Pour éviter les ratés, Warner veut faire main basse sur le « final cut » de ses productions

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Par Elodie le

Des sources internes au studio assurent que le nouveau boss de Warner Bros envisagerait de réduire les budgets pour privilégier les grosses licences. À cette fin, les réalisateurs obéissants seraient privilégiés pour garder la main sur le montage final.

Ca bouge du côté de Warner Bros depuis l’arrivée de Toby Emmerich à la tête du studio en décembre dernier. Si le nouveau président n’a pas encore dévoilé la nouvelle politique de production du studio, d’aucuns la craignent, révèle The Hollywood Reporter.

En effet, ces dernières années, la tendance est aux grosses franchises qui rapportent, certaines permettent aux studios de miser sur des films plus confidentiels, voire d’assumer des pertes éventuelles. Mais les ratés peuvent peser lourd, à l’instar du cas d’école John Carter, du plus récent Jupiter Ascending (notre critique), mais aussi de la suite d’Alice aux pays des Merveilles (notre critique). Même un grand nom comme Steven Spielberg n’a pas échappé au flop avec son dernier film Le Bon Gros Géant (notre critique).

Un droit de regard

Les studios ont donc tendance à exiger un droit de regard sur le montage final. Mais certains réalisateurs ne l’entendent pas ainsi et défendent leur vision. Ces « différends créatifs » viennent encore de faire deux victimes sur le tournage du spin off de Star Wars consacré à Han Solo : Phil Lord et Chris Miller ont été purement et simplement viré par Lucasfilms.

Harvey Weinstein, surnommé « Harvey les doigts de Fée », est connu pour charcuter ses productions/distributions, souvent à l’insu de leurs réalisateurs. Dernier exemple en date avec le film Grace qui a donné lieu à une passe d’armes virulente avec Olivier Dahan et la sortie d’un director cut.

Toby Emmerich, chercherait à éviter de tels déboires avec les trois licences star de Warner, DC Comics, Harry Potter et LEGO. Arrivé de New Line, branche de Warner Bros, Toby Emmerich n’a pas encore finalisé la transition, si bien qu’il n’a pas encore quitté ses anciens bureaux, mais entend s’attaquer aux grands enjeux de l’industrie par la « New Line-ization » : réduction des budgets, réalisateurs dociles, mais de renom et mainmise sur le final cut. Une réduction des coûts qui se ferait au bénéfice de ces grosses licences en évitant les réalisateurs indomptables (exceptions faites pour Clint Eastwood et Christopher Nolan) qui souhaitent garder le pouvoir sur le montage final.

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