Passer au contenu

Fin des 3DS au Louvre, retour sur la proposition la plus cool du musée

Après 13 ans de bons et loyaux services, les Nintendo 3DS du Louvre tirent leur révérence, l’occasion de revenir sur cette alliance improbable entre Nintendo et La Joconde.

Rien ne vaut l’introduction de consoles de jeux dans un musée pour espérer intéressant les plus jeunes à l’art. C’était le postulat du Musée du Louvre, aidé par Nintendo pour une des collaborations les plus étranges de ces dernières années.

Ce lundi 1er septembre marque la fin définitive de cette aventure. Les 5 000 consoles customisées aux couleurs du plus célèbre musée du monde vont retourner chez Nintendo. Une page se tourne, et avec elle disparaît l’un des concepts les plus audacieux jamais imaginés par une institution culturelle française.

Quand le Louvre choisit de jouer la carte Nintendo

En 2012, l’idée paraît déjà saugrenue. Associer l’art classique avec une console de jeu ? Les puristes crient déjà au scandale, ayant peur que les plus jeunes passent leur temps le nez sur une console plutôt qu’à observer l’art millénaire devant leurs yeux. Mais le Louvre voit plus loin. L’institution comprend que pour toucher un public jeune et démocratiser l’accès à la culture, il faut parler leur langue.

Le pari est osé, mais malin. Nintendo sort tout juste sa 3DS, une console révolutionnaire avec son écran 3D sans lunettes. Le timing est parfait. Les équipes du musée développent une interface sur mesure avec plus de 700 œuvres référencées, des reconstitutions 3D époustouflantes et un système de géolocalisation dans les méandres du palais.

La machine devient alors bien plus qu’un simple audioguide. Elle transforme la visite en véritable jeu de piste interactif. Envie de comprendre pourquoi tout le monde s’extasie devant La Joconde ? La console vous explique tout avec des détails croustillants. Le papa de Mario Shigeru Miyamoto avait lui même travaillé sur le projet, histoire de parfaitement polir l’audioguide dont la cartouche a été mise en vente pendant plusieurs années.

Le succès fou d’une idée venue d’ailleurs

3DS Louvre Edition
© Nintendo

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Huit mois après le lancement, les locations d’audioguides explosent de 37 %, selon Le Monde. Les familles se disputent les créneaux. Même les adultes craquent. L’ergonomie Nintendo fait des miracles et la console devient un pont générationnel inattendu entre parents et enfants. Depuis, les collectionneurs saisissent la moindre opportunité de se procurer un de ces rares modèles de 3DS brandé au nom du Musée du Louvre, avec des prix qui s’envolent au vu de la rareté de l’appareil.

2017 sonne le glas de cette belle histoire. Nintendo lance sa Switch et change la donne et sa 3DS commence son déclin inexorable. Les visiteurs sortent de plus en plus leurs smartphones pour photographier, filmer et chercher des informations sur les œuvres. La pandémie de 2020 porte le coup de grâce, le musée fermant ses portes pendant le confinement, Nintendo arrêtant définitivement la production de sa console portable. Les derniers exemplaires du Louvre montrent des signes de fatigue après des milliers d’heures d’utilisation intensive.

Aujourd’hui, ces 3DS vont retourner chez Nintendo et rejoindront probablement les collections du tout nouveau musée Nintendo à Kyoto. Ces machines qui ont permis à des millions de personnes de découvrir l’art français finiront peut-être exposées comme des œuvres d’art elles-mêmes.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode