Un rapport…de 800 pages
Elle a alors formulé une demande par mail au mois de mars dernier, épaulée dans son action par un militant de la protection de la vie privée et un avocat. Pour justifier sa requête, elle a également invoqué une directive européenne, un “act” britannique ainsi qu’une loi française. Plusieurs semaines plus tard, Tinder lui remet un rapport comptant pas moins de 800 pages. La journaliste retrouve ainsi des historiques de ses activités sur Facebook et Instagram (Tinder incite à la synchronisation des comptes via l’application) mais aussi des informations personnelles acquises directement via son utilisation de Tinder (fréquence des connexions, âge des personnes qui suscitaient son intérêt, etc.).
Au fil de la découverte des nombreuses pages de ce document, la journaliste affirme avoir ressenti de la culpabilité car des informations, souvent intimes, ont été partagées avec une aisance rare dans l’entreprise. Elle cite alors Luke Stark, sociologue en technologie digitale : “[…] On ne ressent pas les données. Mais quand c’est imprimé, ça devient frappant […].” Elle explique aussi qu’elle “aurait honte si un jour ces données tombaient entre les mains d’un pirate qui finissait par les divulguer au monde”.
Le but de la collecte de ces données : proposer de la publicité ciblée et faire en sorte que l’utilisateur reste aussi longtemps que possible. “Il n’y a plus de différence [entre ma vie virtuelle et ma vie réelle]. Je rencontre des gens par Tinder, donc Tinder est devenu ma réalité. Cette réalité est façonnée par d’autres personnes, mais sans que l’on sache comment.” conclut-elle, amèrement.
