Bouygues fait mine de tendre la main à Free Mobile

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Par Jerome le

Il ne faut pas se laisser berner par les courriers pour le moins courtois que s’adressent les directeurs des grandes entreprises. Dans une lettre publiée par les Échos et adressée à Maxime Lombardi, à la tête de Free Mobile, Oliver Roussat, PDG de Bouygues Télécom, propose à son concurrent de l’aider à déployer son réseau.

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Aimable proposition qui sert en réalité à montrer à l’ARCEP, l’Autorité de la concurrence, Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin, qui ont reçu une copie de la missive, que Free n’a en réalité aucunement besoin de son aide.

L’idée est de dénoncer l’accord d’itinérance qui lie Free et Orange, tout en suggérant que le quatrième opérateur ne cherche pas plus que ça à développer son réseau. Et ce, en dépit de ses obligations réglementaires concernant sa couverture en propre : 75% de la population au début de l’année 2015.

Olivier Roussat, se dit en effet forcé de constater que Free Mobile “ne paraît pas avoir marqué un grand intérêt” pour les propositions de Bouygues qui avait transmis une liste de 6700 sites 2G et 3G pouvant accueillir le réseau de Xavier Niel.

Après diverses tractations les deux firmes sont parvenues à un accord qualifié de “modeste” pour 670 sites environ. Au total, cela donne un peu plus de 3000 sites pour Free ; il en faudrait à peu près 6000 pour répondre aux exigences réglementaires.

Olivier Roussat estime donc qu’il y a urgence, en mettant en garde Maxime Lombardi, ou plutôt l’ARCEP, sur la “trajectoire d’investissements” prise pour le déploiement du réseau. Rappelant au passage qu’il existe des “délais inhérents à l’exécution d’un programme cohérent de déploiement”, d’environs 18 mois souligne-t-il.