
Au petit matin du lundi 13 juillet, la nouvelle est tombée par un tweet du premier ministre belge Charles Michel et a immédiatement envahi la toile.
Agreement
— Charles Michel (@CharlesMichel) 13 Juillet 2015
Agreement. Accord. Comme celui trouvé entre l’Eurogroupe et le Premier ministre Alexis Tsipras après des semaines d’incertitude et un référendum laissant présager un “Grexit” après le « non » aux plans d’austérité souhaités par Bruxelles. Que nenni. Un 3e plan d’aide de 80 milliards d’euros a été accordé sous réserve d’appliquer quelques réformes – TVA, gel des préretraites, privatisations, autrement dit de tendre les bras à… l’austérité.

Il n’en fallait pas plus pour déchaîner les réseaux sociaux, qui n’ont pas tardé à reprendre le hashtag #ThisIsACoup. Lancé par un professeur de physique de Barcelone, Sandro Maccarrone, il dénonce une Europe guidée par l’Allemagne et sa chancelière Angela Merkel, opérant une sorte de coup d’État déguisé mettant à mal la Grèce au lieu de lui venir en aide.
La propuesta del eurogrupo es un golpe estado encubierto contra el pueblo griego #ThisIsACoup #Grexit
— Sandro Maccarrone (@smaccarrone) 12 Juillet 2015
« La proposition de l’Eurogroupe est un coup d’État déguisé contre le peuple grec. #ThisIsACoup.»
I’m Greek. 27 year old. This is not democracy. This is the most embarrassing behavior of European history. #ThisIsACoup
— Chris Kar (@ChrisKar) 12 Juillet 2015
“Je suis Grec. J’ai 27 ans. Ce n’est pas la démocratie. C’est l’acte le plus embarrassant de l’histoire européenne. #ThisIsACoup”
Très vite, le hashtag est monté à la 2e place des tendances Twitter dans le monde et à la 1ère en Grèce et en Allemagne dans la nuit de dimanche à lundi. Le prix Nobel d’Économie Paul Krugman se l’est même approprié le temps d’un édito, Killing the European Project, dans son blog hébergé sur le site du New York Times.
« Supposons que vous prenez Tsipras pour un crétin incompétent. Supposons que vous souhaitez ardemment écarter Syriza [son parti, NDLR] du pouvoir. Supposons, même, que vous soyez favorable à la perspective de voir ces Grecs ennuyeux sortir de l’euro.
Même si tout cela est vrai, cette liste des demandes de l’Eurogroup est de la folie. Le hashtag ThisIsACoup est tout à fait juste », proteste-t-il.
Ces exigences européennes « dépassent la sévérité, recèlent un esprit de vengeance, la destruction totale de la souveraineté nationale et aucun espoir de soulagement » assène le prix Nobel d’économie, estimant que c’est « une grotesque trahison de ce que le projet européen prétend défendre. »
Pablo Iglesias, leader du parti Podemos en Espagne, s’est également exprimé dans un tweet reprenant le hashtag :
Todo nuestro apoyo al pueblo griego y a su gobierno frente a los mafiosos #ThisIsACoup
— Pablo Iglesias (@Pablo_Iglesias_) 12 Juillet 2015
« Tout notre soutien au peuple grec et à son gouvernement contre les mafieux »
D’autres, plus virulents, on fait des associations entre le ministre des Finances allemand Wolfgang Schaüble (celui-là même qui proposait un Grexit provisoire de 5 ans dans une note qui a fuité) et l’Allemagne nazie ou incitaient le premier ministre grec à quitter la table des négociations.
Au menu du sommet européen …
#ThisIsACoup
#TsiprasLeaveEUSummit pic.twitter.com/wpRnqXzAoG
— زكريا قدوري (@ZGueddouri) 13 Juillet 2015
#Greeks will take #German money but first they will show their deep appreciation. #ThisIsACoup culture of corruption pic.twitter.com/ARu7nBaB1j
— Sookie Dookie (@xSolipsist) 13 Juillet 2015
Quand d’autres ont choisi l’humour pour dénoncer les exigences folles des créanciers.
BREAKING- latest draft of Greek measures to be voted by Wednesday **leaked** pic.twitter.com/Bh5ONnu65m
— The Dude (@IyerC) 12 Juillet 2015
Même après l’annonce d’un accord, le hashtag n’a pas pour autant faibli et poursuit son chemin.