Chronique du WE : Sea, Sex & Fun and Prise USB

Chronique

Par Lâm le

Hop, la barre psychologique du 14 Juillet est passée et nous voici en train de voir les amis partir les uns après les autres en vacances, en week-end, en trip sac à dos. Une occupation estivale tout ce qu’il y a de traditionnelle, mais aujourd’hui un peu plus compliquée pour nous les geeks. C’est vrai quoi, il faut se trimballer tout notre attirail à touches et écrans.

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Alors nous les hommes modernes, connectés, nomades… Sommes-nous tout simplement un peu ridicules lorsqu’il faut tout lâcher, partir, se déconnecter ? Assurément. Existe-t-il une solution ? Pas sûr.

Cet été, la Chronique du Week End risque de changer un poil de formule. Si certains d’entre vous partiront en vacances, je resterai avec les forts pour discuter tous les vendredis et débattre de l’actu de la semaine comme des thématiques de fond et des délires du moment. Mais là n’est pas l’important. L’important, c’est que dans la phrase précédente, il y a la proposition « certains d’entre vous partiront en vacances« . Et là, je me m’insurge et me lève : c’est pas juste. On pourra me rétorquer que la vie de journaliste nous fait partir à tout bout de champ un peu partout et je vous dirais que vous n’avez pas tort. Et j’en viens à mon point qui nous unit, vacanciers et voyageurs : le douloureux point du geek en déplacement prolongé.

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//MINCE, IL MANQUE UNE POCHE POUR MON ROUTEUR WIFI/3G

Si les moqueries sur les geeks, leurs obsessions et leurs besoins sont souvent aussi pertinentes que le « Cyprien » d’Elie Semoun (c’est à dire complètement dépassées), elles continuent d’avoir la peau dure lorsque nous sommes en déplacement. Tellement heureux de vivre avec Internet, jeux, boulot, film et musique à gogo et à disposition, la simple vision de se voir coupés de tant de conforts et de privilège nous emplit d’un effroi, le même qui nous tiraillait lorsque, en partant en colo, on devait choisir LE bon jouet.

Avec le temps, nous n’avons pas changé et pour chaque déplacement, c’est choix tactique, qui revient souvent à en prendre 10 fois trop (comme les fringues). Prenons mon cas personnel. Alors, qu’avons-nous ici :

Le départ prolongé : au moins 10 jours, vous devez emmener votre minimum vital avec vous. Pour moi, cela donnait

  • – Mon laptop principal
  • – Un casque anti bruit
  • – Une souris
  • – Deux appareils photo (reflex et compact)
  • – Un téléphone
  • – Une console de jeux

Le press tour de quelques jours, si je dois également travailler sur place

  • – Le même matos que pour le départ prolongé :'(

Le press tour relax court.

  • – Un iPad pour les films dans l’avion
  • – Un téléphone
  • – Un casque anti bruit
  • – Un appareil photo (reflex)

Une mini armada pour me sentir « au complet » et autonome. Le pire de tout ceci étant évidemment le panier garni de câbles et chargeurs. C’est bien simple, j’ai un sac dans mon sac, exclusivement dédié à rassembler câbles USB, blocs d’alimentation, lecteurs de cartes et autres accessoires. Nous en parlions il y a quelques temps avec Anh : un peu ironiques et un peu effrayés, nous nous sommes rendus compte que la partie la plus lourde et encombrante de nos valises, ce sont bien ces appareils « miniaturisés » et leur petite escorte de fils.

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Ah… Qui n’a pas eu tôt ou tard son énorme sac Crumpler ?

Anh qui soit dit en passant est obsédé pour trouver LE sac geek parfait, celui qui fera rentrer à l’exact sa config’ du moment : laptop + reflex, tablette + netbook… Évidemment, aucune solution miracle n’existe, les besoins n’étant jamais les mêmes (et Anh changeant de configuration comme de chemise AHEM). On peut bien se moquer des fashion victims et leur IT bags, on ne vaut pas beaucoup mieux…

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//WITH GREAT POSSIBILITIES COME GREAT RESPONSABILITIES

Du coup, nous voici dans une situation paradoxale. Les nouvelles technologies (que je déteste ce terme), massivement tournées vers le nomade ces dernières années, avançaient dans un but unique, un Graal : nous offrir tout, partout. Le maximum de notre expérience utilisateur. Et dans un sens, nous arrivons. Laptops surpuissants, autonomies dont on ne rêvait même pas en 2000, connexion wireless, appareils photo ultra-fins, téléphones ultra-smarts.

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Grid-It, une solution intelligente et compacte

Mais au final, on emmène avec nous des besoins modernes que l’on ne prenait pas auparavant. Pouvons-nous nous en passer quelques jours ? Oui, évidemment. Mais nous l’avons tous vécu tôt ou tard : un smartphone à l’étranger avec ladata coupée passe vite du statut d’objet indispensable à celui de petite brique bridée et frustrante (combien de fois avons-nous lancé machinalement Twitter ou le client email ?). Dur de revenir au XXe siècle.

Car le fardeau hi-tech n’est pas que matériel. Si mon petit doigt ne me trompe pas, dans quelques années nous aurons entre nos mains un appareil « unique » au sens où il pourra remplir correctement toutes les tâches vitales. Il aura sûrement la forme d’un smartphone de dans quelques générations, avec une vraie section photo, une autonomie monstre, une connectivité exhaustive, un stockage conséquent, des applications assez puissantes pour subvenir à tous nos besoins de consultation et de production, etc. Matériellement, nous serons alors libres, mais psychologiquement nous serons encore plus enchaînés à ce qui sera notre vie à emporter partout, tout le temps, sans répit.

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//LE NUDISTE DU XXIe SIECLE

Du coup, on tente la purge. Ces dernières vacances, je les ai passées sans autre appareil que mon smartphone et mon appareil photo. Oh, j’ai bien sauté sur le premier cyber café venu plus que de raison, mais globalement, comme un bon Alcoolique Anonyme en cure de désintox, je me suis retrouvé sobre pendant mes derniers voyages : 2 semaines et 1 mois, en éteignant même le téléphone pendant plusieurs jours, EXPLOIT.

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En press tour, je tente la même : appareil photo plus petit, tablette, téléphone et basta. On se contente d’un unique câble USB/chargeur pour tout le monde et mince alors, on tient le coup. L’appel du web reste globalement fort (syndrome « rho c’est dingue, faut que je le tweet »).

Si honnêtement je ne me sens pas capable de partir pour un temps certain sans aucune forme de technologie ou de connectivité, je pense qu’une fois l’euphorie du « ça y est, j’ai toute ma vie avec moi, partout » retombée, on peut faire des breaks. Il faut bien éviter le débat « vraie vie / vie virtuelle » car aujourd’hui, rendons-nous bien à l’évidence : notre « vraie vie » est connectée, quand notre existence déconnectée devient alors une parenthèse, une existence alternative et ponctuelle. C’est sur cette petite réflexion que je laisse les plus méchants d’entre nous terminer leur sac pour partir en vacances. Attention hein, c’est 25kg max par valise…

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“Les Chroniques du Week End sont des réflexions de Lâm Hua sur la culture et l’industrie geek. Elles engagent les opinions de leur auteur et pas nécessairement celles de l’ensemble de la rédaction du JDG.”