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[Test] Tattletail – Au moins, vous aurez une vraie raison d’avoir peur des Furby [PC]

Par Corentin le

Pour comprendre à quoi on a affaire avec Tattletail, il faut d’abord cerner le fait que Ben Esposito est un petit rigolo. Le développeur aime aller...

Pour comprendre à quoi on a affaire avec Tattletail, il faut d’abord cerner le fait que Ben Esposito est un petit rigolo. Le développeur aime aller dans la dérision la plus crasse quand par exemple il crée un Bubsy’s Back! Bubsy 3d: Bubsy visits the James Turrell Retrospective ou un Sonic Dreams Collection (une compilation parodique de jeux Sonic dont un où il est possible de flirter avec), mais il lui prend également de faire des jeux sérieux. Comme en 2012, alors qu’il participe au level design de The Unfinished Swan sur PS3.

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Dans Tattletail, on est quelque part entre les deux, car rien que dans son concept, on sait qu’on n’est pas dans un jeu raisonnable. Tattletail propose au joueur d’incarner un jeune enfant qui, à quelques jours de Noël 1998, ne peut pas s’empêcher d’aller dans la cave en pleine nuit pour aller ouvrir son cadeau en avance. En l’occurrence, il s’agit d’un Tattletail. Mais si ! Ce jouet à la mode ! Cette sorte de petite peluche mécanique capable de parler et qu’il faut nourrir et brosser. Mais peut-être que vous les connaissez sous le nom de Furby ? Oui, ce SONT des Furby, ou en tout cas des succédanés de Furby. Bref, tout cela serait bien mignon, si la « Mama » de votre Tattletail n’était pas une machine à tuer. Cette version XXL du jouet prend un malin plaisir à vous attendre dans les recoins sombres de votre maison pour vous massacrer.

Le mélange des genres entre éléments de l’enfance et jeu d’horreur fait évidemment écho au célébrissime Five Nights at Freddy’s qui mettait en scène des automates animaliers tueurs. Les deux jeux partagent également un découpage en « 5 jours » et des jumpscares fort irritants en cas d’échec. Plus on avance dans le jeu et plus Tattletail va loin dans son aspect parodique et excessif. Il ne fait aucun doute, surtout quand on connaît le tempérament taquin d’Esposito, que le jeu se moque assez ouvertement de la saga de 2014 qui en est déjà à son 5e épisode hors spin off et jeux de fans.

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[nextpage title=”Le bruit et l’horreur”]

Avec sa vue à la première personne, Tattletail propose mine de rien un système de jeu plutôt élaboré essentiellement basé sur le son. En effet, un grand nombre d’actions à votre disposition provoqueront du bruit. Et du vacarme, il vaudra mieux ne pas en faire car cela attire Mama. Courir, par exemple, sera bruyant, mais aussi secouer régulièrement votre lampe torche pour la recharger (elle fonctionne sans piles) ou casser des vases pour y trouver des objets.

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Une autre source de bruit va cependant vous causer bien plus de problèmes : Tattletail lui-même. Durant de nombreuses phases de jeu, ce dernier se mettra à parler sans prévenir alors que vous l’aurez dans vos bras. Tattletail fera un vacarme permanent quand, au choix, il a faim, il est mal brossé ou s’il commence à se décharger. Si cela vous arrive, vous n’aurez alors plus aucune raison de ne pas courir ou de ne pas recharger votre lampe ; après tout, vous pourrez difficilement être moins discret. Pour faire fermer son clapet à la bestiole, il ne vous restera plus qu’à vous diriger vers le frigo, la brosse ou le chargeur en fonction de ses besoins indiqués par des barres qui se vident lentement dans un coin de l’écran.

Mama se déplace instantanément, principalement quand elle est loin et hors de portée. Ses yeux rouges luisants permettent au joueur de la repérer facilement, mais croisez son regard et votre lampe torche s’éteindra aussitôt. Regardez-la directement trop longtemps et c’est la mort. Une mort souvent assez frustrante dans la mesure où on ne comprend pas toujours pourquoi ni comment elle survient.

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Il vous incombera ainsi de toujours savoir où est Mama, tout en la gardant hors de vue. En cela Tattletail raille gentiment les jeux comme Slender: The Eight Pages dans lequel il fallait également éviter de regarder directement Slanderman. La créature se déplaçait instantanément – tiens donc – et elle cherchait absolument à entrer dans votre champ de vision, alors que votre objectif consistait à réunir les 8 pages d’un cahier réparties aléatoirement dans un parc abandonné. Cela ne vous étonnera donc pas si je vous apprends que durant une phase affreuse de Tattletail, vous serez enfermé avec Mama dans un endroit clos, à devoir chercher 5 objets dont les emplacements changent à chaque tentative.

[Tattletail est disponible sur Steam et coûte 5 euros.]

Notre avis

La plaisanterie est amusante, mais elle n’en reste pas moins une. À l’issue de la petite heure et demie de jeu, à vous de voir si cela valait vraiment la peine d’y mettre 5 euros plutôt que d’aller voir directement quelqu’un le faire en entier sur YouTube. Le système de bruits du jeu est intéressant, mais ne va pas assez loin pour que l’expérience se développe pleinement et qu’on comprenne comment s’y prendre avec Mama. L’esthétique du jeu qui pique à Stranger Things et la jingle synthwave font leur petit effet, mais peut-on vraiment juger un jeu uniquement sur la quantité de madeleines de Proust qu’elle vous apporte ? Prenez donc Tattletail comme il est, et surtout pas trop au sérieux. Il ne l’est pas vraiment.

7 / 10