#ThisIsACoup, le hashtag qui dénonce un coup d’État de l’Allemagne contre la Grèce

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Par Elodie le

L’accord à peine tombé, des voix s’élèvent pour dénoncer le rôle de l’Allemagne, son intransigeance, ses exigences perçues comme un véritable coup d’État par les internautes qui réagissent depuis ce week-end à travers le hashtag #ThisIsACoup.

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Au petit matin du lundi 13 juillet, la nouvelle est tombée par un tweet du premier ministre belge Charles Michel et a immédiatement envahi la toile.

Agreement. Accord. Comme celui trouvé entre l’Eurogroupe et le Premier ministre Alexis Tsipras après des semaines d’incertitude et un référendum laissant présager un “Grexit” après le « non » aux plans d’austérité souhaités par Bruxelles. Que nenni. Un 3e plan d’aide de 80 milliards d’euros a été accordé sous réserve d’appliquer quelques réformes – TVA, gel des préretraites, privatisations, autrement dit de tendre les bras à… l’austérité.

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Il n’en fallait pas plus pour déchaîner les réseaux sociaux, qui n’ont pas tardé à reprendre le hashtag #ThisIsACoup. Lancé par un professeur de physique de Barcelone, Sandro Maccarrone, il dénonce une Europe guidée par l’Allemagne et sa chancelière Angela Merkel, opérant une sorte de coup d’État déguisé mettant à mal la Grèce au lieu de lui venir en aide.


« La proposition de l’Eurogroupe est un coup d’État déguisé contre le peuple grec. #ThisIsACoup.»


Je suis Grec. J’ai 27 ans. Ce n’est pas la démocratie. C’est l’acte le plus embarrassant de l’histoire européenne. #ThisIsACoup”

Très vite, le hashtag est monté à la 2e place des tendances Twitter dans le monde et à la 1ère en Grèce et en Allemagne dans la nuit de dimanche à lundi. Le prix Nobel d’Économie Paul Krugman se l’est même approprié le temps d’un édito, Killing the European Project, dans son blog hébergé sur le site du New York Times.

« Supposons que vous prenez Tsipras pour un crétin incompétent. Supposons que vous souhaitez ardemment écarter Syriza [son parti, NDLR] du pouvoir. Supposons, même, que vous soyez favorable à la perspective de voir ces Grecs ennuyeux sortir de l’euro.
Même si tout cela est vrai, cette liste des demandes de l’Eurogroup est de la folie. Le hashtag ThisIsACoup est tout à fait juste », proteste-t-il.

Ces exigences européennes « dépassent la sévérité, recèlent un esprit de vengeance, la destruction totale de la souveraineté nationale et aucun espoir de soulagement » assène le prix Nobel d’économie, estimant que c’est « une grotesque trahison de ce que le projet européen prétend défendre. »

Pablo Iglesias, leader du parti Podemos en Espagne, s’est également exprimé dans un tweet reprenant le hashtag :

« Tout notre soutien au peuple grec et à son gouvernement contre les mafieux »

D’autres, plus virulents, on fait des associations entre le ministre des Finances allemand Wolfgang Schaüble (celui-là même qui proposait un Grexit provisoire de 5 ans dans une note qui a fuité) et l’Allemagne nazie ou incitaient le premier ministre grec à quitter la table des négociations.

Quand d’autres ont choisi l’humour pour dénoncer les exigences folles des créanciers.

Même après l’annonce d’un accord, le hashtag n’a pas pour autant faibli et poursuit son chemin.