Obsolescence programmée : Les fabricants d’imprimantes dans le viseur de la justice

Général

Par Henri le

L’obsolescence programmée de nos produits est de plus en plus décriée. Certains segments de l’industrie semblent néanmoins plus concernés que d’autres.

L’obsolescence programmée est un problème bien réel qu’il est néanmoins difficile à dénoncer. Pour la première fois en France, une plainte pour « obsolescence programmée et tromperie » vient d’être déposée auprès du Procureur de la République et concerne d’importantes marques d’imprimantes. Il s’agit d’une initiative de l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP).

Les marques visées sont les géants HP, Canon, Brother, mais plus précisément Epson. Ils sont accusés de volontairement réduire la durée de vie de certaines parties de leur produit afin de pousser le consommateur à repasser à la caisse. Ces accusations se basent sur une enquête menée durant plusieurs mois, et consultable ici.

L’association insiste d’ailleurs sur des points bien connus des utilisateurs intensifs d’imprimante. Notamment les impressions bloquées à cause de cartouches « supposément » vides ou des tampons absorbeur indiqués comme usés alors qu’ils ne le sont pas vraiment. Des combines qui outrepassent la loi sur la transition énergétique de 2015, et sont normalement sanctionnées avec des peines allant jusqu’à 300 000 euros d’amende et deux ans de prison. Des peines plus élevées, allant jusqu’à 5% du chiffre d’affaires, peuvent également être appliquées.

« Des éléments des imprimantes, tel que le tampon absorbeur d’encre, sont faussement indiqués en fin de vie. »

Comme souvent, cette concurrence entre marques est pointée du doigt, car elle suppose une entente entre chaque partie, ce que le communiqué officiel souligne.

« Ces faits pourraient aussi révéler une entente illégale entre les fabricants d’imprimantes. Des millions de Français propriétaires d’imprimantes pourraient être lésés. »

Si ces faits ne nous étonnent qu’à moitié, il reste très difficile de les les prouver en raison d’une définition encore floue de ce qu’est véritablement l’obsolescence programmée. L’avocat de l’association aimerait donc pousser d’anciens employés ou internes de l’entreprise à témoigner.

« La preuve pourrait être apportée par des personnes internes à l’entreprise ou par d’anciens salariés passés à la concurrence. »

Reste désormais à savoir si le procureur donnera suite à cette plainte ou non. On risque donc d’en réentendre parler. Et c’est tant mieux.