Depuis quelques années, les airfryers, ou friteuses à air, se sont répandus comme une traînée de poudre dans les cuisines des Français. En 2024, les ventes de ces appareils ont augmenté de plus de 130 % par rapport à l’année précédente – un chiffre impressionnant, surtout dans un contexte où les ventes d’équipements électroménagers ont tendance à baisser.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce sursaut de popularité : leur côté novateur, l’aspect pratique, mais aussi leur consommation d’énergie très raisonnable – du moins si l’on en croit les fabricants.
Ces revendications sont-elles justifiées ? L’entreprise Papernest, spécialisée dans la gestion des contrats du quotidien (électricité, habitation…), a publié son avis sur la question dans un rapport jonché de chiffres percutants… mais dont les conclusions méritent d’être nuancées.
Le document en question semble s’appuyer sur des chiffres produits par l’association française de consommateurs UFC-Que Choisir, publiés en 2024. En croisant ces données avec celles de l’ADEME et de RTE (pour les tarifs actuels de l’énergie), l’entreprise conclut qu’un airfryer consomme significativement moins d’énergie qu’un four électrique. Par extension, il coûterait donc moins cher à l’année : 8,40 € contre 21 € pour deux utilisations par semaine, et plus de 25 € pour une utilisation intensive.

Contraintes pratiques contre bénéfice économique
Techniquement, il est indéniable qu’un airfryer consomme moins d’électricité qu’un four électrique… mais la réalité est moins flatteuse dès qu’on tient compte de l’aspect pratique.
En effet, les airfryers ne proposent qu’un volume relativement faible (3 à 6 litres pour la plupart des modèles). C’est largement inférieur aux fours conventionnels, qui dépassent très souvent les 60 litres, et cela impacte directement l’usage. Il n’est donc pas évident de les utiliser pour préparer l’intégralité d’un grand repas, surtout pour une famille. Il faut souvent enchaîner plusieurs cycles de cuisson ou utiliser l’airfryer en complément du four, ce qui réduit fortement l’économie annoncée.
Autre limite : la durée de vie de ce type d’appareil est généralement plus courte que celle d’un four traditionnel, qui peut souvent fonctionner plus d’une dizaine d’années. Même si le prix d’achat initial est légèrement plus bas, la rentabilité à long terme reste discutable.
En résumé, les airfryers restent des appareils très pratiques qui méritent bien leur succès. Ils peuvent grandement faciliter la vie lorsqu’il s’agit simplement de réchauffer rapidement de petites portions, de griller des aliments ou d’éviter de lancer un four pour une cuisson ponctuelle, avec un gain de temps et d’énergie appréciable à la clé.
Mais, au niveau strictement économique, il ne faut pas attendre de miracle ; reproduire les économies avancées dans le rapport supposerait d’utiliser un airfryer fiable de manière intensive, en remplacement complet du four, pour de petites portions – un scénario peu représentatif de la plupart des foyers.
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