L’avenir du bitcoin était en suspens ce lundi 14 mars. En projet depuis juin 2021, le Parlement devait statuer hier sur la loi MiCA (Markets in Crypto-Assets). Un vote attendu autant que redouté, tout particulièrement à cause d’un amendement, ajouté 72 heures avant le scrutin, qui visait à rendre les cryptomonnaies illégales dans l’Union européenne.
Nouveau répit pour le BTC en Europe
C’est sous un prétexte écologique que cet ultime amendement avait été ajouté à la loi MiCA vendredi 11 mars dernier. Précisant que “les cryptomonnaies sont soumises à des normes minimales de durabilité environnementale, en ce qui concerne leur mécanisme de consensus utilisé pour valider les transactions”, le texte revenait à enterrer les cryptomonnaies en Europe, mais a finalement été rejeté de 8 voix (32 contre, 24 pour) par la Commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen.
Notons que ce n’est pas la première fois que le bitcoin est en danger en Europe. Fin-février, un premier amendement avait déjà été retiré de la loi MiCA. Il visait tout particulièrement le protocole PoW (Proof of Work), qui permet habituellement de faire appel aux internautes du monde entier pour alimenter la blockchain lors d’une opération. Dans le cadre de l’amendement proposé, la PoW n’aurait pu être utilisée qu’à “petite échelle”, tuant au passage les ambitions planétaires de la technologie blockchain, mais aussi les cryptomonnaies, bitcoin et ethereum en tête.
Pourquoi l’Europe ne croit pas aux crypto ?
Avec la loi MiCA, l’Europe veut avant tout “soutenir davantage le potentiel de la finance numérique en termes d’innovation et de concurrence tout en atténuant les risques”. Comme pour les réseaux sociaux et la vie privée, le vieux continent ambitionne de poser ses propres règles au sujet des cryptomonnaies, aussi bien pour se protéger (et protéger ses utilisateurs) que pour conserver sa souveraineté face aux États-Unis. Le problème, c’est que la blockchain est par définition, décentralisée et mondiale. Il serait donc très compliqué pour l’Europe de soumettre les crypto à un règlement particulier, sans s’exclure automatiquement d’un marché en plein essor.