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Mars en trois mois ? Un plan pas si fou

Un chercheur californien remet en question l’idée selon laquelle seuls les moteurs nucléaires pourraient permettre un trajet rapide vers Mars. En s’appuyant sur la technologie existante, il propose un plan de mission qui réduirait la durée du voyage à environ 90 jours à bord du Starship de SpaceX.

Le voyage vers Mars, même dans sa version la plus optimiste, prend aujourd’hui entre six et neuf mois avec les technologies de propulsion classiques. C’est long, coûteux, et risqué pour la santé des astronautes, qui restent exposés aux rayonnements cosmiques et aux effets de la microgravité pendant toute cette durée. Pour réduire ces délais, agences spatiales et industriels misent depuis longtemps sur la propulsion nucléaire, qu’elle soit thermique ou électrique.

Aller sur Mars sans recourir au nucléaire

Mais une étude récente menée par Jack Kingdon, chercheur à l’Université de Californie à Santa Barbara (UCSB), propose une alternative. Selon ses calculs, une mission martienne habitée pourrait être réalisée en seulement trois à quatre mois sans avoir recours à la moindre propulsion nucléaire. Pour y parvenir, il s’appuie sur les capacités actuelles — ou presque — du Starship de SpaceX, couplées à des trajectoires optimisées.

L’étude, publiée fin mai dans Scientific Reports, détaille deux fenêtres de tir exploitables : un départ en avril 2033 avec un aller-retour total de 180 jours, et une autre en juillet 2035 avec un voyage de 104 jours aller simple. La première serait la plus prometteuse en termes d’efficacité énergétique.

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La trajectoire définie par Jack Kingdon repose sur l’envoi d’une flotte de six Starships : quatre cargos et deux vaisseaux habités. Tous seraient ravitaillés en orbite basse terrestre par des vaisseaux-citernes. Sur Mars, le carburant serait produit sur place à partir de glace d’eau et de CO₂ atmosphérique via un réacteur Sabatier, une technologie encore théorique dans ce contexte.

Une fois le voyage retour amorcé, les cargos transféreraient leur carburant à un Starship habité depuis une orbite basse martienne, permettant ainsi un retour direct sur Terre. Selon le chercheur, ce scénario reste dans les capacités théoriques du Starship, même s’il reconnaît que la technologie reste à éprouver : « Starship peut atteindre Mars en trois mois, mais la vitesse d’entrée dans l’atmosphère martienne devra être maîtrisée. »

Autre obstacle : construire des usines de production de carburant cryogénique à la surface de Mars. Aucun acteur spatial ne l’a évidemment encore fait. Mais là encore, Jack Kingdon se montre optimiste : « Ce sera difficile, mais peut-être moins que d’attraper une fusée de 70 mètres avec des bras mécaniques géants », fait-il remarquer, en référence aux projets spectaculaires de SpaceX pour récupérer les lanceurs.

Si cette étude vient bousculer certaines certitudes, elle ne balaye pas les nombreux obstacles techniques. Jack Kingdon évoque notamment les échecs répétés des derniers vols d’essai du Starship, les difficultés du ravitaillement en orbite, ou encore la mise en place d’un système de survie fiable pour plusieurs mois dans l’espace.

Mais son approche a le mérite d’être pragmatique : elle s’appuie sur des solutions réalistes à court terme, contrairement à la propulsion nucléaire qui exige d’immenses réacteurs spatiaux encore inexistants.

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Source : Nature

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