L’aura française ne suffit plus, Wiko est désormais 100% chinois

Business

Par Henri le

Wiko vient tout juste d’annoncer qu’il fusionne totalement avec Tinno. Une suite logique au vu des récentes performances de la marque.

Wiko avait beau mettre en avant son côté français, ce sont bel et bien les moyens de production chinois qui l’ont mené là où elle en est. La marque vient d’ailleurs d’annoncer qu’elle fusionnait intégralement avec Tinno, qui détenait déjà 95 % de ses parts depuis 2011.

Bouleversement(s)

Laurent Dahan, qui dirigeait l’entreprise à Marseille depuis sa création, laisse sa place à James Lin (le fondateur de Tinno) qui en devient président. Dahan reste néanmoins dans le comité exécutif en tant que Vice President Business Developper aux côtés de James Lin et de Michel Assadourian (Vice President Public Affairs).

 

Un petit coup de tonnerre pour la société qui avait réussi a devenir la deuxième marque sur le marché français (hors ventes opérateur) de 2013 à 2017. Un succès dû à des appareils aux tarifs très serrés pour des performances dans la moyenne.

Cette orientation « anticrise » avait ainsi séduit les clients rebutés par les prix exorbitants de certains ténors du marché. Tant et si bien que d’autres marques européennes comme Archos ou BQ s’étaient engouffrées dans la brèche. Mais alors pourquoi un tel choix ?

« Ce rapprochement s'inscrit dans une logique actionnariale et industrielle »

Laurent Dahan

Des objectifs compliqués à atteindre

Car depuis quelque temps, les ventes de Wiko ne correspondent plus à ses ambitions à court et moyen termes. Elle avait réussi à écouler 10 millions d’unités en 2016 et comptait faire grimper ce chiffre à 15 millions pour 2017. Elle espérait même atteindre le top 5 mondial vers 2020. Un rêve tout de même loin d’être accessible étant donné qu’il faut vendre environ 100 millions de machines pour rentrer dans ce cercle très privé.

Mais l’année passée s’est révélée plus compliquée que prévu. Wiko a en effet subi de plein fouet la concurrence des constructeurs chinois proposant des smartphones aux fiches techniques impressionnantes pour des tarifs similaires.

Le Wiko WIM

Même s’il a tenté de monter en gamme avec le WIM, ce dernier s’est retrouvé face à des appareils mieux lotis. Preuve que l’aspect chauvin du marketing ne marche pas vraiment chez nous.

Cette fusion complète va néanmoins permettre à la marque de s’attaquer à des marchés gigantesques comme la Chine. Mais une fois encore, les adversaires sont redoutables et nombreux. Wiko pourra t-il tenir tête à Huawei, Oppo, Xiaomi ou Vivo ?