Et c’est bien sur le terrain logiciel que l’appareil dévoile son plein potentiel, propulsé par la nouvelle architecture Sonos 27.
La plus grande frustration du premier modèle s’envole : l’Ace Ultra s’intègre enfin complètement et parfaitement à l’écosystème multiroom. Via la technologie « Headphone Linking » (rendue possible par la puce Headphone Engine 2 et le Wi-Fi), un appui long sur un bouton dédié permet de basculer instantanément la musique de n’importe quelle enceinte Sonos vers le casque, et inversement. Fini la limitation à la seule barre de son TV, le système est totalement libéré. Passer de son salon à l’intimité de son casque sans la moindre coupure est un réel avantage au quotidien, qu’aucune autre marque ne propose.
L’appli intègre aussi un égaliseur graphique ultra-complet à 8 bandes, avec des réglages de gain et de balance pour sculpter le son selon ses envies. Mieux encore, un égaliseur adaptatif ajuste le son en temps réel selon la position du casque ou les éventuelles fuites d’air liées au port de lunettes, casquettes ou aux cheveux.
Rayon connectivité pure, c’est un sans-faute : Bluetooth 6.0 flambant neuf et support du multipoint pour connecter son PC et son smartphone en même temps. Les technophiles et audiophiles apprécieront le support des codecs aptX sur les smartphones Android compatibles. Pour les puristes, le port USB-C permet une écoute filaire grimpant jusqu’à 16 bits/48 kHz, tandis que le câble USB-C vers jack 3,5 mm assure la compatibilité avec vos anciennes sources.
ANC & transparence : 10 micros sur le pont pour faire la guerre au bruit
Sur le champ de bataille de la réduction de bruit active (ANC), Sonos a revu sa copie en intégrant 10 microphones, contre 8 auparavant. La promesse du constructeur ? Une efficacité doublée.
En pratique, notre verdict est nuancé mais très positif. Le bond en avant par rapport au premier Ace est indéniable. Les basses fréquences (bourdonnements de réacteurs d’avion, bruit sourd du train) sont littéralement annihilées avec maestria. Toutefois, face aux cadors absolus (Sony, Bose ou Apple), il galère encore un petit peu à étouffer complètement les voix environnantes dans un open space ou un café bruyant.
Le mode transparence, lui, est une réussite. Le rendu sonore de votre environnement est d’un naturel bluffant, parfait pour rester alerte sans ressentir le besoin d’enlever le casque.
L’utilisation en kit mains libres fait très bien le job. L’algorithme masque très bien les bruits de fond pour votre interlocuteur, même en pleine rue. Certes, ce traitement rend votre voix un chouïa moins naturelle, mais elle reste parfaitement claire et intelligible. On valide aussi à 100 % la fonction Sidetone qui vous fait entendre votre propre voix pour éviter de hurler inutilement quand l’ANC est activé.
Qualité audio : une claque spatiale, mais un léger manque de mordant
C’est sur les performances acoustiques que ce modèle haut de gamme est le plus attendu au tournant. L’Ace Ultra s’arme de nouveaux transducteurs dynamiques de 40 mm, épaulés par le moteur de traitement Headphone Engine 2.
Dès les premières minutes, c’est la spatialisation qui met une claque. Que ce soit sur des mixages stéréo classiques ou sur du Dolby Atmos, le rendu spatial est une réussite absolue. La scène sonore déploie une largeur rare pour un casque fermé, avec une séparation chirurgicale des instruments. L’immersion grimpe encore d’un cran avec la fonction TrueCinema, qui récupère le flux d’une barre de son Sonos et y applique un head-tracking dynamique pour bien ancrer le son dans la pièce.

La signature sonore reste très fidèle à l’ADN Sonos : on est dans une ambiance chaleureuse, feutrée et très agréable sur la durée. Les médiums sont excellents, offrant un naturel confondant aux voix humaines. Autre énorme bon point : la distorsion est gérée d’une main de maître, même le volume poussé à fond, le signal reste d’une propreté exemplaire.
Il y a quand même quelques concessions. La douceur générale frustrera un peu les puristes : les aigus manquent de punch (un trait heureusement rattrapable avec l’égaliseur 8 bandes de l’appli). Plus embêtant, les hauts-médiums manquent de tranchant, ce qui se ressent cruellement sur les riffs de guitare rock ou metal qui peinent à mordre l’oreille.
Dans le bas du spectre, les basses profondes sont bien là et très enveloppantes, mais elles peuvent manquer d’impact physique et de rapidité sur les attaques de grosse caisse. Enfin, la dynamique manque un peu de folie. Sur de la musique classique symphonique avec de grands écarts de volume, le casque lisse un peu trop l’ensemble, freinant l’émotion brute.
Autonomie : un vrai marathonien avec charge express
L’autonomie, nerf de la guerre sur un casque nomade, ne déçoit pas sur ce Sonos Ace Ultra. Le constructeur annonce jusqu’à 35 heures d’écoute avec la réduction active du bruit activée.
Pendant notre test en conditions réelles (Bluetooth, volume à 50 %), on a chronométré un excellent score de 32 heures et 46 minutes avant l’extinction complète. Une très belle perf qui le place très confortablement face à ses rivaux dans cette gamme de prix.
Et si vous êtes à sec juste avant de partir, la charge rapide fait des miracles : seulement 3 minutes branché en USB-C suffisent pour récupérer 3 heures de musique.
















