Le British Film Institute ne financera plus les films où les méchants ont des cicatrices

Cinéma

Par Henri le

Le British Film Institute a pris une décision qui peut paraître insolite en ce qui concerne le financement des films. Mais la cause est défendable.

Si on vous demandait de décrire un profil-type du méchant au cinéma, il est fort probable que ce dernier soit affublé de cicatrices en tout genre. Un vieux stéréotype encore largement diffusé, même si certains des personnages évoqués ont été brillamment incarnés. Comment d’ailleurs ne pas penser à Dark Vador, Double Face, Scar ou encore Heath Ledger et son fabuleux Joker, figure majeure de la trilogie du Dark Knight ?

Le célèbre British Film Institue a pourtant décidé de ne plus financer les films où les « méchants » auront des cicatrices sur le visage. Une décision qui peut paraître saugrenue de prime abord, mais que l’établissement a voulu justifier. L’idée derrière cette démarche serait de lutter contre les discriminations que subissent les personnes avec des stigmates apparents sur le visage.

Ben Roberts, le directeur adjoint du British Film Institute, a expliqué le principe de cette démarche au Telegraph.

« Le cinéma est un catalyseur de changement et c’est pourquoi nous nous engageons à ne plus montrer de représentation négative des cicatrices ou des différences faciales dans les films que nous finançons »

La campagne, nommée #IamNotYourVillain, a été lancée par l’association Changing Faces. Becky Hewitt, sa directrice, explique à quel point ce médium a une importance dans la représentation que l’ont se fait des gens avec des cicatrices.

« L’industrie du cinéma a l’énorme pouvoir d’influencer le public au sujet de la diversité, et pourtant les films utilisent trop souvent les cicatrices et les apparences différentes pour illustrer la méchanceté […] Il est particulièrement inquiétant de voir que les enfants ne font pas cette association tant qu’ils ne sont pas exposés à des films qui influencent négativement leur attitude envers des gens défigurés (via Première

Dans cette optique, le BFI financera Dirty God, un film racontant le chemin de croix d’une femme attaquée à l’acide. C’est l’actrice Vicky Knight, elle-même brûlée au visage, qui tiendra le rôle principal.