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Cette caméra de surveillance tire des balles de paintball sur les intrus

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Un concept insolite et potentiellement très dissuasif… qui pourrait aussi attirer de gros ennuis à son propriétaire.

Les caméras connectées et autres systèmes de surveillance domestiques gagnent chaque année en popularité. Mais une startup slovène a décidé de faire passer ces objets à la vitesse supérieure. Grâce à une campagne Kickstarter repérée par New Atlas, PaintCam veut concevoir une caméra de surveillance unique en son genre, capable de tirer différents types de munitions non létales sur les intrus grâce à un système de reconnaissance faciale.

À première vue, cet engin baptisé Eve ressemble à n’importe quelle caméra de surveillance grand public standard. Sa fonction principale, c’est de garder un œil sur la demeure de son propriétaire. Pour cela, elle est dotée d’un système de reconnaissance faciale qui lui permet de distinguer les membres de la famille, les visiteurs légitimes et les animaux de compagnie des intrus.

Si une personne non autorisée s’aventure dans son collimateur, la caméra commence par dispenser une alerte sonore pour indiquer à l’intrus qu’il est en train de pénétrer dans une zone non autorisée. En parallèle, le système alerte un humain à travers une application smartphone qui propose un flux vidéo en temps réel. Le propriétaire peut alors décider de la marche à suivre. Si la personne est un livreur, par exemple, il peut lui autoriser l’accès d’une simple pression sur un bouton.

Une autre conception de la dissuasion

En revanche, si l’utilisateur ne répond pas aux notifications, la PaintCam Eve passe aux choses sérieuses et lance un compte à rebours. Si l’intrus n’a toujours pas été dissuadé au bout du décompte, la caméra fait passer la dissuasion au niveau supérieur… en lui tirant dessus ! Évidemment, il ne s’agit pas de balles réelles, mais de munitions non létales. Le dispositif est conçu pour embarquer des munitions de paintball, c’est-à-dire des capsules remplies de peinture qui laissent une grosse tache colorée à l’impact.

Ceux qui ont déjà pratiqué cette activité savent que si l’impact de ces projectiles n’est pas exceptionnellement douloureux — rien à voir avec le fameux LBD de la gendarmerie, par exemple —, ce n’est pas une partie de plaisir pour autant, surtout lorsqu’ils touchent une zone sensible. Lorsqu’on ajoute l’effet de surprise à l’équation, il pourrait donc s’agir d’un système de dissuasion très efficace. En outre, la marque colorée pourrait faciliter l’identification du suspect par les forces de l’ordre. Et pour les paranoïaques patentés, OZ-IT propose même une solution encore plus radicale. Au lieu de charger la caméra avec de la peinture, il est possible d’y charger… des capsules de gaz lacrymogène, rien que ça !

Mais au-delà de son côté insolite et du ton léger de la vidéo de présentation, cette véritable sentinelle domestique pose aussi un tas de questions sérieuses sur la légalité d’un tel dispositif.

Une zone grise au niveau juridique

Car même s’il ne s’agit pas de munitions létales, l’usage de tels projectiles peut tout de même exposer l’utilisateur à des conséquences judiciaires. Surtout en cas de blessure, car ces projectiles sont loin d’être inoffensifs ; ce n’est pas un hasard si les professionnels insistent sur l’importance de porter des équipements de protection comme des lunettes.

Imaginez par exemple que le système manque sa cible. Un livreur, un simple passant ou pire, un enfant insouciant venu récupérer un ballon dans un jardin pourrait recevoir une capsule en plein visage et se retrouver avec un œil crevé. Le cas échéant, il y a fort à parier que le propriétaire du dispositif s’expose à des conséquences judiciaires importantes.

Plus largement, nous ne sommes pas au Texas, et la loi n’autorise pas les citoyens à ouvrir le feu sur la moindre personne qui pénètre sur une propriété privée — même si l’intrus a des intentions plus que douteuses. Certes, l’usage de balles de peinture dans ce contexte n’est pas explicitement régulé de la même façon que les armes à feu, mais ce genre d’intervention tombe sous le coup de la légitime défense. Or, ce principe repose en grande partie sur la notion de proportionnalité ; la défense doit être égale à la gravité de l’attaque, ce qui ne serait pas forcément le cas dans ce contexte.

Mais il en faut plus pour décourager OZ-IT, qui va lancer sa campagne Kickstarter le 23 avril prochain. Il sera intéressant de voir si ce produit va séduire assez de mécènes pour arriver au stade de la commercialisation… et le cas échéant, quel usage en feront les futurs clients.

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