C’est la promesse implicite des chatbots depuis deux ans : simplifier toutes les démarches complexes, pour vous faire gagner du temps. Forcément, et même si plusieurs cas ont prouvé que ce n’était pas toujours une bonne idée, nombre d’internautes se sont mis à utiliser l’IA pour leurs tâches officielles : facturation, rapports professionnels, et plus récemment fiches d’imposition. Au moment d’attaquer sa déclaration de revenus 2025 forcément, l’idée de soumettre sa situation à ChatGPT, Claude ou Gemini avant d’ouvrir impots.gouv.fr paraît presque logique. Du coup, on l’a fait.
Une situation pour trois IA
Le test porte sur un profil type, pas exceptionnel mais pas trivial non plus : un salarié en CDI avec un salaire principal, quelques revenus complémentaires issus de missions ponctuelles en micro-entreprise (moins de 5 000 € sur l’année), un crédit d’impôt pour frais de garde d’enfant, un don à une association d’aide aux personnes démunies, et un déménagement survenu en cours d’année 2025. Chaque IA a reçu exactement la même description, sans indication de préférence, et a été invitée à expliquer comment déclarer cette situation, quelles cases remplir, et quels montants inscrire.
Ce qui a été envoyé aux IA
- Situation professionnelle : Salariée en CDI, revenus salariaux principaux
- Activité complémentaire : Micro-entrepreneure en missions ponctuelles (prestations de services / conseil), chiffre d’affaires annuel inférieur à 5 000 € / Droits d’auteurs
- Charges de famille : Enfant en garde, frais de garde donnant droit à crédit d’impôt / Ménage à domicile 3 heures par semaine
- Don : Don à une association d’aide aux personnes défavorisée
- Changement de situation : Déménagement survenu en cours d’année 2025
Comment déclarer cette situation sur ma déclaration de revenus 2026 ? Quels formulaires remplir, quelles cases cocher, et quels montants inscrire ?
Peu de mises en garde
Premier constat : seul Claude estime bon de nous mettre en garde contre les éventuelles imprécisions et erreurs qu’il pourrait formuler.
⚠️ Ces indications sont données à titre informatif et pédagogique. Je ne suis pas experte-comptable ni avocate fiscaliste — si ta situation micro-entreprise + droits d’auteur génère une ambiguïté sur le régime applicable, une consultation rapide avec un comptable (ou le service des impôts directement, qui répond aux questions par messagerie sécurisée) vaut le coup avant de valider.
Ça n’a l’air de rien, mais c’est une précision importante, et rassurante pour la suite. De plus en plus d’internautes font appel à l’IA pour leurs démarches quotidiennes, et si les hallucinations sont nombreuses, elles sont généralement donnée avec tout l’aplomb du monde. De manière générale, les IA se veulent rassurantes : notre profil multi-activité complexifie la déclaration de revenus, mais la situation reste plutôt classique. Pas de quoi paniquer donc.
Quelques différences notables
Sur la partie revenus salariés, les trois IA s’accordent sur la bonne case à remplir. Gemini oublie de nous parler de l’abattement de 10% pour frais professionnels ou des frais réels, mais Claude et ChatGPT nous encouragent à faire le calcul précis. Avec un déménagement dans l’année, ça peut valoir le coup.
Sur le côté entrepreneurial, les trois IA différencient bien la microentreprises et les droits d’auteurs. Toutes recommandent d’inscrire « votre Chiffre d’Affaires BRUT (sans déduire vos frais, l’administration applique un abattement forfaitaire de 34%) ». Sur les revenus liés aux ventes de livres, elles séparent aussi les revenus assimilés en salaire et les revenus BNC, qui font l’objet de deux cases distinctes.
On note toutefois une erreur factuelle chez Gemini, qui indique la case 5KP pour la micro-entreprise, alors que la 5KP correspond au régime réel BNC, pas au micro-BNC. L’IA de Google indique aussi que affirme qu’il est possible d’être exonérée de la CFE « si ton CA est inférieur à 5 000 € ». C’est approximatif : l’exonération de Cotisation Foncière pour les micro-entrepreneurs à très faible revenu existe mais elle n’est pas une règle absolue. Elle se montre en revanche plus exhaustive sur le versement libératoire de l’impôt.
De son côté, Claude se montre plus pertinent sur le déménagement : c’est le seul à faire la distinction entre une mutation professionnelle et un déménagement classique. Dans ce cas précis, les frais peuvent être déduits en case 1AK.
Des conseils pertinents dans l’ensemble, mais à vérifier
Dans l’ensemble, les conseils des IA sont pertinents. Mais gardez à l’esprit qu’aucun chatbot ne peut être tenue responsable d’une erreur de déclaration. Les conditions d’utilisation d’OpenAI, d’Anthropic et de Google sont explicites sur ce point. En cas d’erreur, c’est le contribuable qui supporte le redressement fiscal, les pénalités et les intérêts de retard. Un droit de modification existe, mais c’est à vous de vérifier que tout est bon avant de procéder à l’envoi.
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