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IPTV : ce groupe de pirates ayant 900 000 abonnés vient d’être démantelé par la police

La police vient de mettre la main sur un empire du streaming illégal. Leur réseau touchait près de 900 000 abonnés et leur rapportait des millions d’euros chaque mois.

Huit personnes arrêtées, 900 000 utilisateurs connectés au réseau et des revenus estimés à plusieurs millions d’euros mensuels. Les enquêteurs viennent de démanteler ce qu’ils présentent comme le sommet de la pyramide de l’IPTV et du streaming pirate.

Un business qui brasse des millions

Le groupe contrôlait une galaxie de plateformes qui redistribuait illégalement les contenus de Sky, DAZN, Mediaset, Netflix et Amazon Prime.

Le procureur de Catania a coordonné cette opération d’envergure qui a permis d’identifier les têtes pensantes du réseau. Les huit suspects ne se contentaient pas de faire tourner la boutique. Ils fixaient les prix des abonnements, décidaient des suspensions de service et orchestraient la distribution des boîtiers sur tout le territoire Italien. Une véritable direction générale du crime organisé version streaming.

Les enquêteurs ont découvert une infrastructure technique sophistiquée où le groupe utilisait des dizaines de serveurs loués chez des hébergeurs étrangers. Rien n’était laissé au hasard. Les suspects communiquaient via des messageries cryptées et utilisaient de fausses identités pour tout, les lignes téléphoniques, les cartes bancaires, les abonnements TV et la location des serveurs.

Un marché qui résiste à tout

Les autorités italiennes enchaînent les opérations coup de poing depuis des années, mais le marché se reconstitue à chaque fois. En 2022, une première opération baptisée Gotha avait déjà ciblé un réseau de 900 000 utilisateurs. Un an plus tôt, l’opération Blackout prétendait contrôler 80 % du flux IPTV illégal du pays. En 2019, la fermeture de la plateforme Xtream Codes avait perturbé 700 000 abonnés.

Les mêmes chiffres reviennent constamment, les mêmes villes sont ciblées lors des descentes de police. Catania, Syracuse, Rome, Brescia figurent systématiquement dans les communiqués. Le réseau se reconstitue-t-il à l’identique après chaque démantèlement ? De nouveaux acteurs prennent-ils simplement le relais ?

Les sommes en jeu expliquent cette persévérance. Si on fait le calcul, 900 000 abonnés payant 10 euros par mois génèrent 9 millions d’euros de chiffre d’affaires mensuel. Sur un an, cela représente plus de 100 millions d’euros. De quoi attirer les convoitises, y compris celles du crime organisé.

Stefano Azzi, le patron de DAZN Italia, a salué le travail des forces de l’ordre tout en précisant que cette opération ne couvre qu’une fraction du problème total. Il voit néanmoins d’un bon œil la possibilité d’identifier ces 900 000 utilisateurs potentiels, laissant planer la menace de poursuites judiciaires contre les abonnés eux-mêmes. Force est de constater que malgré les moyens déployés, le streaming illégal garde une longueur d’avance.

L’Italie mène plus d’opérations anti-piratage que n’importe quel autre pays européen. Pourtant, si on additionnait tous les abonnés des services prétendument fermés ces dix dernières années, on obtiendrait un chiffre qui dépasse largement la population du pays.

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