À Harvard, des caméras cachées filment les classes pour savoir si les élèves sont là

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Par Henri le

L’université d’Harvard a une manière bien particulière de vérifier la fréquentation des salles de classes. Le problème, c’est qu’elle n’a prévenu personne.

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Il est bien difficile de quantifier la fréquentation des salles de cours dans un grand établissement comme Harvard. Afin d’avoir une meilleure idée sur la question, Peter K.Bol, vice-président de « l’Initiative for Learning and Teaching » a décidé le printemps dernier d’installer des caméras secrètes dans une dizaine de classes. L’université voulait ainsi savoir s’il existait des fluctuations dans les habitudes de présence des élèves, mais aussi des professeurs.

Mais pour que les résultats ne soient pas faussés par des étudiants s’étant fait passer le message, l’ILT a cru bon de n’avertir personne de la présence des dites caméras. Si l’initiative a permis de collecter des données intéressantes sur le taux de « remplissage » des sièges, elle a rapidement fait l’objet de vive critique de la part des principaux concernés et du corps enseignant.

De manière assez compréhensible, les étudiants ont déclaré que ce dispositif ne respectait pas leur vie privée, bien qu’aucun nom n’ait été dévoilé. L’ILT a également précisé que les clichés et images capturées avaient été détruits, et qu’ils ne se focalisaient pas sur des étudiants en particulier.

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Mais ce sont visiblement les professeurs qui ont été le plus surpris par la démarche. Peter Burgard, qui enseigne l’allemand, estime qu’il y a une nette différence entre une surveillance nécessaire et subie.

Nous savons qu’il y a des centaines de caméras dans tout Harvard, et nous acceptons qu’elles soient là pour la protection, la sûreté et la sécurité. Mais l’idée que des photographies soient prises dans une classe sans en informer les étudiants, et encore moins le professeur est quelque chose de très différent. C’est de la surveillance (traduction via NextImpact)

Même constat pour Harry Lewis, qui enseigne l’informatique, et qui s’est épanché dans les colonnes du Boston Globe.

Vous ne devriez mener des études qu’avec l’accord des gens qui seront étudiés […] Ce n’est pas parce que la technologie peut être utilisée pour répondre à une question qu’elle devrait l’être. Et si vous observez des gens de manière électronique et que vous ne leur dites pas avant, vous devriez au moins leur dire après.

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Mais pour Peter K. Bol, le sujet n’était pas l’humain en personne, et c’est bien un ensemble de données qui a été analysé. Drew Faust, la directrice d’Harvard a quand même signalé qu’elle prenait cette affaire « très au sérieux », et qu’un jury s’intéresserait à ce cas de plus près.

Ironie du sort, l’établissement avait récemment communiqué à tous ses élèves un code d’honneur dans lequel il était stipulé que l’université voulait renforcer le respect de la vie privée des élèves et des enseignants.

Légitime, selon vous ?